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Tome douzième.
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TAcCHARoPb.1685.

La jalouſiedes Hollan-dois.

1686.

VOXAGES DANSL E;

IIL ne reſtoit qu'à mettre à la voile. M. le Chevalier de Fourbin(i),& M. de la Mare, Ingénieur, étant demeurés volontairement au ſervice duRoi de Siam, l'Ambafſadeur partoit avec la ſatisfaction de n'avoir pas per-du un ſeul homme, pendant le ſéjour qu'il avoit fait dans les Etats de cePrince;& deux Ambaſſadeurs Siamois, qu'il menoit en France avec leurſuite, rendirent témoignage, dans toute ſa route, de la conſidération ex-traordinaire avec laqueſle Il avoit êté regu d'une des premieres Puiſſancesdes Indes.

CETTE opinion, que les Hollandois prirent de ſon Voyage, lui fiteſſuyer quelques deſagrémens à ſon retour. Etant parti de la Barre deSiam, le 22 de Decembre, avec un bon vent, le Pilote Hollandois qu'ilavoit pris à Batavia, Texpoſa au danger de périr.„ II le fit échouer„ au Détroit de Banca, fans qu'on ait p découvrir par quel caprice il-„ s'aviſa d'y jetter lancre“*. On eut aſſez de peine à ſe délivrer de cetembarras.

MaàAls ce n'étoit que le prélude d'une averſion plus ouverte, dont on regutdes marques fort odieuſes à Bantam. On n'eut pas plutòt mouillé l'ancre de-vant ce Port,[le.i de Janvier,] que Ambaſſadeur comptant d'y éetre regude bon œil, fur-tout depuis les honnêtetés qu'il avoit regues du Général deBatavia, envoya M. de Cibois, Lieutenant de ſon Vaiſſeau, pour faire ſoncompliment au Gouverneur. Ses eſpéranges furent trompées. M. de Ciboisfut renvoyé, ſans avoir pùú parler au Gouverneur, qui promit ſeulement d'en-voyer des rafralchiſſemens aux deux Vaiſſeaux. Cette promeſſe n'aboutitqu'à faire porter à bord deux ou trois bœufs; ſous pretexte qu'il ne ſetrouvoit rien de plus à Bantam:& le ſoir, un homme vint demander, dela part du Gouverneur, le prix des bœufs, dont on s'imaginoit du moinsque les Hollandois avoient fait préſent à lAmbaſſadeur. Cet Envoyé futtraité comme il méritoit de l'étre. On lui fit porter, au Gouverneur, uneréponſe conforme à Fincivilité de ſon procedé(&).

DEs le lendemain, on remit à la voile pour le Cap de Bonne-Eſpérancc.Le paſſage du Détroit de la Sonde eſt difficile, à cauſe des vents contrairesqui devoient y régner dans cette ſaiſon. Mais les Frangois furent favori-

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en moins de quatre ou cinq heures. Quoi-que j'eüſſe un bon Pilote Hollandois, jene laiſſai pas de toucher dans ce Détroit,

(i) Voyez ſes Mémoires, qu'il a compo-„ſés lui même. 8(X) Pag. 264.& précédentes. Le Père„

Tachard, en homme dh'eſprit, ma eũ garded'attribuer à la jalouſte& à l'averſion de tou-te une Nation, les deſagrémens particuliersdont il s'eſt plaint,& que M. de Chaumontexpoſe dans des termes bien différens.„ J'échouai, dit cet Ambaſſadeur, au Dé-„ troit de Banca, ſur un banc de vaſe, où„ il n'y avoit que trois braſſes d'eau, ce qui„ ne m'inquieta pas,& donna ſeulement de„ la peine à l'équipage, que j'envoyai auſſi„ tôt ſonder autour du Vaiſfeau;& trouvant„ Plus de fond, j'y fis jetter une petite ancre, tan-„ dis que nous nous Ötames de deſſus ce banc

„ en allant& en revenant. A mon arrivée„ devant Bantam, je fis faire compliment au„Gouverneur, qui m'envoya pour preſent ſix„ beufs, des fruits& des berbes“. Mais Chau-mont n'ajoüte pas, comme Tachard&Choiſy, qu'on vint enſuite leur en demanderle prix. En tout cas ils partirent ſans payer,

& je goguenard Abbé ſe divertit de ce queles Hollandois en renoient pour leurs ſix bæufsg.Au-reſte, il eſt à remarquer que les Hol-landois n'ont jamais en de Gouverneur àBantam; mais ſeulement un Chef de Comp-toir pour le Commerce. R. d, E.