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Tome douzième.
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ROYVAUME DE SIA M, Lrv. II. 209

offices;& celles des petits Officiers, qui compoſent un Tribunal deTchaou-Meüang, ſont diſtribuées aux principaux Officiers de'Etat, maisavec plus d'étendue& d autorité,& meme avec des titres plus relevés.

Or appelle TZumrat le Préſident du Tribunal de la Ville de Siam, auquelreſſortiſſent tous les appels du Royaume. II porte d'ordinaire le titred'Oc-ya,& ſon Tribunal eſt dans le Palais du Roi. Mais il ne ſuit pas leRoi, quand ce Prince s'éloigne de ſa Capitale. Alors il rend la juſtice dansune tour de la Ville, hors de l'enceinte du Palais. C'eſt à lui ſeul qu'ap-partient le droit de Juge; mais la voye de l'appel eſt toũjours ouverte auRoi, lorſqu'on en veut faire les fraix(·).

LART de la Guerre eſt d'autant plus ignoré à Siam, que les Habitansn'y ſont pas portés d'inclination. En général, l'imagination trop vive desPays exceſſivement chauds, ne s'accorde pas plus avec le courage que l'ima-gination trop lente des Pays froids. La vüe d'une épée nue met en fuitecent Siachois,& le ton aſſuré d'un Européen, qui porte une épée au côté, ouune canne à la main, ſuffit pour leur faire oublier les ordres les plus exprèsde leurs Supérieurs. Lopinion de la Mêétempſycoſe, qui leur inſpire Phor-reur du ſang, ſert encore à leur öter le courage. Dans les Guerres qu'ils ontavec leurs voiſins, ils ne penſent qu'à faire des Eſclaves. Si les Peguans,par exemple, entrent d'un côté ſur les terres de Siam, les Siamois entrentpar un autre endroit ſur celles du Pegu,& les deux partis enleveront desVillages entiers pour Feſclavage.

S1 les Armées ſe rencontrent, elles ne tirent pas directement l'une ſurlautre. Uge eſpêce de convention, qui n'a ſon principe que dans leur là-cheté mutuélle, les porte toũjours à tirer plus haut. Cependant comme ons'efforce des deux côtés, de faire retomber ces coups perdus ſur Pennemi,celui des deux partis qui ſent le premier cette pluye de balles, ne tardegueres à prendre la fuite. Lorſqu'il eſt queſtion d'arréter des Troupes qui-viennent ſur eux, ils tirent plus bas qu'il ne faut, pour rendre leurs enne-mis reſponfables de leur propre mort, s'ils s'approchent juſqu'à pouvoirétre tués.

Ox apprit à la Loubere un fait qu'il croit certain, quoiqu'il ne ſoit pasſurpris qu'on puiſſe le trouver incroyable(r). Un Provengçal, nommé Cy-prien, qui étoit encore au ſervice de la Compagnie Françoiſe à Surate, a-voit ſervi dans les Armées du Roi de Siam en qualité de Canonnier. Com-me, on lui défendoit de tirer droit, il ne doutoit pas que le Général Siamoisne trahit ſon Mattre. Dans une Guerre contre le Roi de Singor, ſur laCòôte occidentale du Royaume de Siam, il ſe laſſa de voir deux Armées enpréſence, qui ſembloient ſe reſpecter mutuéllement, ou manquer de har-dieſſe pour commencer v'attaque. II ſe détermina, pendant la nuit, à paſ-ſer ſeul au Camp ennemi, pour enlever le Roi de Singor dans ſa Tente.Cette témérité fut ſi heureufe, qu'ayant pris effectivement le Prince,&rayant mené au Général Siamois, il termina une Guerre qui duroit depuis

plus

(4) ITbid. pag. 268& précédentes.(r) Fid. pag. 274.XII. Part. D d

DEgsckrrIoNDU RovAuUMEDE SlIAM.

Guerre&Milice desSiamois.

Ce qui leurôte le coura-

ge.

Leur con-duite dans lesBatailles.

Avantureextraordinai-re d'un Pro-vengçal.