OccUM
1686.
IIs s'effor-cent de re-trouver lesPortugais.
Rivièrequ'ils veulenttraverſer.
Ils en ſui-vent les ri-Nes,
108 VOYACES DANSALE
„ forces. Dans le doute ouù je ſuis ſi je pourrai vous ſuivre long- tems,„ j'ordonne, de la part du grand Roi nòôtre Mattre, au troiſiéme Ambaſ-„ fadeur, qui en uſfera de même à l'égard du premier Mandarin s'il meurt„ avant lui, de prendre après ma mort les memes ſoins de cette auguſte„ lettre. Si, par le dernier des malheurs, aucun de nous ne pouvoit ar-„river au Cap de Bonne-Eſpérance, celui qui en ſera chargé le dernier,„ ne manquera point de lenterrer avant que de mourir, ſur une monta-„ gne, ou dans le lieu le plus élevé qu'il pourra trouver; afin qu'ayant mis„ Ce précieux dépòt à couvert d'inſulte, il meure proſterné dans le mêeme„ lieu, avec autant de reſpect, en mourant, que nous en devons au Roi„ pendant nôtre vie. Voilà ce que j'avois à vous recommander. Après„ Cette explication, reprenons courage, ne nous ſéparons jamais, allons à„ petites journées; la fortune du grand Roi, nêôtre Maitre, nous proté-gera toüjours ˙%.Ex diſcours nous remplit de réſolution. Cependant, au-lieu de nous at-tacher à ſuivre les Côtes, on convint qu'il faſloit tenter de rejoindre lesPortugais,& prendre le chemin qu'on pouvoit juger qu’'ils avoient ſuivi.Nous avions devant nous une grande montagne,& ſur la droite, un peu àcôté, quelques petites collines. Nous nous perſuadàmes aiſément, que fa-tigues comme ils étoient, ils n'auroient pas choiſi les plus rudes paſſages,quoiqu'ils fuſſent les plus droits. On prit par la premieère colline. Cettejournée me couta d'etranges douleurs. Non-ſeulement la nuit précédentem'avoit rendu les jambes roides& engourdies, mais elles commencérent às'enfler avec tout mon corps. Quelques jours aprés, il me ſortit de toutle corps, ſur-tout des jambes, une eau blanchàtre& pleine d'écume. Nousmarchions fort vite; oOu du moins, il nous ſembloit que nous faiſions beau-coup de diligence, quoiqu'en effet nous fifſions peu de chemin. Vers midi,nous arrivàmes fort las au bord d'une Rivière, qui pouvoit avoir ſoixantepieds de large,& ſept ou huit de profondeur. Nous doutàmes ſi les Por-tugais lavoient paſſée, parceque ſans avoir beaucoup de largeur elle étoitextremement rapide. Quelques Siamois eſſayerent de la traverſer; mais lecourant étoit ſi impétueunx qu'ils retournêèrent ſur leurs pas dans la crainted'etre emportés. Cependant on réſolut de tenter encore une fois le paſſa-ge;& pour le faire avec moins de péril, on s'aviſa de lier enſemble tou-tes les écharpes de la troupe, dont un Mandarin fort robuſte entreprit d'at-tacher un bout au tronc d'un arbre qu'on voyoit de l'autre côté de la Riviè-re, dans Peſpérance qu'à la faveur de cette eſpece de chaine, chacun pour-roit paſſer ſucceſſivement. Mais à peine le Mandarin fut-il au milieu dela Riviere, que ne pouvant réſiſter au cours de l'eau, il fut obligé de quit-ter le bout des écharpes, pour nager vers Pautre bord;& malgré touteſon adreſſe, il fut jetté contre une pointe de terre, qui le bleſſa dans plu-ficurs endroits du corps. II prit le parti de remonter à pied le long durivage, pour crier, vis-à-vis de nous, qu'il métoit pas vraiſemblableque les Portugais euſſent pris cette route. On lui dit de nous rejoin-dre; ce qu'il ne put exécuter qu'en remontant bien haut, pour ſe mettreà la nage..Novs conclümes qu e le Portugais avoient ſuivi le bord ouù nous étions,
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