ROYAUME DE SIA M, Lrv. II. 41
ſés du plus beau tems du monde. L. Auteur ne fait cette obſervation, quepour avoir occaſion de remarquer une autre faveur du Ciel[trois joursaprès.] Les Pilotes voulant paſſer à trente ou quarante lieues au-deſſus dev'Iſle Mony, vers le Sud, croyoient avoir pris des meſures fort juſtes; lorſ-qu’'˙à la pointe du jour, on decouvrit une Terre à trois ou quatre lieues, oùFon auroit échoué pendant la nuit,[s'il avoit fait un vent plus frais.] CetteTerre eſt ſi baſſe qu'on ne la reconnotĩt qu'aux briſans. On fut obligẽé de paſſe
ſous le vent& de la laiſſer au Sud, contre le premier deſſein des Pilotes.
LA fuite de cette Navigation fut des plus heureuſes juſqu'à la hauteur del'Ifle de Bourbon, ouù les deux Vaiſſeaux eſſuyêrent, le 13 de Février, unetempéte fort violente, qui dura trois jours,& qui après avoir emporté lagrande voile de la Frégate, ſépara ce Bàtiment de Pautre. IIs ne ſe re-joignirent qu'au Cap de Bonne-Eſpérance.
CEE fut le 13 de Mars qu'étant arrivé au Cap, on alla mouiller dans laBaye, entre fept gros Vaiſſeaux Hollandois qui compoſoient la Flotte desIndes,& qui attendoient trois ou quatre autres Batimens de leur Nationpour retourner enſemble en Europe. La défiance paroiſſant diminuer à pro-Portion que les Frangois s'éloignoient des Indes(), le Gouverneur du Fortregut fort civilement le compliment de Ambaſſadeur. Les ſaluts furent
endus coup pour coup. L Auteur regut toutes ſortes de politeſſes des Of-ficiers Hollandois. IIs le preſſèrent de deſcendre, en lui offrant une mai-ſon dans la Ville, parceque'Obſervatoire, qu'on avoit démoli pour le re-bätir avec plus de magnificence, n'étoit pas encore achevé. Lorſqu'ils eu-rent appris de lui qu'il devoit revenir aux Indes avec pluſieurs autres Jé-ſuites, ils'invitérent d'avance, lui& ſes Confrères, à venir ſe délaſſeau Cap. Le Pêre Tachard paroĩt d'autant plus ſenſible à ce témoignaged'eſtime, que de la part des plus grands ennemis de ſon Ordre, il pouvoitles regarder comme un tribut forcé qu' ils rendoient à ſon mérite(m).
LE Gouverneur lui fit préſent de quatre belles peaux de tigres,& d'unpetit animal privé qu'il avoit pris dans ſon dernier Voyage. C'étoit uneeſpèce d'écureuil, qui eſt l'ennemi implacable des ſerpens& qui leur faitune cruelle guerre. Le Gouverneur avoit fait nouvellement un grand Voya-ge dans les Terres au Nord, ou il avoit découvert quantité de Nations, quioönt quelque forme de Gouvernement& de Police(“n).
Ox étoit au tems des vendanges. L Auteur prit plaiſir à manger du rai-ſin d'Afrique, qui lui parut dun goũt merveilleux,& qui croĩt en a-bondance. Le vin blanc, dit-il, eſt fort délicat;& ſi les Hollandoisavoient autant d'habileté à cultiver les vignes qu'à faire proſperer le Com-merce& leurs Colonies, ils auroient au Cap d'excellens vins d'autre cou-leur(°). APRES
(1) Voyez nôtre précédente Note. R. d. E. perſonnel du P. Tachard ne les auroit pas
(m) Il ſemble que Mr. Prevoſt n'applique forcs à lui rendre ce tribut de pure politeſſe.aux Obiciers Hollandois, ce que le Père Ta- R. d. E.chard dit du ſeul Gouverneur, que pour(n) Pag. 267. Voyez la Relation de Kol-faire d'autant plus d'honneur à ce Jéſuite. ben, au Tome VI.
Mais il a peut- étre tort de regarder les Hol-(°) Ibidem. Ce n'eſt que depuis 1692, quelandois comme les plus grands ennemis de l'excellent vin rouge de Conſtance eſt connu.ſon Ordre;& ſi celà étoit, tout le mérite R. d. E.
XII. Part. F
TAcHRAnD-.1686.Périls que
les FrangçoisEvitent.
Arrivée auCap.
Combien'Auteur ſeloue des Hol-landois.
Nouvellesdécouvertesdans les Ter-res.