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Tome douzième.
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DesckiprIoNDU RovrvAbMEDER SIAM.

Garde deparade.

Garde àcheval deMeen& deLaos.

Garde àcheval étran-gere.

232 VONXAO ES DANS LE

voit toüjours un petit nombre de Soldats accroupis& deſarmés, du nom-bre de ces Kenlai ou Bras-peints, dont on a déja rapporté les principalesfonctions. L Officier qui les commande immédiatement,& qui eſt Bras-peint lui-même, ſe nomme Oncarac. Lui& ſes gens ſont les Exécuteursde la Juſtice du Roi; comme les Officiers& les Soldats des Cohortes Pré-toriennes l'étoient de celle des Empereurs Romains. Mais ils ne laiſſentpas de veiller en même-tems à la füreté du Monarque. On garde, dansune Chambre du Palais, de quoi les armer au beſoin. Ils rament le Balondu corps,& le Roi n'a point d'autre Garde à pied. Leur office eſt héré-ditaire, comme tous les emplois du Royaume;& P'ancienne loi borne leurnombre à ſix cens(L).

DAs les jours de cérémonie, le Roi fait mettre ſes Eſclaves ſous lesarmes;& s'ils ne fuffiſent pas, on arme ceux des principaux Officiers de'Etat. On leur donne des chemiſes de mouſſeline, teintes en rouge, desmoufquets, des arcs, ou des lances,& des pots en téte, de bois doré.Anciennement, les Rois de Siam avoient une Garde de ſix cens Japonois.Mais la valeur Japonoiſe faiſant trembler tout le Royaume, un Roi, quis'étoit ſervi d'eux pour uſurper la Couronne, trouva le moyen de s'en dé-faire, par adreſſe, plutôt que par force.

IAA Garde à cheval du Roi de Siam eſt compoſée d'Etrangers, la plüpartde Laos,& d'un autre Pays voiſin, dont la Capitale ſe nomme Meen. Com-me ils le ſervent par corvées, il rend cette Garde auſſi nombreuſe, qu'ilveut y employer de chevaux. Le Commandant de cette troupe, à maindroite, étoit Oc-Coune Ran-Patchi, dont on a vnũ le fils, en France, ap-prendre pendant quelques années, à Trianon, Part de conduire les jets-d'eau-& les fontaines. La Garde, à main gauche, étoit commandée par un autreScigneur, ſous le titre d'Oc-Coune Pipitcharatcha: mais au-deſſus de cesdeuxX Officiers, l'Oc-yà Lao commande la Garde des Laos,& Oc-)à Meencelle des Meen. La Loubere fait remarquer que cet Oc-yà Meen eſt dif-férent de celui qui proſtitue les filles déebauchées.

OvrRE ces différens Corps, le Roi de Siam entretient une Garde étran-gère, compoſée de cent trente Mattres: mais ni eux, ni les Meen, ni lesLaos, ne font jamais la garde au Palais. On les avertit, pour accom-pagner le Roi lorſqu’'il doit fortir;& leurs fonctions appartiennent au ſfer-vice extérieur du Palais.

CErTrE Garde étrangère conſiſte premiérement en deux Compagnies,chacune de trente Mores, originaires ou natifs des Etats du Mogol, tousgens de bonne mine, mais qui paſſent pour manquer de courage: Secon-dement; une Compagnie de vingt Tartares Chinois, armés d'arcs& defléches, redoutés pour leur bravoure: Troiſiémement; deux Compagnies,chacune de vingt-cinq hommes, véritables Indiens, vêtus à la Moreéeſque,qui ſe nomment Rasbours ou Ragibouts,& qui ſe picquent tous de deſcen-dre de Race Royale. Leur courage eſt célébre, quoiqu'il ne ſoit que!'effetordinaire de l'Opium. Lz

(5b) Celà doit apparemment s'entendre Royaume, puiſqu'un grand nombre d ˙Off-pour le Palais ſeulement; car il en faudroit ciers ont aufſi les leurs. Voyez ci- deſſus.bien davantage dans toute l'étendue du R. d. E.