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Tome douzième.
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Dzschmrlo-Do RovAuME.DE SGlAM.

Il n'eſt querêti,& l'onenterre lesreftes.

Sepulture.

Le deuil eſtvolontaire.

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ne conſume entiérement le corps. Il ne fait que le rôtir;& ſouvent fortmal. Les reſtes ſont renfermés dans la bieère,& dépoſés ſous une des Py-ramides qu'on voit autour des Temples(K). Quelquefois on y enterre, a-vec le Mort, des pierreries& d'autres richeſſes, dans la confiance qu'on apour des lieux que la Religion rend inviolables(7). Ceux qui m'ont ni Tem-ple ni Pyramide, gardent quelquefois chez eux les reſtes mal bruülés de leursparens. Mais on voit peu de Siamois, afſez riches pour bätir un Temple,qui m'employent quelque partie de leur bien à cet établiſſement,& qui m-yenfouiſſent les richeſſes qui leur reſtent(m). Les plus pauvres font fairéau moins quelque Idole, qu'ils donnent aux Temples déja bàtis. Si leurpauvreté va juſqu'à ne pouvoir brüler leurs parens, ils les enterrent, avecje ſecours des Talapoins; mais comme ces Religieux ne marchent jamaisſans ſalaire, ceux qui n'ont pas même dequoi les payer, expoſent le corpsde leurs proches dans quelque lieu éminent, pour ſervir de pàture aux oi-ſeaux de proye.

IE arrive quelquefois qu'un Siamois, élevé en dignité, fait deterrer le corpsde ſon pêre, quoique mort depuis long-tems, pour lui faire de magnifiquesfunérailles, ſi celles qu'on lui a faites, au tems de ſa mort, n'étoient pasdignes de Pélévation préſente de ſa famille. On a déja remarqué que dansles maladies épidémiques, l'uſage eſt d'enterrer les Corps ſans les brüler,mais qu'on les déterre quelques années apres pour leur rendre cet honneur.La Loi défend de brüler ceux que la Juſtice condamne à mourir, les enfansmorts-nés, les femmes qui meurent en couche, ceux qui périſſent par l'eau,ou par quelque déſaſtre extraodinaire, tel que la foudre. Les Siamois met-tent ces malheureux au rang des coupables, parceque dans leurs principesil ne peut arriver de malheur à'innocence.

LrE deuil m'eſt pas forcé à Siam. Chacun a la liberté d'en rêgler les mar-ques fur le ſentiment de ſa douleur. Auſſi voit-on plus ſouvent les pêres&les mêres en deuil, pour la mort de leurs enfans, que les enfans pour cellede leurs pêéres. Quelquefois un pére& une mère embraſſent la vie reli-gieuſe, après avoir perdu ce qui les attachoit au Monde, ou ſe raſent dumoins la téte l'un à autre; car il n'y a que les véritables Talapoins quipuiſſent ſe raſer auſſi les ſourcils. On ne lit dans aucun Voyageur,& tou-tes les recherches de la Loubere n'ont pü lui faire découvrir, que les Sia-mois invoquent leurs parens morts. Mais ils ſe croyent ſouvent tourmen-tés par leurs apparitions. La crainte, plutòêt que la piété, les porte alorsà porter près de leurs tombeaux, des viandes que les animaux mangent; ouà faire pour eux, des libéralités aux Talapoins, qui leur préchent que Pau-moône rachéte les péchés des morts& des vivans.

(k) Ces Pyramides ſe nomment P/fa fer, qui lioient quelques pierres d'un Tem-

Icbiaidi, qui ſignifie contentement ou reposſacré. Elles ne font accompagnées d'aucu-ne épitaphe,& celles qui durent le plus nevont pas au-delà d'un ſiécle. La Leubere,pPag. 37 7.

(1) Cependant la Loubere aſſure que desSiamois ont demandé des limes ſourdes à desEuropéens, pour couper de groſſes barres de

ple, fous leſquelſes il y avoit de l'or caché,DPag. 377.

(m) Quelques Voyageurs prétendent queles cendres des Rois de Siam ſont jettées dansune Rivière. Les Peguans font une pate descendres de leurs Rois, avec du lait,& l'en-terrent à l'embouchure de leur fleuve, quandla Mer eſt retirée, ibid. pag. 376.

9. VII.