DU
Préceptesde ſa Loi.
Funérailles.
252² VOAGES DANSL E
trait,& qu'on lui rendit ſans ceſſe, dans ces images
ges, les honneurs düs à
ſa Divinité(àL).
TouvrE ſfa Loi eſt compriſe, comme la nêôtre, dans dix préceptes(α),mais beaucoup plus ſévêres. Les circonſtances& la néceſſité même n'ex-cuſent pas le péché. Pluſieurs artieles, qui ne ſont parmi nous que de per-fection& de conſeil, paſſent chez les Siamois pour des commandemens in-diſpenſables. L'uſage de toute liqueur capable d'enyvrer, leur eſt inter-dit. Le vin ne leur eſt pas permis dans leurs plus preſſans beſoins. IIsne peuvent tuer aucun animal. IIs ont des préceptes de netteté& de bien-ſéance, qu'ils ne reſpectent pas moins que ceux de la vertu.
SANsS vœu, ſans aucun lien qui attache les Talapoins à leur condition,ils font aſſujettis au plus rigoureux joug de Pobéiſſance& de la chaſteté. LaLoubere y a joint meme celui de la pauvreté; car il leur eſt défendu d'a-voir plus d'un vétement,& d'en avoir de précieux; de garder aucun ali-ment du ſoir au lendemain; de toucher à l'or ni à l'argent,& d'en déſirer.Mais comme ils ſont todjours libres d'abandonner leur profeſſion, ils ontFart, en menant une vie pauvre& règlée, d'amaſſer dequoi vivre lorſ-qu'ils abandonneront leur état(d).
PAsSSoRNs aux funérailles des Siamois. Auſſi-tôt qu'un Malade a rendule dernier ſoupir, on enferme ſon corps dans une biére de bois, dont onfait vernir, ou même dorer le dehors. Mais comme les vernis de Siam,moins bons que ceux de la Chine, n'empéchent pas toüjours que'odeurdu corps ne ſe faſſe ſentir par les fentes, on s'efforce de conſumer les in-
teſtins du Mort avec du mercure qu'on lui verſe dans la bouche.riches ont des biêres de plomb, qu'ils font aufſi dorer.
Les plusLa biêre eſt placée
avec reſpect ſur quelque choſe d'élevé, tel qu'un bois de lit ſoũtenu par
(b) On met ordinairement à cêté de ſaſtatue, dans les Temples, celles de deux deſes principaux Diſciples, un à main droite,& Pautre à gauche, mais leurs ſtatues ſontmoindres que la ſienne. Celui de la droiteſe nomme Pra Magla;& celui de la gauche,Pra Saribout. Derrière ces trois ſtatues& ſurle méme Autel, il y en a toüjours quelquesautres, qui ne repréſentent que les Officiersde l'intérieur du Palais de Sommono-kho-dom. Les galeries, en forme de Cloitre,qui ſont quelquefois autour des Temples,eontiennent les ſtatues de ſes autres Officiersdu dehors. A l'égard des ſtatues monſtrueu-ſes, ſoit par leur grandeur ou par leur for-me, elles repréſentent différens Dieug qui-ont été contemporains de Sommono- kho-dom, ou qui l'ont précédé,& dont quel-ques- uns, tels que Pra Ariaſeria, ont eujuſqu'à quarante braſſes de haut. La Loubere,pag. 416& 418.
(c) Les dix préceptes regardent particu-liérement les Talapoins. Tachard en met huitprincipaux pour les Laiques: 10. AdorerDieu& ſa parole,& ceux qui imitent ſes
des
vertus. 20. Ne pas voler. 3°. Ne pas boirede vin, ni aucune liqueur qui enyvre. 40.Ne pas mentir& ne tromper perſonne. 5°. Nepas tuer d'bommes ni d'animaux. 60. Ne pascommettre d'adultére. 7⁰. Jeüner les joursde fête. 8°. Ne pas travailler les mêmes jours.Pag. 312. La Loubere réduit les préceptes àcinq, qui ſont dit- il, à-peu- près les mèmesdans tous les Cantons des Indes: 19. Ne rientuer. 20. Ne rien dérober. 3°. Ne commet-tre aucune impureté. 40⁰. Ne pas mentir. 5°.Ne pas boire de liqueur qui enyvre. IIajonte que la perfection de la loi n'eſt quepour les Talapoins; non que perſonne puiſ-ſe la violer ſans péché, mais parceque leurétat eſt plus parfait en lui méẽme. Un Ta-lapoin péche, ſi en marchant dans les ruesil n'a pas ſes ſfens recueillis. II péche, s'il ſeméle d'affaires d'Etat, s'il touſſe pour s'atti-rer les regards d'une femme, ou s'il en de-ſire quelqu'une, s'il uſe de parfums, ou s'itſe pare avec trop de ſoin,&c. ubi ſup. pag.381& 391.(2) Lbidem. pag. 301.