Band 
Tome douzième.
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DuscatprIroNDU RovrAUbMEDE SIAM.Courſe de

bœufs.

Paſſion desSiamois pourle jeu.

IIs ſontgrands fu-meurs de ta-bac.

Gia VvOYAGES DANS L E

gantelet,& des anncaux de cuivre que ceux de Laos employent dans lesméemes combats(g).

LʒX courſe des Balons eſt un de ces ſpectacles, dont on a laiſſé la deſcrip-tion au Pêre Tachard. Celle des bœufs eſt extrémement ſinguliéere. Onmarque un eſpace quarré, d'environ cinq cens toiſes de longueur, ſur deuxde large, avec quatre trones qu'on plante aux coins pour ſervir de bornes.C'eſt autour de ces bornes que ſe fait la courſe. Au milieu de'eſpace, onEleve un échaffaut pour les juges;& pour marquer plus préciſément lecentre, qui eſt le point d'ouù les bœufs doivent partir, on y plante un po-teau fort élevé. Quelquefois, ce n'eſt qu'un bœuf, qui court contre un au-tre bœuf, conduits run& Pautre par deux hommes qui courent à pied,&qui les tiennent par un cordon paſſé dans leurs nazeaux. D'autres hom-mes, placés d'eſpace en eſpace, relayent fort habilement ceux qui cou-rent. Mais, plus ſouvent, c'eſt une paire de bœufs, attelés à une charrue,qui court contre une autre paire de bœufs attelés. Les deux paires ſontconduites aufſi par des hommes: mais il faut qu'en même-tems chaque char-rue ſoit ſotenue en Pair par un autre homme courant,& que jamais ellene touche à terre. Ceux qui ſoütiennent les charrues ont des ſucceſſeursqui les relayent aufſi.

QuorQus les charrues courent toutes deux de même ſens, tournanttonjours à droite autour de l'eſpace, elles ne partent pas du même lieu.L'une part d'un côté de échaffaut;& l'autre, du cêté oppoſé, pour cou-rir mutuellement l'unc après autre; de-ſorte qu'en commengant leur cour-ſe, elles font dloignées l'une de autre de la moitié d'un tour, ou de lamoitié de l'eſpace qu'elles doivent parcourir. Elles tournent ainſi pluſieursfois autour des quatre bornes, juſqu'à-ce que l'une arrive à la queue de l'au-tre. Les Spectateurs bordent le lieu du ſpectacle. Ces courſes donnentſouvent lieu à des paris conſidérables; ſur-tout entre les Seigneurs, qui fontnourrir& dreſſer, pour cet exercice, de petits bœufs bien taillées. On em-ploye auffi des bufles au-lieu de bœufs(5).

LEs Siamois aiment le jeu juſqu'à rifquer leurs biens& leur liberté, oucelle de leurs enfans, pour ſatisfaire cette paſſion. IIs préfèrent à tous lesautres jeux, celui du trictrac, qu'ils jouent comme nous,& qu’'ils ontpeut-gtre appris des Portugais. IIs jouent aux échets, non-ſeulement àljeur maniere, qui eſt celle des Chinois(i), mais à celle de l'Europe, dontpluſieurs de nos Ecrivains attribuent effectivement Porigine aux Orientaux.Uls ont divers jeux de haſard, entre leſquels la Loubere ne vit point decartes.

Ln tabac pris en fumée, eſt un amuſement ſi familier aux Siamois, queles femmes du premier rang n'y font pas moins accoutumées que les hom-mes. IIs en font peu d'uſage en poudre. Quoique leur Pays en fourniſſeabondamment, ils en tirent de Manille& de la Chine, qu'’ils fument ſansaucun adouciſfement; tandis que les Chinois& les Mores ſe croyent obli-

gés(g) Ibidem. 8 chiquier Chinois,& l'explication du jeu, Tom.(5) Lbid. pag. 151& 152. II. pag. 97. II a beaucoup de rapport avec(i) La Loubere donne la figure d'un E- le noôtre, quoiqu’ il ne ſoit pas le même,