ROYAUME DE SIA M., Lrv. II. 55
tion de Abbé de Cſigné à Louvo,
un Mandarin de ſon cêté,& M. l'Evéquenommera du ſien une perſonne d’'autorité;& ce qu'ils règleront enſemble ſera regu&ponctuellement exécute par les Parties.. Le Sieur Ambaſſadeur demande à SaMajeſté, que ſi guelgues-uns de ſes Sujetsbretiens, par vieille ſſe ou par infirmité, de-viennent incapables de ſervir, ils puiſſentEtre délivres du ſervice, en e neeſeams dà unMandarin que le Reoi nommera dans cetteVnle.
REPONSE. Sa Majeſté accorde que ſiquelques- uns de ſes Sujets Conretiens, parvieilleſſe ou infirmité, ſont évidemment in-capables de ſervice, en ſe preſentant à unMandarin que Sa Majeſte nommera dans cet-te vüe, ils pourront étre diſpenſés du ſervi-ce juſqu'à leur guériſon.
v. L. Sieur Ambaſadeur demande encoreque pour&viter les inj uſtices& les perſécutions- on pourroit faire aux nouveaux Chrétiens,Sa Maj eſte att la bontée de nommer quelqueMandarin Siamois qualifié, bomme de bien&de juſtice, pour entendre& juger tous lesProces, ſans que ledit Mandarin puiſſe rienprendre pour ce jugement; en Forte que les a-mendes ſoyent partagees à la fin de!* annee, L295tie au Mandarin& à ſes Olciers,& partiaux Pauvres; ce qui empéc bera que ledit Man.darin ne vende la juſtice.
REPoNsE. Sa Majeſté accorde que leMandarin, dont il eſt parlé au ſecond arti-cle, ſoit juge deſdits Procêès;& pour évitertoute diſpute, requête& longueur de Pro-cês, Sa Majeſté ordonnè que ſe Mandarin,apréès s'étre inſtruit de! Paffaire, demanderaPavis de l'un des Juges du Roi avant que depaſſer ſentence, afin qu'on n'en puiffe ap-peller. Et Sa Majeſté ordonnera que tousles articles cf. defhbs ſoyent publiés par tousſes Royaumes, en- ſorte que tous ſes Peuples connoiſſent que ſa royale volonté eftque les Miſſionnaires jouiſſfent deſdits privi-leges. Fournal de Cboiſy. pag. 343& ſuiv.
(2) Cette date eſt manifeſtement fauſſedans l'Original, où l'Auteur dit plus haut,ſous celle du 29 Movembre, qu’'il avoit don-née lui même à M. Conſtancé, un Mémoirepour obtenir des priviléges en faveur de laReligion;& le jour ſuivant, 30 Movembre,il ajoüte:„ M. Conſtance eſt revenu ce„ matin. Il n'a point perdu de tems,&„ a préſenté au Roi le Mémorial de l'Am-„ baſſadeur ſur la Religion. S. M. l'*a ac-„ cordé en tous ſes points. II eſt trop im-
Choiſy,& qui regut le nom de Traité, lorfqu'il eut étéle 10 de Décembre(2).
Second
„ portant pour que vous en perdiez rien.Je m'’en vais IE mettre ici tout du long.Opn doit le publier inceſfamment dans tou-tes les Villes du Royaume. A préſent ilne faut plus que des Miſſionnaires. Jecrois qu'à cette grande nouvelle il en vien-dra ici de tous les endroits du Monde.„ Vous voyez que M. Conſtance ne ſertpas mal la Religion. HI mérite que lePape& le Roi lui en témoignent leurreconnoiſfance. II pe lui faut que deshonneurs; il ſe ſoucie peu de l'argent ˙.n a lieu de s'étonner, non-ſeulement quele Pêre Tachard n'ait pas dit le mot de ceprétendu Praité; mais que Chaumont mèêmepuiſſe avoir oublié de parler du- plus beauſuccès de ſon Ambaſſade; lui, qui a bieninſeré dans ſa Relation, le Diſcours ou ilexpoſoit une commiſſion dans laquelle ilavoit échoué. Cette piêéce, qui fait plusd'honneur au zèle qu’'d la politique de ſonAuteur, méritoit peut-étre autant que laHarangue des Jéſuites, d'étre rapportée.L. Ambaſl- adeur y faiſoit en quelque fagonl'office des Miſſionnaires. La voſci:
„ SIRE. Le Roi mon Mattre ſi fameux„ aujourd'hui dans le Monde, par ſes gran-„ des victoires,& par la paix qu'il a ſou-„ vent donnée à ſes Ennemis à la téte de„ ſes Armées, m'a commandé de venir„ trouver V. M., pour l'aſſurer de l'eſtime„ particulière qu'il a congue pour elle.
„ II connoit, Sire, vos auguͤſtes quali-eſſe de vôotre Gouvernement,„ la magnificence de vòôtre Cour, la gran-„ deur de vos Etats,& ce que vous vou-„ liez particuliérement lui faire connoitre„ par vos Ambaſſadeurs, l'amitié que vous„ avez pour ſa Perſonne, confirmée par„ Cette protection continuelle que vous don-„ nez à ſes Sujets, principalement aux Evéè-„ ques, qui ſont les Miniſtres du vrai„ a;
„ II reſſent tant d'illuſtres effets de l'eſti-„ me que vous avez pour lui,& il veut„ bien y répondre de tout ſon pouvoir.Dans ce deſſein il eſt prét de traiter avec„ V. M., de vous envoyer de ſes Sujets pour„ entretenir& augmenter le ade vous donner toutes les marques c'uneamitié ſincere,& de commencer une unionentre les deux Couronnes, autant célébre
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„ tés. Ia ſ1
22„dans la Poſtérité, que vos Etats ſont„ ECloignés des ſiens, par les vaſtes Mers qui
„ les féparent. 6„ Mais
DE CHAu.
MONT.
1685.