Band 
Tome douzième.
Seite
222
JPEG-Download
 

DrschiprroxDo RovxAuMzEDE SIAM.

Succeſſions.

Propriẽtés.

Puiſſancedu Mari gansſa famille.

Sageſſe desfemmes Sia-moiſes.

222 VOXAGES DANS L. E

ge eſt défendu à Siam dans les premiers degrés de parenté, où les couſinsgermains ne ſont pas compris. A P'égard des degrés d'alliance, un hommepeut épouſer ſucceſſivement les deux ſœurs, mais les Rois de Siam ſe diſf-penſent de cette régle. Celui qui rêgnoit pendant les Voyages dont on adonné la relation, avoit époufé la Princeſſe ſa ſœur. IIl en avoit une filleunique, qui portoit le titre de Princeſſe Reine depuis la mort de ſa Mere;& la Loubere, moins timide à juger que l'Abbé de Choiſy(½), paroit per-ſuadé qu'il en avoit fait auſſi ſa Femme ou ſa Mattreſſe.

DANs les familles particulières, la ſucceſſion appartient entiéerement à lafemme principale,& ſe diviſe enſuite à portions égales entre ſes enfans.Les petites femmes& leurs enfans peuvent êetre vendus par Phéeritier légi-time,& ne poſſédent que ce qu'ils regoivent de lui, ou ce que le Pêre leur adonné avant ſa mort; car Puſage des Teſtamens eſt ignoré à Siam. Les fil-les nées des petites femmes font vendues, pour devenir petites femmescomme leurs meères.

LEs principales richeſſes des Siamois conſiſtent en meubles; ils achétentrarement des terres, parce qu'ils n'en peuvent acquérir la pleine propriété.Quoique la Loi du Pays les rende héréditaires dans les familles,& qu'elledonne aux particuliers le droit de ſe les vendre entr'eux, un droit ſupérieurqui étend ſe domaine du Souverain ſur toutes les poſſeſſions de ſes Sujets,aſfure tonjours au Roi le pouvoir de reprendre les terres mêemes qu'il a ven-dues. Comme rien n'eſt excepté de ce droit tirannique, les particuliers dé-robent ſoigneuſement leurs méubles à la connoiſſance de leur Maitre. Cetteraiſon leur fait rechercher les diamans, qui ſont un meuble aiſé à cacher.Quelques Seigneurs Siamois donnent en mourant une partie de leur bien auRoi, pour aſſurer le reſte à leurs enfans.

Mais la puiſſance du Mari eſt abſolue dans ſa famille. Elle s'étend juſ=qu'au droit de vendre ſes enfans& ſes femmes, à lexception de la prin-cipale qu'il peut ſeulement répudier. II eſt naturellement le mattre du di-vorce. Cependant, il ne le refuſe gueres à ſa femme, lorfqu'elle s'obſtineà le deſirer. II Iui rend ſa dot,& leurs enfans ſe partagent entr'eux danscet ordre: la mére a le premier, le troiſieme,& tous les autres impairs.Le père prend le ſecond, le quatrièéme,& les autres dans le rang pair; de-ſorte que ſi le nombre total eſt impair, il en reſte un de plus à la mêre. Uneveuve hérite du pouvoir de ſon mari, avec cette reſtriction, qu'elle ne peutvendre les enfans du rang pair: les parens du pere s'y oppoſent: mais aprèsle divorce, le pêre& la mère font libres de vendre les enfans qui leur fontdemeurés en partage, dans l'ordre établi par la Loi(c).

LADULTERE eſft rare à Siam; moins parceque le droit des maris eſt detuer leurs femmes, s'ils les ſurprennent dans le crime, ou de les vendre s'ilspeuvent les en convaincre, que par un effet naturel du genre de vie desfemmes, qui ne ſont corrompues ni par l'oiſiveté, ni par le luxe de la tableou des habits, ni par le jeu& les ſpectacles. Pendant les corvées de leursmaris, qui durent ſix mois, elles les nourriſſent de leur travail. Elles n'ontFuſage d'aucun jeu. Elles ne regoivent aucune viſite d'homme. Les ſpec-

tacles

(b) Tbid. pag. 259.(e) Fid. pag. 167& précédentes.