ROYAUME DE
„ narque. Comme Sujets d'un ſi grand Roi, nous l'informerons des graces„ que Vôtre Majeſté nous fait;& comme Serviteurs du vrai Dieu, nousle prierons inſtamment de combler vôtre régne de toutes ſortes de proſ-„ pérités,& d'éclairer Vôtre Majeſté de ſes divines lumiéres, afin qu'elle„ poſſêde le Ciel après avoir régné ſi glorieuſement ſur la Terre“
IL n'eſt pas difficile de juger que le principal motif des ſix Jéſuites,&dans leur Voyage,& dans Pexercice de leurs inſtrumens de Mathématique,Stoit le zéle de la Religion, auquel P'intérét des Sciences& les ordres deleur Roi ſervoient de prétexte(b). Mais on s'étoit trop flatté à la Courde France, en concluant, de quelques faveurs que le Roi de Siam avoitaccordées aux Miſfionnaires, qu'il etoit diſpoſé à recevoir les lumieres deFEvangile. Ceſt ce que le Seigneur Conſtance ne fit pas difficulté de dé-clarer à 1-Ambaſſadeur; quoique ſi zelé lui-même pour la converſion des Sia-mois, qu'il partageoit continuellement ſes ſoins entre les affaires du Chriſ-tianiſme& celles de Etat. Les efforts qu'il fit, pour ſeconder les Fran-Sois dans le projet de celle du Roi, demandent d'etre lüs avec toute'éten-due que l'Auteur leur donne, dans ſon récit,& ne font pas moins d'hon-neur à ſon habileté qu'à ſa Religion(1).
Qvurraugs jours après Paudience des Jéſuites, ce Miniſtre entretintle Roi ſur un projet qu'il méditoit depuis long-tems, de ſaire venir à Siamdouze Mathématiciens du meme Ordre, qu'il avoit déjaà demandés à leurGénéral,& ſur le deſſein de bâtir un Obſervatoire, à l'imitation de ceuxde Paris& de Pekin. Ce Prince ayant approuvé ſes idées, il jugea qu'ilStoit néceſſaire de renvoyer promptement en Europe, un des fix JéſuitesFrangois, qui ſe trouvoient à Siam, pour hàter Pexécution d'une entrepri-ſe ſi importante au Chriſtianiſme. Cette commifſion tomba ſur le PereTachard, qui gémit beaucoup de ſe voir éloigné pour long-tems de la Chi-ne, après laquelle il ſoꝑpiroit, dit-il, depuis tant d'années(½).
Cr fut dans la mêeme occaſion que le Seigneur Conſtance communiquaaux Jéſuites une autre vüe, qu'il croyoit capable de contribuer beaucoup àla converſion des Siamois.„ II ne fuffiſoit pas, leur dit-il, de gagner leureſtime& leur affection par le zele, par la douceur& par la ſcience. Con-noiſſant parfaitement le genie de cette Nation, il jugeoit qu'outre l'Ob-ſervatoire, il falloit encore une autre Maiſon de Jéſuites, où l'on me-nàt, autant qu'il ſeroit poſſible, la vie auſtere& rêtirée des Talapoins,ſi autoriſés parmi le Peuple; qu'on prit leur habit, qu'on les vit ſouvent,„& qu’'on s'efforgçât d'en attirer quelques-uns à la Religion'. En effet, onavoit appris, depuis peu, que cette conduite avoit réuiſi aux Jéſuites Por-tugais. Un Miſſionnaire François, qui avoit été à Saint-Thomé depuisdeux mois, racontoit, que ces Pêres avoient paſſé pluſieurs années au Ma-duré, vers Bengale, ſans recueillir aucun fruit conſidérable de leurs travaux.Le Supérieur de cette Miſſion, faiſant réflexion à l'attachement de ces Peu-
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S I A M, Lrv. II.
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(b) Ce pretexte eſt neanmoins repréſentécomme la cauſe, au commencement duVoyage. La converſion du Roi de Siam re-
gardoit plutot]'Ambaſſadeur que les Jéſuites-Voyez la fin de cette Relation. R. d. E.(⁷) Pag. 226.& ſuiv.() Pag. 211.
1685.
Reéflexionſur Pobjet duVoyage desJéſuites.
Erreur de laCour de Fran-ce ſur la con-verſion duRoi de Siam.
Projet d'unObſervatoireà Siam.
Vne du Sei-gneur Con-ſtance pourla converſiondes Slamois,
Les Jéſuitesdu Maduréprennent l'ha-bit des Bra-mines.