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Tome douzième.
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ROIIINIIE PD

ESS IAMI; Hrv. II. 189

entr'eux le nom de Sy-io-thi.ya, dont les Etrangers ont fait India, Judia,

Judea& Odiaa.

L'oRIGINE des Siamois n'eſt pas plus certaine que celle de leur nom. IIsaffectent eux-mêmes de cacher leur Hiſtoire, qui éſt d'ailleurs pleine de fa-bles,& dont les livres ſont en petit nombre, parce qu'ils n'ont pas l'ufagede'impreſſion. L'année 1685, qui eſt celle du premier Voyage de Ta-chard, paſſoit parmi eux pour la 2229 de leur Ere, dont ils prennent l'épo-que à la mort de Sommona-Codom, Auteur de leur Keligion. IIs font rêègnerleur premier Roi en 1300 de cette Ere;& dans Peſpace de neuf cens tren-te-quatre ans, ils comptent cinquante- deux Rois de différentes races(0).On ignore d'ailleurs sils ne font qu'un ſeul Peuple, deſcendu des premiershommes qui ont habité le Pays; ou ſi dans la ſuite quelque autre Nation neSy eſt pas établie, malgré les premiers Habitans;& la principale raiſon dece doute vient des deux langues dont ils ont uſage: Pune vulgaire,& l'au-tre connue ſeulement des Sgavans(b). Ils afſfurent eux-mêmes que leursLoix ſont etrangeres& leur viennent du Pays de Laos: mais il y a d'autantmoins de fond à faire fur cette tradition, que celle des Peuples de Laos por-te que leurs Rois& la plpart de leurs Loix viennent de Siam(4).

81 Pon confidere la ſituation du Pays, dont les terres ſont ſi baſſes qu'el-les paroiſſent échapées miraculeuſement à la Mer, les inondations qul s yrenbuvellent tous les ans, le nombre preſqu' infini d'inſectes qu'elles y pro-duifent,& la chaleur exceſſive du climat, il eſt difficile, ſuivant la Lou-bere, de ſe perſuader que d'autres hommes ayent pu- ſe réſoudre à'habi-ter, que ceux qui ſont venus du voiſinage à meſure que les terres ont étédéfrichées. II y a donc beaucoup d'apparence que les Siamois qui habi-tent le plat-pays, deſcendent de ceux qui occupent les montagnes du Nord,& qu'on diſtingue encore par le nom de Tai- yai, ou de Grande Siamois(r).

GEPENDaANT on remarque aujourd'hui que le fang Siamois eſt fort mè-

lé de ſang étranger. Sans compter

les Peguans& Ceux de Laos, que le

voiſinage peut falre regarder comme une méême Nation, il paroët que la li-berté du GCommerce,& les Guerres de la Chine, du Japon, du Tonquin,de la Cochinchine,& des autres parties de Afie Méridionale, ont amenéà Siam un grand nombre de Négocians ou de F ugitifs, qui ont pris le parti

de s'y établir.

On compte, dans la Capitale, juſqu'à quarante Nations

differentes, qui habicent différens quartiers de la Ville ou des Fauxbourgs.G'eſt du moins à ce nombre que les Siamois les font monter. Mais peut-Stre faut-il le regarder comme une de ces exagérations, qui ſont familieresaux Indiens. La Loubere rend témoignage, que les Députés des Etrangers,

(⁶) Gervaiſe aà donné l'Hiſtoire du Ro-yaume de Siam;& Van V'liet une Relationhiſtorique du méme Pays, qui eſt à la fin du-Voyage de Perſe de Herbert. On y renvoyele Lecteur.

(p) Voyez ci- deſfous Farticle des carac-teres d'ecriture& de la langue Siamoiſe.Mais le raiſonnement tiré de la pluralité deslangues pourroit ſe faire de toutes les Con-

qu'on

trées des Indes; car elles ont toutes, com-me Siam, deux, ou pluſieurs langues, dontbune weſt employée que dans les Livres,& par les Scavans. 1) Deſcription de la Loubere, pag. 25& précédentes.r) Les autres ſe nomment Tay- nog, ouPetits Siameir. La Loubere, pag. 18 G 28.

Aàa 3

DFRSCRIPTION

DU RoOYAUNMEDE SIAM.Chronolo-

gie Siamoiſe

& origine des

Habitans.

Melanged'Etrangers.

On compteà Siam qua-rante Nationsdifférentes,