Düv CnAc-MONT.
1685.
TAcHARp.II. Voyage.
Introduction.
Ce que c'eſtque la Rela-tion de laLoubere.
Motifs duſecond Voya-ge du PëreTachard.
Il eſt favo-riſe du Roi.
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„ Mais rien ne l'affermira tant en cetteréſolution,& ne vous unira plus étroite-ment enſemble, que de vivre dans lesſentimens d'une même créance.
„ Et c'eſt particulierement, Sire, ce quele Roi mon Maitre, ce Prince ſi ſage&ſi éclairé, qui n'a jamais donné que debons conſeils aux Rois ſes Alliés, m'acommandé de vous repréſenter de ſapart.
„ Il vous conjure, comme le plus ſincè.re de vos Amis,& par l'intérêèt qu'il prenddéjà à vêtre véritable gloire, de conſidé-rer, que cette ſupréme Majeſté dont vousêtes revêtu ſur la Terre, ne peut venirque du vrai Dieu, c'eſt- à- dire d'un Dieutout-puiſſant, éternel, infini, tel que lesChrétiens le reconnoiſſent, qui ſeul faitrègner les Rois& réêgle la fortune de tousles Peuples. Soumettez vos grandeurs àce Dieu qui gouverne le Ciel& la Terre:
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VOYAGES DANSLE
Divinités qu'on adore dans cet Orient,&dont V. M., qui a tant de lumières&de pénétration, ne peut manquer de voirl'impuiſſance.
„ Mais elle le connoftra plus clairementencore, ſi elle veut bien entendre durantquelque- tems les Evéques& les Miſſion-naires qui ſont ici.
„ La plus agréable nouvelle, Sire, queje puiſſe porter au Roi mon Maitre, eſtcelle, que V. M., perſuadée de la véri-té, ſe faſſe inſtruire dans la ReligionChrétienne; c'eſt ce qui lui donnera plusd'admiration& d'eſtime pour V. M.;c-eſt ce qui excitera ſes Sujets à venir a-vec plus d'empreſſement& de confiancedans vos Etats,& enfin c'eſt ce qui ache-vera de combler de gloire V. M., puiſ-que par ce moyen elle s'aſſure d'un bon-heur éternel dans le Ciel, après avoir rè-gné avec autant de proſperité qu'elle fait
„ C'eſt une choſe, Sire, beaucoup plus rai-
„ fur la terre ˙*. K. d. E.„ ſonnable que de les rapporter aux autres
Second Voyage de Gui Tachard, à Siam.
II dans l'Auteur même qu'il faut chercher le détail de tous les pré-paratifs qui regardent ce ſecond Voyage. Il ſemble que M. de la Lou-bere, qui partit ſur la même Flotte, avec M. de Ceberet, tous deux revêtusde la qualité d'Envoyés du Roi à la Cour de Siam,& qui a publié une Re-lation fort étendue de ce Royaume(a), ſe ſoit repoſé du Journal de laroute& du récit des événemens ſur'exactitude& la fidélité du Pêre Ta-chard. Il s'eſt borné aux qualités du Pays& aux uſages des Habitans,ſans s'arréter à d'autres particularités de ſa navigation, que la date du dé-part& du retour. Auff n'entre-t-il dans ce Recueil que pour ſervir à laDeſcription generale du Royaume de Siam, à laquelle il seſt uniquementattaché.
LE Pêre Tachard, qui n'étoit revenu en France que pour demander auRoi, de la part du Roi de Siam, douze Mathématiciens Jéſuites, obtintfacilement de Louis XIV, une faveur qui lui parut intéreſſer également lagloire de ſon rêgne, le progrès des Sciences& T'honneur de la Religion.Ce Monarque donna ordre, au Pere de la Chaiſe, d'écrire de ſa part auxSupérieurs de chaque Province, que les Jéſuites ont en France, pour leurdemander des ſujets.„ Jamais, ſuivant les termes de'Auteur, les em-„ plois les plus éclatans& les plus relevés n'ont eu tant de prétendans&„ m'ont fait tant de jaloux*. De plus de cent cinquante Jéſuites qui s'of-frirent, on en choiſit quatorze, dont la vertu& les talens étoient à Pé-preuve: diſtinction ſi glorieuſe, qu'elle m'oblige de les faire connottrepar leurs noms. On en comptoit quatre de la Province de France; les Pè-
res
(a) Deux Volumes in 12, à Amſterdam, 1714, chez David Mortier.