FoRnBIN.1686.
Ce qui ſepaſſoit à Siamdans ces en-trefaites.
Le Princede Macaſſarrefuſe de ſeſouümettre.
Expéditionde M. Con-ſtance pourle réduire.
Ordre dePattaque.
Son mau-vais ſuccès.
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périr tant de monde,& qui m'auroit jamais ef lieu, ſans la jalouſie d'unMiniſtre auſſi cruél que ſoupgonneux.
L'AurEoR, pour démontrer encore mieux l'injuſtice du reproche que M.Conſtance lui avoit fait, en le taxant d'imprudence, rapporte en peu demots, ce qui ſe paſſa à Siam au ſujet des Macaſſars, retranchés dans leurCamp, apreés la conſpiration découverte. Mais il eſt plus naturel de re-prendre ici le récit de la Mare, qui avoit été préſent lui-même à ces der-nières opérations.„Nous ſommes témoins, dit-il, que le Roi deSiam n'o-„ mit rien pour tächer de faire rentrer le malheureux Prince de Macaſſar„ dans ſon devoir,& pour ne point ſe voir obligé de répandre le ſang royal;„ mais il ſemble que ce Prince avoit conjuré contre lui-meême“. Aprés lesſollicitations réiterées qui lui furent faites,& qu'il rejetta toutes ſous diversprétextes, le Roi réſolut enfin de vaincre ſon opiniâtreté,& de le réduire àPobéiſfance par la force des armes. Cinq mille hommes de ſa garde furentdétachés ſous les ordres de M. Conſtance Premier Miniſtre, que le Roi re-gardoit comme le plus digne de tous ſes Sujets,& en même-tems le pluscapable d'exécuter ſes volontés.
Tour étant diſpoſé pour cette expédition, qui devoit ſe faire le 24 deSeptembre au matin, M. Conſtance ſê mit la veille dans un Balon, ou il fitentrer le Sr. Toudal, Capitaine d'un Vaiſſeau Anglois qui étoit à la Barre deSiam, pluſieurs Anglois au ſervice du Roi de Siam, un Miſſionnaire,& unautre particulier. En paſſant il fit la revqũe de toutes les Troupes qui'at-tendolent dans divers Bâtimens, prés d'une langue de terre qui regarde leCamp des Macaſſars,& leur ayant aſſigné leurs poſtes, il envoya tous lesAnglois, à Fexception du Capitaine, à bord de deux Vaiſſeaux du Roi armésen guerre, qui étoient une demie lieue au-deſfous du Camp des Macaſſars;& demeura juſqu'à une heure de la nuit pour viſiter tous les poſtes; aprèsquoi, dit'Auteur, nous nous rendimes auſſi à bord de ces Vaiſſeaux versles quatre heures, une demie heure avant FPattaque, qui devoit commen-cer par un ſignal de l'autre côté de la Riviere.
CoNsraANcE viſita encore tous les poſtes en remontant,& donna ſesordres par-tout. Celui de l'attaque portoit, que Oelouang Mabamontri, Capi-taine général des Gardes du Roi, avec ſes quinze cens hommes, devoit en-fermer les ennemis derrière leur Camp, en ſe formant ſur une haye fortede tout ſon monde, depuis le bord de la grande Rivieère juſqu'à un ruiſſeauoù ſe terminoit leur Camp. Vers le haut, une mare d'eau derriere le Camp,ne laiffoit entre la grande Rivière& le ruiſſeau, qu'un eſpace d'environ deuxtoiſes; de-ſorte que les Macaſſars ne pouvoient les combattre que par cetteeſpece de chauſfée; mais on avoit donné ordre d'y faire une barricade depieux pour en deffendre Pentrée. Okpra Chula, Mandarin Siamois, devoitſe poſter de l'autre cêté du ruiſſeau,& le border avec mille hommes. Dansles deux Riviéres il y avoit vingt-deux petites Galeres& ſoixante Balonsremplis de monde pour eſcarmoucher les ennemis;& mille hommes ſur lalangue de terre vis-à-vis de leur Camp.
LE fignal donne à heure marquée, Oklouang Mahamontri part bruſ-quement, avec quatorze de ſes Eſclaves, ſans ſe faire ſuivre de ſes Trou-
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