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Tome douzième.
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Dæes FARGCEs.1688.

Renvoi desOtages à

Négocia-tions pour lapaix.

Perſécutioncontre lesChrétiens deSiam.

Mergui eſtabandonnépar les Fran-gois.

Arrivée duVaiſſeau 1'O-riflame, à la

Barre de Siam.

VOXAGES DANS LE

mort du Prince qui étoit, ou qui devoit être ſon Epoux;& que dans l'ex-cès de ſon emportement, elle accabloit d'injures Auteur de ſa disgra-ce; mais aprés tout, elle a mieux aimé vivre Reine, que de mourir mal-heureuſe.

PITRAcHAs n'eüt pas plutõôt pris le parti de ſe défaire des Princes,qu'il ſongea aux moyens de s'accommoder avec nous,& de nous faire ſor-tir du Royaume en paix. Pour cet effet, il réſolut de me renvoyer mesEnfans. Les ayant fait venir auprées de lui, il leur dit;„ qu'il ſe ſentoit„ ém de compaffion pour eux; qu'il connoiſſoit d'ailleurs la droiture demon cœur,& qu'il ſgavoit bien que je n'étois pas capable de manquer à„ ma parole; mais que c'eétoient les Troupes, qui ſur des terreurs pani-„ ques n'avoient pas voulu obéir; qu'’il leur accordoit la vie,& vouloitbien meme, en ma conſidération,& par amitié pour eux, me les ren-„voyer.“ Ces chers Enfans, que j'avois crũ morts, parurent à Bancok lejour de St. Jean Baptiſte. Leur retour cauſa une joye inexprimable à toutela Garniſon.;'eòs de la peine à concevoir par quel heureux motif Pitra-chas s'étoit déterminé à une pareille démarche; mais dans la ſuite ayantappris la mort des Princes, je jugeai que le Grand Mandarin avoit voulu,par cette action de généroſité, s'ouvrir un chemin à la paix avec nous;& les deux Mandarins, que nous avons interrogés ſur ce point, m'ont con-firmé dans cette idée.

DEyuis ce tems, le feu diminua de part& d'autre. II y eũt diver-ſes propoſitions d'accommodement; mais la defiance étoit ſi grande quenous ne pouvions nous aſſurer de rien. Sur la fin de ces longues& en-nuyeuſes negociations, pendant lesquelles je trouvai le ſecret de me procurerdes vivres, on vit arriver les deux Vaiſſeaux Siamois montés par les Frangois,qui entrérent auſſi-tét dans la Place. On nous rendit de même les Officiersqui étoient détenus à Louvo;& quelques autres Frangois, tant de cetteVille que de Siam, ayant trouvé le moyen de nous rejoindre, nous appri-mes alors tous les mauvais traitemens des Siamois à leur égard, la perſé-cution que les Chrétiens Siamois, Peguans& Portugais, ſouffroient en-core dans un cruél eſclavage; que le Séminaire de M. Evéque de Metello-polis avoit été pillé,& que les Siamois avoient enlevé pluſieurs jeunes fil-les Chrétiennes pour en faire des Concubines. On ſqut aufſi par un Miſ-ſionnaire qui avoit été mis à la Cangue, avec tous les Chrétiens d'une Provin-ce nommée Porſelou, qui eſt à'extréêmité du Royaume, que dèes le moisde Janvier on n'avoit pas ceſſé de les menacer de ce qui leur Stoit arrivédans la ſuite; ce qui marque qu'il y avoit long-tems que Pitrachas avoitpris ſes meſures, pour faire ce qu'il a exécuté depuis.

Nous fümes auffi informés, par un Frangois, qui avoit été fait pri-ſonnier à Mergui, que M. de Bruan& les Frangois de ſa Garniſon avoienteſfuyé un aſſaut;& que manquant d'ean dans la Place, qui étoit d'ailleurscommandée par une batterie des Siamois, ils avoient pris la réſolution deſe faire jour à travers les ennemis, pour s'emparer d'un Vaiſfeau du Roide Siam, à la faveur duquel ils s'étoient éloignés des Côtes de ce Royaume.

PEu de tems aprées, nous apprimes l'arrivée d'un Vaiſſeau du Roi,nommé 1''Oriflame, commandé par M. de LEſtrille, qui demeura aſſez de

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