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RO YN A DESI A M, L.v. II.
mais dont le venin eſt fort ſubtil,& que ſa petiteſſe néanmoins aide à s'in-ſinuer par-tout. Le même Ecrivain a v, dans le Royaume de Siam, desſerpens de toutes les couleurs,& pluſieurs ſortes de ſcorpions, dont l'uneſt de la groſſeur d'une groſſe écreviſſe,& d'un poil gris noirâtre, qui ſehériſſe lorſqu'on en approche. II parle de deux ſortes d'inſectes trés-dangereux; l'un qui a cent pieds,& dont le venin eſt du moins aufſi puiſ-ſant que celui du ſcorpion; il eſt noir& long d'un pied: l'autre 8 terri-ble encore, qui ſe nomme Tocquet, parce qu'à certaines heures de la nuit,il jette un cri qui exprime le ſon de ce mot. II a la figure du lezard, la té-te large& plate, la peau de diverſes couleurs très-vives. On le voit nuit& jour ſur le toit des maiſons, ouù il fait la guerre aux rats. Sa morſure eſtmortelle, ſi l'on ne coupe pas ſur le champ la partie bleſſée. Mais, heu-reuſement, il n'attaque jamais le premier(t).
ExTRE les poifſons qui ſont propres à la grande Riviere de Siam, le pluscommun eſt celui que les Européens ont nommé Caboche,& dont les Na-tions voiſines font tant de cas qu'il fait un objet conſidérable du Commer-ce. Les Hollandois méêmes en font de groſſes proviſions pour Batavia;&ſeché au Soleil, il leur tient lieu, ſuivant Gervaiſe, de jambon de Mayen-ce(v). Ce poiſſon eſt long d'un pied& demi,& gros de dix ou douzepouces. IIl a la téte un peu plate& preſque quarrée. On en diſtingue deuxſortes; Pun gris cendré,&'autre noir, qui eſt le meilleur. En général,tous les poiſſons de cette Riviere n'ont preſque rien de ſemblable aux noô-tres,& ſont de bien meilleur goũt(x). Elle en produit auſſi de fort dan-gereux; ſans y comprendre un grand nombre de monſtrueux crocodiles,qui font également la guerre aux hommes& aux animaux(). On a vu
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(t) Ibid. pag. 39& 40.
(*) Ibid. pag. 9.
(x) Tbid.
(y) Le Chevalier de Forbin, qui pendantſon féjour à Bancok, s'amuſoit fouvent à lapéche des crocodiles, remarque que les Sia-mois ont deux maniéres de prendre ces ani-maux. Pour la premieère, ils ſe ſervent d'uncanard en vie, ſous le ventre duquel ils at-tachent une piéce de bois, de la longueurd'environ dix pouces, groſſe à proportion&pointué par les deux bouts. A cette piècede bois ils lient une corde fine, mais tres-forte, oùð pendent pluſieurs morceaux debambou, roſeau leger qui leur tient lieu deliége. IIs lächent enſuite le canard, au mi-lieu de la Rivièére. Le crocodile, qui l'ap-pergoit, ſe plonge dans l'eau, vient le pren-dre par deſſous,& ſe prend lui-même aumorceau de bois, qui s'arréte en traversdans ſon goſier. On l'amêne à fleur d'eau,on le harpomme& on le tire à terre, où lesean achèvent de le tuör à coups dehache.
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La ſeconde méthode eſt encore plusamuſante. Quand on découvre un croco-dile prés des maiſons, on täche de l'épou-vanter, en faiſant du bruit, ou en tirantquelques coups de fuſil. Cet animal, qui eſtfort peureux, s'enfuit& ſe fauve au fond del'eau. Dans un inſtant la Rivieère eſt cou-verte de Balons, qui attendent que le cro-codile reparoiſſe pour reſpirer; car il neſcauroit reſter plus d'une demie-heure ſansprendre haleine. A meſure qu'il fort, lagueule béante, on lui lance de toutes partsquantité de harpons; S'il em regoit un dansle goſier, à quoi les Siamois ſont fort a-droits, il eſt pris. Le manche du harponqui flotte attaché à une corde, ſert de ſignal:Celui qui tient la corde commnoit quand'ani-mal quitte le fond; il en avertit les Pé.cheurs, qui ne manquent pas, désqu'il re-paroit, de lui lancer encore de nouveauxzharpons, juſqu'à-ce qu'il en ait reçu ſuffi-ſamment pour étre tiré à terre, oùð on lemet en piéces. La chair du crocodile eftblanchàtre& reſſemble aſſez à celle du chienma
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