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Tome douzième.
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ROYAUME DE SIA M, Lrv. II.’

mui jette fur le dos pluſieurs ſeaux d'eau pour le rafralchir;& dans le mêmeinſtant, avec une promptitude& une adreſſe incroyable, on le lie aux troncsu coridor avec les lacets qu'il traine à ſes pieds. Enſuite on fait entrer àreculons, par l'autre porte, un maâle apprivoiſé, au cou duquel on le lieauſſi par le cou. On le détache alors des troncs, pour lui laiſſer la libertéde ſuivre'éléphant privé, qui le traine preſqu'autant qu il le conduit. Enortant, il ſe trouve entre deux autres éléphans, qu'on a placés des deuxcotés de la porte,& qui aident, comme le premier, à le mener ſous unangar voiſin, ou il eſt attaché de fort prêès, par le cou, à un gros pivot.demeure vingt-quatre heures, dans cet état. Pendant ce tems, on limene deux ou trois fois des éléphans privés, pour lui tenir compagnie.e-Ià, il ſe laiſſe conduire äſfez facilement dans la loge qu'on lui a deſtinée.

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DEsckhrpriorDU RovYhUMEDE SIAM.

On aſfura †-Auteur de ce récit, que les plus fauvages prennent leur EAtZ

ans huit jours,& s'accoutument à l'eſclavage(n). 8(O ne fera pas faché de pouvoir comparer ici la maniéere dont les Hollan-dois prennent les éléphans dans'lfle de Ceylan, ou cette chaſſe eſt fort

Et à Ceylan.

eélébre. La Figure que nous en donnons ſuffit pour s'en former une juſte

idée. Elle repréſente une enceinte triangulaire de troncs d'arbres, liés a-vec des cannes fendues, dans laquelle des milliers d'Indiens chaſſent les élé-phans fauvages des environs, en faiſant un grand tintamarre de tambours,c'armes à feu& d'autres artifices. Ces animaux, effrayés par le bruit& parla clarté des feux, viennent ſe jetter entre les deux ailes de'enceinte, eloi-guées'une de'autre d'environ quatre lieues,& lesquelles vont to0joursen retréciſſant, dans la diſtance de trois lieues, juſqu'au bout de'enclos,qui eſt garni des plus gros bois, capables de ſoũtenir toute la fureur des élé-phans. Ce n'eſt qu'apréès avoir paſſé les deux premieres barrières, dont un In-dien caché ferme auffi-tôt la porte ſur eux, qu'ils s'engagent dans cette allée,odà il en peut entrer vingt ou vingt-cinq, queue à queue. A meſure qu'ils

5 2.. 8sy avancent, on les arréte, au moyen de quelques piéces de bois poſées en

travers, par devant& par derriere chacun dée ces animaux. Enfuite on

les lie, Pun apres'autre, à deux éléphans familiers, qui les conduiſent, com-me ceux de Siam, à des piliers, ou on les attache avec de groſſes cordes,juſqu'a-ce qu'ils ſoyent apprivoiſés.] 18—

Les Siamois prétendent que les éléphans ſont ſenfibles à l'air de gran-deur; qu'ils aiment à voir autour d'eux pluſieurs valets pour les ſervir,&des femelles pour leurs mastreſſes, quoiqu'ils ne déſirent leur commerce quedans les forets, lorſqu'ils font en pleine liberté: que ſans ce faſte, ils s'af-

igent de leur condition;& que s'ils font quelque faute conſidérable, leplus rude chatiment qu'on puiſſe leur impoſer eſt de retrancher leur maiſon,de leur öter leurs femelles,& de rendre en un mot leur état moins faſtueuxqw'ils n'y etoient accoütumés. La Loubere rapporte qu'un éléphant, qu'onavoit puni par cette voye, ayant trouvé Foccaſion de ſe mettre en liberté,retourna au Palais, d'où il avoit eté chaſſé, rentra dans ſon ancienne loge,

&R rua'eléphant qu'on avoit mis à ſa place(0). ti

(n) Ibid. pag. 134& ſuiv.(⁰) Ibid. pag. 140,

Les Siamoiscroyent del'orgueil auxEléphans,