ROYAUME DE SIA M, Lrv. II. 183
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„ Roi n'auroit pas ſauvé de la corde, en France, ſi ſes lachetés y avoient„ Eté connués. C'eſt M. Clé lui-même qui m'a raconté ce trait, comme„ temoin occulaire, de viſu& auditu; M. Joubert, Général des vivres au„ Fort St. Pierre, me l'a certifié;& Fanchon m'’a auſſi aſſuré que le Che-„ Valier le lui avoit repeté pluſieurs fois. Bel Epitaphe, fait par des En-„ fans à la louange de leur Pêre!
„ PouR fiir leur cataſtrophe, ils ſe rembarquèrent vers la fin du mois„ de Mars dernier, dans le deſſein de retourner en France. L. Oriflame en„ ſortant des Ifles, fut attaqué par un Navire Anglois. M. de'Eſtrille, ni„ M. M. Des Farges n'étoient pas gens à ſe rendre, ou à ceder. Les Vaiſ-„ ſeaux s'aborderent;& tous deux coulerent à fond. C'eſt ce qu'on a ap-„ pris par des Caraibes, qui ont vũ le combat, de'Iſle de Ste. Alucie. Quoi-„ qu'il en ſoit, on n'a point entendu parler d'eux depuis;& je deſeſpere„ qu'on ait en France des nouvelles de Siam par ce Vaiſſeau, avec lequel„ font péris les Jéſuites, leurs Richeſſes,& leurs Ecrits. Malè parta, mali„ dilabuntur“.
C'EsTr apparemment par les deux Vaiſſeaux pris au Cap de Bonne Eſpe-rance, que la Relation de M. Des Farges fut apportée en Hollande(F).Ces Vaiſſeaux ſe nommoient la Maligne& le Cocbe. M. d'Armagnan, quicommandoit le dernier, avoit pour ſon malheur, fur ſon bord, quatre jé-ſuites Mathématiciens, à qui il prit envie de faire des obſervations auCap de Bonne-Eſpérance. Le Capicaine, dans Pincertitude ſi Pon étoit enpaix ou en guerre avec les Hollandois, vouloit continuér ſa route: Ce-pendant il eut la foibleſſe de ſe rendre aux inſtances& aux menaces deces Pêres. Lorſqu'il ſe vit pris, il courut à la Sainte-Barbe, le piſtolet àla main, réſolu de mettre le feu aux poudres. Un Canonnier qui s'en ap-pergut, lui donna par derriére un coup de pertuiſane, qui lui perga lecœur. Le piftolet fut laché; mais le feu ne prit pas;& les Hollandois en-trant au coup, s'emparêèrent du Vaiſſeau, dont la charge étoit eſtimée dedeux ou trois millions. Tout ce que les Officiers purent faire, fut de de-mander qu'on leur remit le miſérable qui avoit ſi lachement tué ſon Capi-taine. Les Hollandois le leur delivrêrent ſans difficulté,& il fut pendu.Ces Officiers furent fort honnétement traités; mais les Jéfuites encoremieux. Le Gouverneur du Cap reconnut, a leur égard, l'obligation qu'onleur avoit de deux priſes ſi riches. De Challes tenoit ces particularités deFArmurier de ſon Vaiſſeau, qui avoit été ſur le Coche, où le brave d'Ar-magnan perdit ſi indignement une vie qu'il alloit ſacrifier à la gloire.]
(†) Du moins quand elle parut en Hol. tombé entre les mains; mais il s'aſfure, dit-Jande, on n'en avoit encore vn aucune il, que les Lecteurs judicieux n'aurontde la part des Frangois. I. Editeur n'expli- pas de peine à reconnoitre les traits origi-gue pas comment ce Manuſcrit lui étoit naux qui ſont marqués dans tout l'Ouvrage.
Deſcrip-
DE CHaALLEs.1 690.
Leur der-nière cata-ſtrophe.
Priſe dedeux Vaiſ-ſeaux Fran-gois au Cap.