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Tome douzième.
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ROYAUME DE SIA M, Lrv. II.

bre, d'où nos Géographes font ſortir la Riviére de Menam,& auquel ilsprétendent que cette Ville donne ſon nom; ce qui fait juger à la Louberequ'elle en eſt plus éloignée qu'ils ne l'ont crů, ou que ce Lac n'exiſtepoint(). II ſe peut auſſi, dit-il, que cette Ville, voiſine de pluſieursRoyaumes,& plus ſujette qu'une autre aux ravages de la guerre, n'ait pastodjours été rebatie au même lieu;& cette ſuppoſition lui paroĩt d' autantplus vraiſemblable, que des Villes, qui ne ſont que de bois, comme toutescelles de ces Contrées, ne laiſſent, dans leur deſtruction, ni maſures nifondemens. II ajoüte qu'on peut douter que le Menam vienne d'un Lac;arce qu'en entrant dans le Royaume de Siam, il eſt ſi petit, que pendanteſpace d'environ cinquante lieues, il ne porte que de fort petits ba-teaux(d)(e).

CETTE Rivière s'étant groſſie de pluſieurs autres& de quantité de ruiſ-ſeaux, qu'elle regoit des montagnes qu'on vient de repréſenter, ſe déchar-ge dans le Golfe de Siam par trois embouchures, dont la plus navigable eſtcelle qui eſt au Levant. Jooſt Schouten la place ſous le treizieéme degrétrente minutes de latitude du Nord.

LEs montagnes, qui font les fontiéres communes d'Ava, de Pegu& deSiam, s'abbaiſſant par degrés, à meſure qu'elles s'étendent vers le Sud, for-ment la Preſqu'Iſle de l'Inde, au-delà du Gange, qui ſe terminant à la Vil-le de Sincapur, ſépare les Golfes de Siam& de Bengale,& qui avec P'Iſlede Sumatra, forme le célèbre Détroit de Malaca ou de Sincapur. Plu-ſieurs Riviéres, tombant de ces montagnes dans les Golfes de Siam& deBengale, rendent ces Côtes habitables. Les autres montagnes qui s'élè-vent entre le Royaume de Siam& celui de Laos,& qui s'étendent auſſi-vers le Sud, vont, en s'abbaiſſant peu à peu, ſe terminer au Cap de Cam-boye, le plus oriental de tous ceux du Continent d'Aſie qui regardent leSud. C'eſt à la hauteur de ce Cap que commence le Golfe de Siam,&le Royaume s'étend aſſez loin vers le Midi, de l'un& de l'autre cêté duGolfe; c'eſt-à-dire, le long de la Cêôte du Levant juſqu'après la Riviere deChanteboun, où commence le Royaume de Camboye;& vis-à-vis, c'eſt-à-dire, dans la Prefqu'Iſfle au-dela du Gange, qui eſt au Couchant du Golfe

de

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Deſcription de la Loubere, Tom. I. pag. Ire.Mea. La Carte générale des Royaumesde Siam, de Tonquin, de Pegu, d'Ava&

(c) La navigation a fait aſſez connoitreles Cêtes maritimes de Siam; mais quantitéd'Auteurs, qui les ont décrites, n'ont preſque

rien fü de l'intérieur des terres, parcequeles Siamois n'ont pas de Carte de leur Pays,ou qu'ils la tiennent cachée. Celle que laLoubere a donnée, eſt, dit- il, l'ouvraged'un Européen, qui avoit remonté le Menamjuſqu'aux frontières du Royaume, mais quin'avoit pas aſſez d'habileté pour donner tou-tes les poſitions avec une parfaite juſteſſe.D'ailleurs il n'avoit pas tout vũ. Caſſini l'acorrigée ſur quelques autres Mémoires. Ce-pendant elle eſt encore défectueuſe, quoi-que plus exacte que celles qui l'ont précédée.

XII. Part.

d'Aracan, ſe trouve au Volume précédent,Dpag. 343. R. d. E.

(4) Deſcription de la Loubere, Tom. I.pag. 6& 7.

(e) Quelques Auteurs ont prétendu quec'étoit un bras du Gange; mais'Abbé deChoiſy remarque, qu'un Miſſionnaire nom-mé M. Ile Clerc, qui l'avoit remonté juſqu'àla frontiére de Laos, le trouva fort étroit,& les habitans l'aſſurérent qu'à trois journéesplus loin, ce n'étoit plus qu'un très- petitruiſſeau, qui ſortoit des montagnes. R. d. E.

Aa

DEeschmrroNDU RovAuMzkDE SIAM.

On ne ſcaitpas au juſted'où vient leMenam.

Avantagesde la ſituationde Siam.