Affaires dela Religion.
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plus doux qu'il pùt attendre, c'étoit
— re renvoyé à la charruë, aprèsavoir été très-ſévèêrement chàtié: Que les habitans ne ſe nourriſſoientque de quelques fruits& de riz, qu'ils ont en abondance; ſans oſer tou-
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cher à rien qui ait eũ vie, de peur de manger leurs parens: Qu'à é
avoit envoyés à Sa Majeſté, M. Con-ſtance avoit épuiſé l'épargne,& fait des dépenſes qu'il ne lui ſeroit pasaiſé de reparer: Que le Royaume de Siam, qui forme preſque une Pe-
des préſens que le Roi de Sia
commode pour faciliter le Com-merce des Indes, étant baigné par deux Mers, qui lui ouvrent la com-munication avec divers Pays, tant à l'Orient qu'à l'Occident: Que lesmarchandiſes de ces Nations, étoient tranſportées chaque année à Siam,comme à une eſpèce de marché, ouù les Siamois faiſoient quelque profiten débitant leurs denrées: Que le principal revenu du Roi conſiſtoit dansle Commerce qu'il faiſoit préſque tout entier dans ſon Royaume, où P'onne trouve que du riz, de l'aréca, peu d'étain, quelques éléphans qu'onvend,& quelques peaux de bêtes fauves dont le Pays eſt rempli: Queles Siamois allant preſque nuds, à la reſerve d'un morceau de toile decotton, dont ils ſe ceignent les reins, n'ont aucune ſorte de manufac-.tures, ſi ce n'eſt de quelques mouſſelines, dont les Mandarins ſeuls ontdroit de ſe faire comme une eſpéêce de chemiſette qu'ils mettent aux joursde cérémonie: Que lorſqu'un Mandarin, par ſon adreſſe, eſt parvenu àamaſſer une petite ſomme d'argent, il faut qu'il la tienne bien cachée,ſans quoi le Prince la lui feroit enlever: Que perſonne ne poſſedant desbien-fonds, qui appartiennent tous au Roi, la plus grande partie du Paysdemeure en friche;& qu'enfin le Peuple y eſt ſi ſobre, qu'un Particulier,qui peut gagner quinze ou vingt francs par an, a plus qu'il ne lui enfaut pour vivre(4)".APRRS quelques éclairciſſemens touchant les monnoyes de Siam, le Roĩ
ninſule, pouvoit êétre un entrepôt fort
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me mettant ſur le chapitre de la Religion, me demanda s’il y avoit beau-coup de Chrétiens, dans ce Royaume,& ſi le Roi ſongeoit ſérieuſementà ſe faire Chrétien lui-même?„ Sire, lui répondis-je, ce Prince n'y a ja-
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mais penſé,& aucun mortel ne ſeroit aſſez hardi pour lui en faire la pro-poſition. Il eſt vrai que M. de Chaumont, dans la harangue qu'il luifit lors de ſa première audience, parla beaucoup de Religion; mais M.Conſtance, qui lui ſervoit d'Interpréte, omit adroitement cet article.Le Vicaire Apoſtolique, qui étoit préſent,& qui entendoit parfaitementle Siamois, le remarqua fort bien, quoiqu'il n'oſàt jamais en rien dire,crainte de s'attirer ſur les bras M. Conſtance, qui ne lui auroit pas par-donné, s'il en eũt ouvert la bouche: Que dans les audiences particulié-res que M. de Chaumont et pendant le cours de ſon Ambaſſade, il enrevenoit inceſſamment à la Religion Chrétienne,& que Conſtance, quiStoit toüjours Interpréte, joüoit en homme d'eſprit deux perſonnages,difant au Roi de Siam ce qui le flattoit,& répondant à PAmbaſſadeurce qui étoit convenable, ſans que de la part du Roi, ni de celle de 2*
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(4) La plüpart de ces Remarques ſont confirmées par la Relation devla Loubere, dont
on s'eſt principalement ſervi pour la Deſcription de Siam; Voyez ci-deſſous.