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Tome douzième.
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Occ

c UMCHAMNAM.1680.

Eile retour-

ne ſur ſes pas.

Leur joye,en arrivant àIfle auxmoules.

Le bois leurmanque.

Ils prennentla réſolutionde s'abandon-ner aux Hot-tentots.

VOXAGES DANSLE

une partie de la campagne. On ne pouvoit ſe perſuader que les Portugaiseuſfent traverſé la montagne. Il n'y avoit pas plus d'apparence qu'ils fuſ-ſent entrés dans le marais, qui nous paroiſſoit preſqu'entiérement inondé,& qui n'offroit d' ailleurs aucun veſtige d'hommes. Nous délibérâmes une

artie de la nuit s'il falloit paſſer outre, ou retourner ſur nos pas. La dif-ficulté de choiſir entre les deux routes, parut ſi difficile à ſurmonter, quetout le monde fut d'avis de ne pas aller plus loin. II paroiſſoit impoſſiblede traverſer le marais, ſans ſe mettre en danger d'y périr mille fois;&paſſer ſur la montagne, c'toit s'expoſer à mourir de foif, parcequ' il n'yavoit aucune apparence d'y trouver de l'eau,& qu'il ne falloit pas moinsde deux jours pour la traverſer. On conclut de retourner à la petite Iſlequ'on regrettoit d'avoir quittée; d'x attendre pendant quelques jours desnouvelles de la troupe Portugaiſe;& ſi nous n'en recevions aucune lorſquenous aurions conſumé les rafratchiſſemens, d'aller trouver volontairementles Hottentots,& de nous offrir à leur ſervir d'Eſclaves, pour garderleurs troupeaux. Cette condition nous paroiſſoit plus douce que le malheu-reux état où nous gémifſions dépuis ſi long-tems.

ArRnks la réſolution du conſeil, il nous tarda que le jour fũt venu pournous remerttre en marche. Nous retournàmes für nos pas avec tant decourage, dans l'eſpérance de revoir PIfle déſirce,& d'y ſoulager la faimqui nous devenoit chaque jour plus inſupportable, que nous y arrivàmes letroiſiéme jour. Nous ſentimes des tranſports de joye à la vüe d'un lieu ſiagréable. Cliacun s'efforga d'y entrer le premier. Mais la diligence des plusardens fut inutile, parceque la marée en avoit fermé le paſſage. CetteIfle, à parler proprement, n'étoit qu'un rocher aſſez élevé, de figure ron-de,& c'environ cent pas de circuit dans la haute Mer; mais qui s'aggran-diſfoit lorſque la Mer venoit à ſe retirer,& qui ſe trouvoit environnè alorsde quantité de petites roches, qu'on découvroit ſur le fable. Nous attendi-mes impatiemment le départ de la marée, qui nous rendit enfin la libertédu paſſage. Chacun s'empreſſa de prendre des moules. Après en avoiramaſſé ſuffiſamment pour toute la journée, nous en mangions une partie,& nous expoſions l'autre au Soleil, ou nous la faiſions cuire au feu pour leſoir. Toutes les Côtes voiſines étoient ſi déſertes& ſi arides, qu'il ne s'ytrouvoit qu'un petit nombre d'arbres ſecs, pour allumer du feu. Nous nepouvions vivre néanmoins fans ce ſecours; car à-peine étions-nous endor-mis, que le froid& P'humidité nous réveilloient. Le bois nous manquantbien-töt fur le rivage, quelques-uns en allèrent chercher plus loin dans lesterres. Mais les environs n'étoient que des déſerts couverts de ſable,&pleins de rochers eſcarpés, ſans arbres,& fans aucune verdure. On trou-va beaucoup de fiente d'éléphans, qui ſervit deux ou trois jours à P'en-tretien de nôtre feu. Enfin ce dernier ſecours nous ayant auſſi manqué,la rigueur du froid nous fit abandonner un lieu qui nous avoit fournipendant ſix jours des rafratchiſſemens ſi néceſſaires à nos beſoins. Nousprämes le parti de chercher les Hottentots, pour nous abandonner à ladiſcrétion des plus barbares de tous les hommes. Mais à quoi ne nous

ſerions-nous pas expoſés, pour ſauver une vie qui nous avoit dẽjà coũtẽſi cher?2

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Nous