DrschFrrIoNDU RovAUMEDE SIAM.
Educationdes Siamois.
Ils commen-cent tous parEtre Tala-poins.
Leurs pre-mières étu-des.
LanguesBalie& Sia-moiſe.
4 Difficultésle la LangueSiamoiſe. 8c
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12 VOYAGES DANS L E
& de ſe borner à la ſupercherie pour faire des priſes. Avec ce petit nom-bre de Vaiſſeaux, il a cinquante ou ſoixante Galéres, dont les ancres ſontde bois. Ce ne ſont que des bateaux médiocres,& d'un ſeul pont, quiportent environ ſoixante hommes, Rameurs ou Soldats. Ces hommes ſeprennent par corvées, comme pour les autres ſervices de TEtat. Chacuna ſa rame, qu'il eſt obligé de manier debout, parce qu'étant fort courte,ſi on ne la tenoit preſque toute droite, elle n'atteindroit pas à l'eau. LesGalères de Siam ne s'cloignent jamais des Cotes du Golfe(y).
(y) Tachard, ſecond Voyage. La Loubere, pag. 281& précédentes.
9. I1.Education, Langue, Sciences& Exercices des Siamois.
ES enfans des Siamois ont naturellement de la docilité& de la dou-¹ ceur. On leur inſpire, des le premier àge, une extréme politeſſe.D'autorité deſpotique des Pères ſert beaucoup au ſuccès de ces legons. Auſſiles parens répondent-ils au Prince, des fautes de leurs enfans. IIs ont partà leur chätiment;& la Loi les oblige de les livrer lorſqu'ils ſont coupables.Un fils qui a pris la fuite, après avoir mérité d'etre puni, ne manque ja-mais de revenir& de ſe livrer lui-même, auſſi-tt que la colère ou la juſti-ce du Prince tourne contre ſon Pêre ou ſfa Mère; ou même contre ſes pa-rens plus éloignés, lorſqu'ils ſont plus àgés que lui.
A Page de ſept ou huit ans, on met les Enfans dans un Couvent de Ta-lapoins, dont on leur fait prendre l'babit; C'eſt une profefſion qu'ils ſonttocjours libres de quitter ſans honte. Ces petits Momes Siamois portentle nom de Nen. IIs regoivent chaque jour de leur famille tout ce qui eſtnéceſfaire à leur nourriture;& ceux qui ſont diſtingués par leur naiſfance,ou par leur fortune, ont un ou deux eſclaves pour les ſervir.
Ox leur montre d'abord àlire, à écrire& à compter, parceque rien n'eſtplus néceſſaire à des Marchands,& qu'il n'y a point de Siamois qui ne faſ-fe quelque Commerce. On leur enſeigne les principes de la Religion& dela Morale, en leur faiſant apprendre la Langue Balie, qui eſt celle de leurReligion& de leurs Loix. Cette Langue a quelque reſſemblance avec unDialecte particulier du Coromandel; mais ſes lettres ne ſont connuẽès qu'àSiam. Elle s'écrit de la gauche à la droite, comme les Langues de IEu-rope. Il en eſt de même du Siamois vulgaire: en quoi Pune& P'autre diffé-rent de la plüpart des Langues Aſfiatiques, qui s'Ecrivent de la droite à lagauche,& de celle des Chinois, qui conduiſent la ligne de haut en bas,& qui, dans Parrangement des lignes d'une méême page;, mettent la pre-miere à droite,& les autres de ſaühc⸗ vers la gauche. D'ailleurs la Lan-
ue Siamoiſe tient beaucoup de celle de la Chine, par le grand nombrege ſes accens,& parcequ'elle eſt preſqu'uniquement compoſée de mono-
ſyllables.
Lr Siamois& le Bali ont un Alphabet de peu de lettres, dont on com-poſe des ſyllabes& des mots. Mais le Bali a ſes déclinaiſons, ſes conju-gaiſons