ROYAUME DE SIA M, Lrv. II. 141
pes pour prendre leur poſte,& va droit à la chauſſée, le long de laquelle ilPouſſe juſqau'aux maiſons des Macaſſars. Laà sarrétant, il appelle tout basOkpra Chula. Un Macaſſar que Fobſcurité empéchoit de voir, lui réponden Siamois; Que voulez-vous? Ce Mandarin croyant que ce fut effective-ment Okpra Chula, s'avance ſans défiance; en même-tems les Macaſſarsfortent de leur embuſcade,& le tuent avec ſept de ſes Eſclaves. Apréescette expédition, une partie des Macaſſars paſſa de'autre côté du ruilnn.avant que l'Okpra ſe fͤt emparé de ce poſte.
A cinq heures& demie, un Anglois, nommé Cat ſe, Capitaine de Vaiſ-ſeau du Roi de Siam, attaqua les ennemis du côté de la grande Rivièere,à Fextrémité de leur Camp,& fit faire ſur eux un ſi grand feu de ſa mouſ-quéterie, qu'il les contraignit de ſe retirer vers le haut de léeur Camp. CeCapitaine sen étant appergu, mit pied à terre, ſuivi de dix ou douze An-glois,& d'un Officier Frangois; mais à peine étoient- ils deſcendus, queles Macaſſars revenant ſur leurs pas, les chargerent à leur tour,& les obli-gerent de ſe jetter dans la Riviére. Cotſe y regut une bleſſure à la téte,dont il mourut,& Officier Frangois ſe fauva à la nage.
ArRks ce coup, tous les Macaſſars abandonnérent leur Camp, qui é-toit déja à moitié bralé,& voulurent gagner le haut de la petite Riviere,à deſſein de pouſſer juſqu'au Camp des Portugais, pour exercer leur rageſur les Chrétiens. Dans ces entrefaites, le Sieur Veret, Chef du Comptoirde la Compagnie Orientale de France à Siam, arriva avec une Chaloupe&un Balon, où étoient tous les Frangois qui ſe trouvoient dans cette Ville,au nombre de vingt. M. Conſtance, qui montoit un Balon plus leger que lesautres, s'avanga en diligence du cêté des Macaſſars, ſuivi du Balon de M.Veret,& de douze ou quinze autres Balons Siamois, pour les empé-cher de rien entreprendre,& de paſſer la Rivieére à une demic lieue au-deſſus du Camp. Les ayant appergu, il commanda aux Siamois de deſcen-dre pour les charger,& mettant pied à terre lui-même, ce Miniſtre mar-cha droit à eux, fuivi de huit Frangois, de deux Anglois, de deux Man-darins Siamois,& d'un Soldat Japonois. La Chaloupe métoit pas encorearrivée,& hon ne pouvoit l'attendre, parcequ'il etoit de la derniere impor-tance de prévenir les Macaſſars.
Ox paſſa d'abord une grande haye de bambous, pour entrer dans laplaine ou étoient les ennemis. La premiere eſcarmouche codta la vie à unSiamois& à deux Macaſſars. Les autres ſe retirèrent derrière des bam-bous,& ſe partageant enſuite à droite& à gauche, ils revinrent avec beau-coup de furie, dans le deſſein d'enfermer les Siamois. Ce mouvement,dit['Auteur, nous obligea de faire une retraite fort précipitée,& de nousjetter dans eau pour regagner les Balons. De douze perſonnes, qui ac-compagnoient M. Conſtance, il y en eut cinq de tués, entr'autres Noudal,Capitaine de Vaiſſeau Anglois, percé de cinq coups,& quatre Frangois, quien avoient regu chacun dix ou douze. La rage des Macaſſars, animéspar leur opium, étoit ſi grande, qu'un d'eux tua ſa propre femme qui l'em-barraſſoit dans ſa retraitée.
Crer échec n’'étonna point M. Conſtance. Il mit de nouveau pied à terre,ſuivi d'un plus grand nombre de Frangois, tant du Balon que de la Cha-
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FoRBIN.
1686.
Autre échec.
Entrepriſedes Macaſ-ſars.
Conſtanceveut leur cou-per chemin,
Il eſt obligede ſe ſauverà la nage.
Les Siamoisreviennentà la charge.