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Tome douzième.
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ROYAUME DE SIA M, Lrv. II. 217

Leubere obſerve que les Siamois n'ont rien de fort grave dans leurs chants;& que dans la marche méême du Roi, les airs de leurs inſtrumens ſont aſ-ſez vifs(L). 1b

IEs ne connoiſſent pas plus que les Chinois la variété des chants, pourles diverſes parties, ou plutòôt ils n'ont aucune diverſité de parties, puiſ-qu'ils chantent tous à Funiſſon. Si l'on diſtingue dans quelques-uns de leursinſtrumens, une apparence de muſique réguliere, il faut ſuppoſer qu'ils lestiennent des Etrangers. Les principaux ſont de petits rebecs ou violons àtrois cordes, qu'ils appellent Iro,& des haut- bois fort aigres, qu'ils nom-ment Pi. IIs les accompagnent du ſon de quelques baſſins de cuivre, ſurchacun deſquels on frappe un coup, à certains tems de chaque meſure.Ces baſſins ſont ſuſpendus, par un cordon, à une perche poſée en traversſur deux fourches;& la baguette, qui ſert à frapper, eſt un bàton de boisaſſez court. IIs méelent à ces ſons, celui de deux eſpêces de tambour,qu' ils nomment Tvunpounpan& Tapon. Le bois du premier reſſemble, pourla grandeur, à celui de nos tambours de baſque; mais il eſt garni de peaudes deux côtés, comme un véritable tambour;& de chaque côté du boispend une balle de plomb, au bout d'un cordon. Le bois du tlounpounpaneſt traverſé par un bàton, qui lui ſert de manche,& par lequel on letient. On roule ce manche entre les mains, comme le bàton d'une cho-colatiére;&, par ce mouvement, les balles qui pendent de chaque côtéfrappent ſur les deux peaux. La figure du tapon eſt celle d'un barril. Onle porte pendu au cou, par un cordon;& des deux còôtés on bat fur lespeaux à coups de poing.

Ux autre inſtrument qui ſe nomme Pat-cong, eſt compoſé de timbres,placés de ſuite, chacun ſur un bàton court& planté ſur une demie cir-conférence de bois, de la forme des gentes d'une petite roue de caroſſe.Celui qui joue eſt aſſis au centre de la circonférence, les jambes croiſées.II frappe les timbres avec deux bâtons, dont il tient l'un de la main droi-te,& Pautre de la gauche. IL. étendue de cet inſtrument eſt d'une quinteredoublée. Mais il ma point de demi-tons, ni rien qui étouffe le ſon d'untimbre, lorſqu'on en frappe un autre. C'étoit le bruit de tous ces inſtru-mens enſemble, que le Pêre Tachard ne trouvoit pas ſans agrément fur laRiviere. 8

LA voix eſt accompagnée du ſon de deux batons fort courts, qui s'ap-pellent Crab,& qu'on frappe l'un contre rautre. Le Peuple accompagneauſſi ſes chants, ſur-tout le ſoir, dans les cours des maiſons, d'une eſpècede tambour qui ſe nomme Cbong. On le tient de la main gauche, pour lefrapper de tems en tems, du poing de la droite. C'eſt une bouteille deterre, qui au lieu de fond eſt garnié d'une peau, attachée au goulet avecdivers cordons. Les Siamois font paſſionnés pour nos trompettes. Cellesdu Pays ſont petites& d'un ſon trés-aigre. Leurs vrais tambours, quoi-que plus petits que les nêtres, ne ſe portent point pendus à Pépaule. Onles poſe für une des peaux& l'on bat ſur Pautre(i).

LEs

(b) Tbid. pag. 208.(i) Ibid. pag. 210,XII. Part. Ee

DzgschiprroxDu RovAbnrDE SIAM.

Accom-pagnemensde la voix.