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Tome douzième.
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DeschrPrIoNDU RovAUMEDE SIAM.

Commercepermis auPeuple.

Revenus duRoi de Siamen argent.

238 vOYAGES DANS L. E

Il les répand dans un grand nombre de Magaſins qu'il entretient dans lesProvinces. Autrefois les Rois de Siam n'y envoyoient les proviſions detoiles, que de dix en dix ans;& dans une quantité modérée, qui laiſſoitaux particuliers la liberté de faire le meme Commerce, auffi-tòt que les Ma-gaſins royaux étoient épuiſés. Aujourd'hui, la Cour en fournit ſans cefſe,& toüjours plus qu'on ne peut en débiter. Il arrive quelquefois, que pouren vendre davantage, le Roi force ſes Sujets d'habiller les enfans avantpàge établi. Juſqu'au tems odù les Hollandois ont pénétré dans le Royau-me de Laos,& dans d'autres Etats voiſins, le Roi de Siam y faiſoit tout leCommerce des toiles, avec un profit conſidérable.

CErTTrE eſpéèce de métal, qui ſe nomme Calin, appartient uniquement àla Couronne, à l'exception de celui qu'on tire des mines de Jonſalam, furle Golfe de Bengale. C'eſt une frontière éloignée, ouù les Habitans jouiſ-ſent de leurs anciens droits ſur les mines, en payant au Prince un legertribut.

Tovur l'yvoire vient au Roi. Ses Sujets ſont obligés de lui vendre ce-lui qu'ils n'employent point à leurs propres uſages, les Etrangers n'enpeuvent acheter qu'à ſon Magaſin. Le Commerce du ſalpéêtre, du plomb& du ſapan eſt encore un droit royal.

LAREKA, dont il fort une quantité conſidérable hors du Royaume, nepeut être vendu aux Etrangers que par le Roi. Qutre celui qu'il tire de ſesrevenus particuliers, il en achéte de ſes Sujets.

Lrs marchandiſes de contrebande, tellès que le fouffre, la poudre& lesarmes, nc pcuvent ſe vendre& o'aclicteor, à Giam, qulau profit du Roi&dans ſon Magaſin. Ce Prince s'eſt engagé, par un traité avec les Hollan-dois, à leur vendre toutes les peaux de bêtes(p): mais ſes Sujets en dé-tournent beaucoup, que les Hollandois achétent d'eux à meilleur prix.

Lr reſte du Commerce eſt permis à tous les Siamois: c'eſt-à-dire, qu'ilsvendent librement du riz, du poiſſon, du ſel, du fucre noir,& candi, deDambre gris, du fer, du cuivre, de la cire, de la gomme dont on fait levernis, de la nacre de perles, de ces nids d'oiſeaux qui ſervent à la bonnechere,& qui viennent du Tonquin& de la Cochinchine; de la gommegutte, de l'encens, de l'huile, du coco, du cotton, de la canelle, du ne-nuphar, de la caſſe, des tamarins,& d'autres productions, domeſtiquesou étrangères. Chacun a la liberté de faire& de vendre du ſel,& celled'exercer la péche& la chaſſe, avec des reſtrictions de police, qui défen-dent les méthodes ruineuſes.

LE Voyageur, à qui l'on doit ces curieuſes recherches, ajoũte que leRoi de Siam n'a jamais été bien payé de ſes revenus dans les terres éloignéesde la Cour. On raconte que Pargent comptant qu'il tiroit autrefois de ſesDomaines montoit à douze cens mille livres,& qu'à préſent il n'en tire pasmoins de deux millions. Détail incertaim, ſuivant la Loubere, qui hreſeulement que ſous le dernier réegne, les revenus de la Couronne de Siam é-toient augmentés d'un million(7).

(b) Les peaux de rayes de Siam ſont ſur- grandeur& de leur forme. R. d. E.tout fort eſtimées. Elles different conſidé-(4) La Loubere, ubi ſup. pag. 288&rablement de prix, à proportion de leur précédentes.—§. VI.