ROYAUME DE SIA M, Lrv. II.
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g. VII.Eiſtoire Naturelle de Siam.
Pourns les Relations s'accordent à repréſenter le Royaume de Siam
comme un Pays preſque inculte. Dans les parties qui ſont éloignéesdes Riviéres, il eſt couvert de bois. Celles qui ſont mieux arroſées,& que'inondation réguliére ſert encore plus à rendre fertiles, produiſent aſſezabondamment tout ce que le travail des Habitans leur confie. La Loubereattribue principalement leur fécondité au limon que les pluyes entrainentdes montagnes.
LEs Siamois ne connoiſſent que trois Saiſons; THiver, le petit Eté,&le grand Eté. La premièere, qui ne dure que deux mois, répond à nos moisde Décembre& de Janvier. La ſeconde eſt compoſée des trois ſuivans;& les ſept autres forment le grand Eté. Ainſi Hiver des Siamois arriveà-peu-pres au même tems que le nôtre, parce qu'ils ſont comme nous auNord de la Ligne; mais il eſt aufſi chaud que nôtre plus grand Eté. Auſſi,dans tout autre tems que celui de l'inondation, couvrent-ils toüjours lesplantes de leurs jardins contre l'ardeur du Soleil, comme nous couvronsles notres contre le froid de la nuit ou de l'Hyver. Cependant, pour lesbeſoins du corps, la diminution du chaud leur paroĩt un froid aſſez incom-mode. Le petit Eté eſt leur Printems. IIs n'ont pas d'Automne; au-lieud'un ſeul grand Eté, ils en pourroient compter deux, à l'imitation desAnciens qui ont parlé des Indes; puiſque deux fois Pannée, ils ont le So-leil perpendiculairement ſur leurs tétes(a)
LHIVER eſt ſec à Siam,&'Eté pluvieux. Combien de fois a-t'on re-marqué que la Zone torride ſeroit ſans doute inhabitable, ſi le Soleil n'yentrainoit toũjours aprés lui des nuages& des pluyes,& ſi le vent n'y ſou-floit fans ceſſe de vun des Poles, quand le Soleil eſt vers Pautre. Ainſi,dans le Royaume de Siam, le Soleil étant, pendant l'Hiver, au Midi de la Li-gne, ou vers le Pole antarctique, les vents du Nord rêgnent toũjours,&tempérent J'air juſqu'à le rafraichir ſenſiblement. Au contraire, pendant'Eté, lorſque le Soleil eſt au Nord de la Ligne,& directement ſur la téetedes Siamois, les vents du Midi, dont le ſoufle ne ceſſe point, y cauſentdes pluyes continuelles, ou du moins, diſpoſent toũjours Ie tems à la pluye.Ceſt cette régle conſtante des vents, que les Portugais ont nommé Mou-gaos,& que nos gens de Mer appellent Mougons après eux(5b). Les ventsdu Nord empéchent les Vaiſſeaux, pendant ſix mois, d'arriver à la Barrede Siam;& ceux du Midi les empéchent pendant ſix mois d'en ſortir(c).
LEslotes. Nous éprouvons, dit- il, ſur nosMers, que ſi les vents y ſont fort changeans,
(a) Une fois lorſqu’'il vient de la Ligneau Tropique du Cancer,& Pautre fois
quand il s'en retourne de ce Tropique versla Ligne.(b) De Mationes aeris, fuivant Oſorius(«) La Loubere donne les obfervacionsfuivantes, en faveur des Phyſiciens& des Pi-
ils changent pourtant avec cette règle preſ-qu'infaillible, de ne palſer du Nord au Mi-di que par le Levant,& du Midi au Nordque par le Couchant; ni du Levant au Cou-chant que par le Midi,& du Couchant au
Levant que par le Nord. Ainfi le vent ſait
DEschrprrorDU RovAuUMEDE SIAM.
Qualitésgénéerales duPays.
Saiſons deSiam.
Leur varié-té,& celledes vents.