68'6Leur bra-
voure étonne—
es ennemis.
8 nitsStratagèmedu Miniſtrepour lesarréter.
Défaitetotale desMacaſſars.
Mort de leurPrince.
Nombre deleurs Priſon-niers.
142 VvOYAGES DAN˙S' L. E
loupe,& de pluſieurs Anglois qui y étoient accourus. IlI y eüt quantité deMacaffars tués dans cette ſeconde deſcente,& quoiqu'ils ſe défendiſ-ſent encore avec beaucoup d'opimtreté, nous n'y perdimes pas un ſeulhomme.
1. E Miniſtre voyant qu'il n'y avoit aucun moyen de vaincre ces deſes-perés, qu'avec des forces ſupérieures, détacha contre eux quatre cens hom-mes, fous les ordres d'un Mandarin Siamois, pour aller ſe poſter au-deſſusde cet endroit,& s'oppoſer à leur paſſage. En meme-tems il deſcenditſur le bord du ruiſſeau, à la tete de trois mille hommes avec tous les Fran-cois& les Anglois, entra dans la plaine, ous il y avoit de Ieau- juſqu'à laceinture,& marcha droit aux ennemis. Nous appergümes de loin qu'ilsétoient aux priſes avec les quatre cens hommes qu'on avoit détachés versle haut, lefquels ſoũtinrent vigoureuſement cette furie,& contraignirentles Macaſſars de ſe retirer à Pabri des maiſons& des bambous qui bordentla petite Riviere. Auffi- téêt M. Conſtance fit un détachement de huitcens Mouſquétaires, pour les eſcarmouchier à travers les maiſons& lesbambous, en pouſfſant toũjours vers le haut de la Rivière. Ces Mouſqué-taires firent des merveilles,& ne lächérent jamais pied, malgré la réſi-ſtance des Macaſſars.
QurrauEns momens aprés, le Miniſtre fit avancer en croiſſant, les deuxmille deux cens hommes qui étoient reſtés auprès de lui dans la plaine,pour ſe joindre aux quatre cens premiers. Ils portoient devant eux depetites clayes de bambous, traverſées de gros cloux à trois pointes quis'Glevoient par deſſus à la hauteur d'un demi pied. Ces machines furentplongées dans'eau,& appuyées avec des pieux à meſure qu'on s'appro-choit des emmemis, qui venant fondre tous enſemble, à leur ordinaire,ſans voir ou ils poſoient les pieds, ſe trouvérent pris pour la plͤpart, ſi bienque ne pouvant plus ni avancer ni reculer, on en tua debout à coups defuſils un nombre très-conſidérable(r).
CEux qui échapéerent s'étant retranchés dans des maiſons de bambous,ou de bois, auxquelles on mit le feu, men ſortirent qu'à demi brůlés, enſe jettant au milieu des Troupes, la lance ou le cris à la main,& combat-tant tojours juſqu'à-ce qu'ils tombãſſent ſous les coups de leurs ennemis.Il m'y en elt pas un de ceux qui s'étoient retirés dans les maiſons& dansles bambous, qui ne mourũt de cette maniére. Le Prince même, qui s'é-toit caché derrière une maiſon,& qui avoit été bleſſé d'un coup de mouſ-quet à Pépaule gauche, ſe voyant découvert, courut la lance à la main,droit à M. Conſtance, qui lui préſenta la ſienne, tandis qu'un des Frangoisde la ſuite du Miniſtre, lui lächa un coup de mouſqueton qui Létenditmort à fes pieds. Enfin tous les Macaſſars furent tués ou pris. Vingt-deuxqui s'étoient retirés dans une Moſquée, ſe rendirent ſans combattre. Onen ſaiſit trente-trois autres en vie, qui étoient tous percés de coups. Dela Mare ne nous apprend pas ce qu'on fit des Priſonniers; mais le Cheva-lier de Forbin dit qu'on ne fauva la vie qu'à deux jeunes fils du Prince,
— quĩ
(r) Ceeſt à ce ſtratagéme, de l'invention de M. Conſtance, que le Chevalier de Forbin
attribus la victoire qu'il remporta ſur les Macaſſars.