DesckiPrIoNDU RovxAUMEDE GIAM.
Syſtéme duMonde.
Muſique.
216 VOVAGES DANS LE
de la plus ancienne, à Poccaſion de leur origine. La plus récente ſe rap-porte à nôtre année. Ils dattent indifféremment de l'un ou l'autre de cesdeux ſtyles. Leur premier mois eſt tofjjours la Lune de Novembre oude Décembre; en quoi ils ne s'écartent pas de J'ancien ſtyle, lorſqu'ilsdattent même ſuivant le ſtyle nouveau; quoique le premier mois de Pan-née, fuivant ce nouveau ſtyle, ſoit ou le cinquiéme ou le ſixiéme del'ancien.
D'AIEELEURS, ils n'entendent rien au ſyſtéme du Monde, parce qu'ilsne favent rien par principe. IIs croyent, comme les autres Peuples de'Orient, que les Eclipſes arrivent par la malignité d'un Dragon, qui dé-vore le Soleil& la Lune(†). IIs font un bruit terrible de poëles& dechaudrons, pour chaſſer ce pernicieux animal. Ils croyent que la Terreeſt quarrée,& que le Ciel porte deſſus par ſes extrémités, comme unevoute, ou comme ces cloches de verre dont on couvre les plantes dansun Jardin. IIs aſſurent qu'elle eſt diviſée en quatre Parties habitables, ſé-parées entr'clles par des Mers, qui en font quatre Mondes différens. IIsſuppoſent au milieu de ces quatre Mondes une trés-haute montagne pyra-midale, de quatre faces égales;& depuis la ſurface de la Terre ou de laMer juſqu'au ſommet de cette montagne, qui touche, diſent-ils, aux E-toiles, ils comptent quatre-vingt quatre mille Jods, qui ſont une meſure, cha-cun d'environ huit mille toiſes. ü comptent autant de Jods, depuis la fur-face de la Mer juſqu'aux fondemens de la montagne;& le même nombre,depuis chaque face de cette montagne, juſqu'à chacun des quatre Mondes.Le nôtre, qu'ils appellent Tcbiampion, eſt au Midi de la montagne. LeSoleil, la Lune& les Etoiles, tournent ſans ceſſe autour d'elle;& de-làvient la ſucceſſion des jours& des nuits. Au-deſſus eſt un Ciel qu ils nom-ment Intratiracha, ſurmonté par le Ciel des Anges. La Loubere, qui ſe fitexpliquer cette fabuleuſe Coſmographie, ajoùte que ſi d'autres Voyageursla rapportent autrement, il ne faut pas plus admirer la variété des opinionsSiamoifes ſur un ſujet qu'ils entendent ſi mal, que celle de nos ſyſtemesd' Aſtronomie que nous croyons entendre(g).
LàA Muſique eſt en honnéur à Siam, mais ſans méthode& ſans princi-pes. Les Siamois font des airs, qu'ils ne ſavent pas noter. IIs mont nitremblement ni cadence, non plus que les Caſtillans; mais ils chantent quel-quefois comme nous, ſans paroles; ce qui parott fort étrange en Caſtille.K la place des paroles, ils ne diſent que Noi, not, comme nous Ta la la la,&c. Le Roi de Siam ayant entendu, ſans ſe montrer, pluſieurs airs de vio-lon Frangois, n'en trouva pas le mouvement aſſez grave. Cependant la
Loubere
diviſions, le ſecret de trouver le lieu desPlanétes, à-peu-près comme nous trouvons1'Epacte de chaque année, en ajoũtant onzeà' Epacte de l'année précédente. La Lou-bere donna au célèbre Cafſini, Directeur de
1'Obſervatoire de Paris, la manière Siamoiſe
de trouver le lieu du Soleil& celui de laLune, par un calcul dont le fondement eſtpris de la ſeconde Epoque Siamoiſe;& ce
grand Aſtronome a déeveloppé tout ce qui re-garde un ſujet ſi difficile.
(†) Voyez la première Relation du PèreTachard. Cette idée a peut- être ſa ſourcedans le langage métaphorique des Aftrono-mes, qui diſent que les Eclipſes ſe font dansla téte& dans la queue du Dragon.
(&) Uhbi- ſup. pag. 200.