Band 
Tome douzième.
Seite
266
JPEG-Download
 

266 VOYAGESDANS

8 E

doré le plus beau du monde, qui brillent pendant la nuit d'une lumiêre beau-

1coup plus vive

groffeur d'un pois. Les ſin

vières,& ne font qu'amuſer les Paſſans par leurs ſoupleſſes.dangereux de sen faire un trop long

que celle de nos vers luiſans,& dont les gufs ſont de lages font en fort grand nombre au bord des Ri-

Mais il eſt

pectacle, parcequ on y peut être ſur-

pris par des tygres de deux eſpéces; les uns de bois, de la grandeur d'un

ane,& trées-farouches; les autres, qu'on nomme tygres d'eau,Leur groſſeur eſt celle de nos chiens ordinaires(b).

la guerre aux poules.

& qui font

2l

1, z mélange de la chaleur& de'humidité, produit à Siam des ſerpens8 2 ½

d'une monſtrueuſe longueur.

pieds de long,& plus d'un pied& demi de diameétre.

II weſt pas rare de leur voir plus de vingt

Mais les plus grands

ne ſont pas les plus venimeux. Gervaiſe parle, avec horreur, de celui qui„ 2 1

m'a gueres plus d'un demi pied de long,

„tribuer dans toutes les parties de l'animal.„ Cette diſtribution en diminuoit le poids&„ le rendoit, par ce moyen, plus propre à„ nàger; chaque bube d'air falſfant à ſon„ Egard à- peu-près le méme effet que les„ veſſies pleines d'air qui ſe trouvent dans„ la plüpart des poiſſons;& la liaiſon inti-„ me que ces membranes avoient avec cel-„ les du poumon, nous ſit croire que ce pou-„ voit bien être les mèmes, étendües par„ tout le corps. Sous ces membranes, ontrouva de part& d'autre, deux doigts épais„ d'une chair ſanglante, femblable à celle„ de la venaiſon. Le thorax étoit compoſéde deux os fort larges, attachés au brichet,„ qui formoient une voute très-ſolide; deux„ os, qui tenoient lieu de clavicules,& ſur„ leſquels elle portoit, lui ſervoient d'im-„ poftes;& les côtes, qui s'y venoient inſé-„rer, pouvoient bien paſſer pour les arcs„ qui la foutenoient. Cette voute oſſeuſe„avoit ſes meninges, auſſi-bien que le cra-ne, oh les ſinus, qui la traverſoient, fai-„ ſoient pluſteurs petits labyrinthes. Les O0s„ méêmes avoient leurs ſinas. La trachée„ artére ſe partageoit, immédiatement ſur la„ baſe du cour, en deux rameaux qui fai„ſoient un angle droit avec le principal ca-„ nal. IIs étoient applatis à leur origine.„ Enluite ils ſe renfloient conſidérablement,„avant que de ſe plonger dans le poumon.„ Le parenchime du poumon étoit aſſez fer-„ me; il Sétoit plein de ſfinus, de figure ova-„le. Les boyaux avoient neuf pieds& de-„ mi de long. Is avoient leurs contours.„ Le ventricule étoit un renflement de bo-yaux, tout droit, à un petit ſac près, quiétoit voiſin du pilore. Deux doigts au-deſ-„ſous du pilore, il y avoit un ſecond ren-„ flement dans le Duodenum. Le Rectum a-

28

& qui n'eſt pas ſi gros que le doigt;mals„voit quatre pouces de long,& un double„ Cacum, qui, ſe réfléchiſſant vers le haut,à droite& à gauche, venoit s'attacher au„ coton,& faiſoit ainſi une eſpèce de tri-„ dent. La longueur de chaque cœcumétoſt de deuxz pouces. Le ventricule avoitprès de dix pouces de long. On y trouva„deux poiſſons que cet oiſeau avoit avallés.La main étendue y entroit facilement. Se-„ cond Voyage de Tachard, Liv. 6. pag. 245„ E ſuiv.“ Quatre pages au-deſſous, ildonne la deſcription d'un autre animal, queles Siamois nomment Liu,& les PortugaisBicho Vergonbeſo, c'eſt-à-dire, inſecte bon-teuxc. D'autres l'appellent Heriſſon, parce-que s'il craint quelque choſe, il ſe reſſerre enlui-méême comme nos heriſſons,& dreſſetoutes ſes écailles. Celles de ſa queue ſontſi dures, que lorſqu'on voulut ouvrir celuidont les Jéeſuites firent l'anatomie, on neput jamais les couper. Cet animal vit dansjes bois, ou il ſe retire dans des trous. IImonte quelquefois ſur les arbres. II ne vitque de quelques graines fort dures. II a la.gueule fort petite; la langue longue& étroi-te, qu'il lance quelquefois, àpeu-près com-me les ſerpens.

Tachard joint, à ces deux deſcriptions,celle du Tockaie, autre animal, que les Jé-ſuites trouvèrent ſi digne de leurs obſerva-tions, qu'elles furent recommencées. On nefauroit douter que ce ne ſoit le même inſec-te, auquel Gervaiſe donne le nom de Toc-quet. Cependant, quoiqu'il le repréſente plusdangereux que les ſcorpions(1), qui le ſontbeaucoup à Siam, Tachard, au contraire,dit poſitivement que le tockaie n'a pas de ve-nin. Ibid. pag. 254.

(F) TLbid. pag. 36.

(1) Malgte l'ancien préjogs qui Iegne encore, il eſt aufounthui averg, que la piquute du ſcorpion n'estvoint venimeuſe, R, d. E,