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156 VvVOYAGESDANSLE
quittoit rarement, il me fit encore d'autres queſtions ſur les progrès duChriſtianiſme, auxquelles il me fut aifé de ſatisfaire.
Au ſortir du diner du Roi, M. de Seignelay m'avoit fait paſſer dans ſon
Cabinet, ouü il m'interrogea fort au long, ſur tout ce qui pouvoit concernerFintéret du Roi,& celui du Commerce. ſe lui répondis à ce dernier égard,comme j avois fait à Sa Majeſté;„Que le Royaume de Siam ne produiſant„ rien, il ne pouvoit ſervir que d'entrepòt pour faciliter le Commerce de la„ Chine, du Japon,& des autres Etats des Indes: Que celà ſuppoſé, Eta-„ bliſſement qu'on avoit commencé, en y envoyant des Troupes, devenoit„ abſolument inutile, celui que la Compagnie y avoit déja étant plus que„ ſuffifant pour cet effet: Qu'à P'égard de la Fortereſſe de Bancok, elle„ demeureroit au pouvoir dées François, durant la vie du Roi de Siam&„ de M. Conſtance; mais que l'un des deux venant à mourir, les Siamois,„ follicités par leur propre intérêt,& par les ennemis de la France, ne„ manqueroient pas de chaſſer nos Troupes d'une Place, qui les rendoitmaltres du Royaume“.L'EvENEMENT avoit déja juſtifié ces prédictions de F-Auteur, qui peude tems après ſon retour en France, y apprit les circonſtances d'une é-trange Revolution arrivée à Siam dans le cours’ de la même année,& dontil nous fait le récit en peu de mots. Mais n'ayant pas été témoin occu-laire de ce qui ſe paſſa dans cette occaſion, on doit donner la préferenceà ceux qui la méritent à ce titre, ou qui ſe ſont trouvés depuis à portéede s'en inſtruire ſur les lieux-mêmes. Parmi ces derniers, Kæmpfer n'eſtpeut- etre pas le plus en droit d'occuper la premieère place. Cependant nousPaccorderons ici à'Extrait de ſon Voyage, que M. Abbé Prevoſt a jugsà propos d'inſerer, à Texcluſion des Relations des Frangois, qui étoient àSiam durant les troubles de ce Royaume.]
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Extrait du Voyage d' Engelbert Kampfer, par rapport à la Ravolution de Siam(a).
E Navire Hollandois le Waalſtroom, qui portoit Kæmpfer au Japon;,ayant reläché à Siam, pour y charger quelques marchandiſes, ceVoöoyageur y recueillit les circonſtances d'un céléebre événement, dont Ila.méinotre eroit fort récente,& qui ne peut avoir été- ſi bien éclairci par nos
Hiſtoriens(b)(c).
(a) Cet Article eſt détaché du Tome X.de 1'Edition de M. Prevolt,& nous le rap-portons dans ſes propres termes. R. d. E.
(b) On n'en doutera point, ſi Pon conſi-dère que les Frangois étoient alors bannisdu Royaume,& que le Père d'Orleans, Auteurde 1' Hiſtcire de M. Conſtance, n'a pu étre ſtbien informé.
(c) Cette remarque, que M. Prevoſt fait
d'aprèés le Traducteur Anglois de Kæmpfer,m'eſt pas juſte. Les Frangçois n'etant fortis
de Siam qu'après la Revolution, d'où viemtn'auroient- ils pü étre aufſi bien informẽésque ce Voyageur, ſuppoſé quil n'e-t pas
Strorrcopié les Relations des Hollandois 2 D'ail-leurs le P. d'Orleans, qui étoit du nombrede ces pieux Miniſtres de'ꝓ½Ævangile, dontM. Prevoſt dit lui-même qu'on ne ſauroitrevoquer en doute la benne- foi& L'exactitu-de, déclare ſolemnellement, dans ſa Préfa-ce;„ queil n'a aucun ſujet de ſe défer des„ Mémoires qu'il a fuivis; qu'il eſt fůr de„ leur fidélité, autant qu'on peut l'etre de ces„ſortes de choſes; que ſes Guides ont été„ témoins occulaires de ce qu'ils ont écrit,&„ dont quelques- uns y ont en beaucoug e„part“. R. d. E.