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Tome douzième.
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Dg CHRav.MoNT.16085.Objets de

l'Ambaſſade,

& Traité en

faveur de la

Religion.

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VONAGES DANS LE

81 Pintérét du Commerce& celui des Sciences avoient eu beaucoup depart à PAmbaſſade de Siam, il ne paroit pas moins clairement que celui de

ja Religion en avoit fait un des principaux objets.

L'Ambaſſadeur préſen-

ta au Roi de Siam, un Mémoire(p), qui ne ſe trouve que dans la Rela-

ve,& des porcelaines que je n'avois pas en-core vües. Certainement cet homme- làaime bien à faire des préſens. Il en de-vient fatigant. Si l'on avoit dequoi riſpoſ-ter, ce ſeroit un plaiſir. Mais toüjours re-cevoir& ne rien donner, celà eſt rude àſouffrir. Il faudra lui envoyer de France.Chboiſy, pag. 369. II y a quelque-tems quele Roi donna, à M. l'Ambaſſfadeur, toutesles porcelaines qui étoient dans ſa Maiſonde Siam. Elles ſont emballées& à fond decale. Mais Sa Majeſté vient de lui manderque ſon intention avoit été de lui donnertous les meubles de la Maiſon,& qu'ellevouloit abſolument qu'il les fit emporter.Comment voulez-vous réſiſter à un Roi?On emballe des tapis de Perſe à fond d'or,des paravens de la Chine, un lit, des dais,&c. Ibidem.

(p) Outre qu'’il eſt fort extraordinaire enlui-même, il ſert à confirmer l'opinion queTachard, Chaumont, Choiſy& la Louberedonnent des diſpoſitions de ce Prince pourla France& pour le Chriſtianiſme; deuxpoints ſur leſquels quelques Etrangers ontvoulu jetter des doutes. II conſiſte en cinqarticles: b

I. Le Sieur Ambaſſadeur de France ſupplietrês bumblement Sa Majeſté de Siam, de fairepublier dans toutes les Villes de ſon Royau-me, de la premidre, ſeconde, troiſisme, qua-trieme, cinquime& ſixiesme Claſſe, permiſ-ſion aux Miſſionnaires de précher la Loi Chré-tienne,& aux Peuples de les entendre, ſansque les Couverneurs y puiſſent mettre aucunempéchement.

KREPONSE. Sa Majeſté de Siam fera pu-blier, dans toutes les Villes de ſon Royaumedeſdites Claſſes, que les Miſſionnaires peu-vent précher la Loi Chrétienne dans toutesces Villes,& que les Peuples peuvent les en-tendre, chacun ſuivant ſon inclination; ſansque les Gouverneurs& autres Officiers puiſ-ſent les moleſter en aucune manière, di-rectement ou indirectement; à condition queles Miſſionnaires précheront la Loi de Dieu,ſans inſinuer aucune nouveauté dans le cœurdu Peuple, contre le Gouvernement& lesLoix du Pays, ſous quelque prétexte que ceſoit. En cas que les Miſſionnaires le fiſ-ſent, le préſent privilège ſera& demeure-ra nul;& Je Miſfionnaire coupable ſera ar-

tion

rêté& renvoyé en France, ſans que jamais,ſur peine de la vie, il puiſſe remettre le pieddans le Royaume de Siam.

II. Le Sieur Ambaſſadeur demande que lesMiſſionnaires puiſſent enſeigner les Naturels duPays& les rendre capables de bien ſervir SaMajeſté de Siam, tant dans les affaires duGouvernement que dans celles de la bonne con-ſcience; que pour celà ils ayent pouvoir deles recevoir dans leur Couvent& lieux deleurs babitations, avec les mêmes privilégesdes autres Couvens, ſans que perſonne puiſſeles inquieter;& que Sa Majeſte ordonneque toutes les Reguétes qu'on pourra préeſen-ter contr eux ſur ce ſujet, ſoyent renvoytes àun Mandarin particulier qui ſera nommè à ceteffet.

REroNsEn. Sa Majeſté, le Roi de Siam,accorde que les Miſſionnaires puiſſent en-ſeigner les Naturels de fon Royaume à leurvolonté; en quelque ſcience que ce ſoit;qu'ils puiſſent les recevoir dans leurs Cou-vens, Ecoles& Habitations, avec les mè-mes Priviléges des autres Couvens de Siam,ſans que perſonne puiſſe les empécher;&leur enſeigner les ſciences, loix& autresétudes qui ne ſont pas contraires au Gou-vernement& aux Loix du Royaume: Et encas qu'on découvre, par la volx certaine dedeux Témoins, qu'ils y ayent contrevenu,le préſent priviléège ſera& demeurera nul,& le Maitre d'Ecole& le Diſciple ſeronttraités ainſi qu'il eft marqué dans la répon-ſe au premier article. Mais au cas que lesMiſſionnaires ſe contiennent dans leurs pri-viléges, toutes les affaires qu'ils auront ſe-ront jugées par un Mandarin que M.'Eré-que préſentera,& que le Roi nommera,pourvũ qu'il ſoit capable de cet emploi.

III. Le Sieur Ambaſſadeur demande à SaMajeſté, que tous ſes Sujets, qui ſe feront Cbré-tiens, ſoyent exempts, les Dimanches& jounsde Fates marques par Egliſe, de tous 8. 15vices qu ils doivent à leurs Mandarins, ſi cen'eſt dans les cas de necelſitée preſſante.

REPoysE. Sa Majeſté accorde que tousſes Sujets, qui de bonne volonté ſe ferontChrétiens, jouiſſent du privilège des Chré-tiens, en la manière demandée par le SieurAmbaſſadeur:& comme il faudra juger dela nécefſité preſſante, pour éviter tous dif-

férends ſur ce ſujet, Sa Majeſté nommeraun