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Tome douzième.
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TAXcHARDP.II. Voyage.

1687.

Plantes cu-rieuſes.

Changementdans les ventsrèglés.

62 VOVAGES DANS'LE

„ tôt quantité de ſinges, qui bordoient le haut de la montagne; mais ils„ diſparurent lorfqu'ils nous virent monter vers eux,& nous ne trouvâ-„ mes que leurs veſtiges.„ LE fommet de la montagne eſt une grande eſplanade, d'environ une„ lieue de tour, preſque toute de roc,& fort unie, excepté qu'elle ſe„creuſe un peu dans le milieu, qui offre une belle ſource, formée appa-„remment par d'autres eaux qui viennent des endroits de l'eſplanade les„ plus élevés. Nous vimes auſſi quantité de plantes odoriférantes, qui„Croiſſent entre les rochers. Mais je ne trouvai rien de plus beau que„ les vües de cette montagne, que je fis deſſiner. D'un côté, on voit la„ Baye du Cap& toute la Rade; de l'autre, les Mers du Sud; du troiſiè-„ me, le Faux Cap, la grande[ Baye de ce nom, avec la petite] Ile qui-„ eſt au milieu 0.& du quatriéème, le Continent de P'Afrique, ouù les„ Hollandois ont diverſes Habitations. je fis creuſer la terre, pour ſatis-„faire la curioſité de M. Thevenot. Elle eſt fort noire,& remplie d'un„ méelange de ſable& de petites pierres blanches'.DANs une conférence que les Jéſuites eurent avec M. Van der Stel,il leur parla de quelques plantes curieuſes, qu'il avoit découvertes dans ſesVoyages,& dont il leur fit voir un Recueil. II leur permit d'en faire deſ-ſiner pluſieurs(p).LEs Hollandois ayant obſervé que depuis quelques années les ſaiſonsétoient fort avancées,& que les vents qui fouffloient en certains tems re-glés, dans ces Mers, commengoient à ſe faire ſentir beaucoup plutêt, Vander Stel avoit regu ordre du Général de Batavia de faire partir aufſi plutêtqu'à lordinaire les Vaiſſeaux Hollandois qui viendroient aux Indes(4).Cet avis porta Vaudricourt à preſſer le rembarquement de ſes Malades, dansla crainte de perdre la ſaiſon& le Voyage. La Frégate la Maligne, quin'étoit venue de Breſt que dans la vüe de ſoulager les autres Bàtimens, futrenvoyée en France, pour y porter la nouvelle de l'arrivée au Cap,& dubon accueil que la Flotte y avoit regu du- Gouverneur. Mais, la veille dePem-

(°) C'eſt du moins comme nous croyonsqu'on doit lire; car la même faute ſe trouvedans l'Original que M. Prevoſt a ſuivi, ſansfaire attention qu'on ne doit pas chercherune grande Iſle au milieu d'un petit Cap. Le CapFalſo eſt à l'Eſt de la grande Baye de ce nom,au centre de laquelle on découvre une pe-

réguliérement que dans les Ports de 1'Eu-rope dont la ſituation eſt la même. l'Auteurne parle que de la Rade du Cap, parcequedu côté du Sud les marées ſont moins rè-glées. Elles changent tellement, que lorſ-que le vent de Nord y ſouffle on m'y re-marque preſque point de reflux;& lorſque

tite Ille, ou plutêt un grand rocher, queles Hollandois nomment le Rocber-blanc.R. d. E.

(p) En partant de Breſt, le Pêre Tachardavoit regu une lettre d'une perſonne fort ſavan-te, qui lui recommandoit de s'inſtruire auCap de Bonne-Eſpérance, ſi les flux& lesreflux des marées arrivoient aux mêmes temsqu'en France,& étoient auſſi rêèglés. IIprit des informations du Gouverneur,&de deux Pilotes Hollandois, qui l'aſſurèrentqu'ils arrivoient à la Rade du Cap auſſi

le vent du Sud rêègne, la Mer monte à unehauteur prodigieufe& ne deſcend point. Laraiſon de celà, dit-il, ſe prend de l'oppo-ſition des terres,& de la vaſte étendue deces Mers vers le Sud: ce qui fait que lorſ-que le vent vient du Midi, la Mer, quiĩvient de ce même Pole avec beaucoup d'im-pétuoſité, ſans étre arrétée nulle part juſ-qu'au Cap, ne peut deſcendre que très- peu.Pag. 51.& 52.

(4) L'Edition de Paris porte, qui revien -droient des Indes. R. d. E.