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Tome douzième.
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282
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Rorabnfeg.DE BCTAN.TAvEUNIER.

RovAUMEDE TIPRA.TàAvERNIER.

Occaſionque l'Auteureut de con-noitre cePays.

Sa fituation.

282 VOXAGES DANSLELS

„ cinquième degrés, pour manger du bled ou du riz nouveau. C'eſt en ce„tems-là que les Payſans les attendent au pafſage, avec les piéeges qu'lls„leur tendent,& qu'ils les tuent à coups de llécues& de bàtons. Quel-„ ques-uns d'eux m'ont aſſuré qu'ils ſonc li maigres& ſi languiſfans, que„ beaucoup ſe laiſſent prendre à la courſe. II faut qu'il y alt une prodi-„ gieuſe quantité de ces animaux, chacun d eux n'ayant qu'une veiſie;&„ la plus groſſe, qui n'eſt ordinairement que comme un œuf de poule, ne„ pouvant fournir une demie once de muſc. II faut quslquefois trois ou„ quatre veſſies, pour en faire une once(1)“. D'aucres Voyageurs regar-dent cet animal comme une eſpéce de chevreuil(m).

(1) Ibid, pag. 316& 317. la Chine. Voyez divers éclairciſſemens ſur(m) C'eſt ſous ce nom qu'il eſt connu à cet animal, au Tome VIII. pag. 387. R. d. E.§. II.

Royaume de Tipra.

N a crü long-tems que le Pegu touchoit à la Chine;& Tavernierconfeſſe qu'il n'étoit point exempt de cette erreur, lorſqu'il en futdélivré par quelques Marchands d'un Royaume peu connu des Eguropéens,qui ſe nomme Tipra. II les vit à Daca, Ville du Bengale, où il étoit venuacheter du corail, de Tambre jaune,& des braſſelets d'écaille de tortue.Ces Marchands parloient peu, mais ils ſavoient la langue commune des In-des;&, pour s'attirer plus de reſpect, ils s'attribuoient la qualité de Bra-mines. Lorſfqu’'ils achetoient quelque marchandiſe, ils faiſoient leur calculavec de petites pierres, de la grandeur de Pongle, qui reſſembloient à depetites agathes,& ſur leſqueſſes on diſtinguolt une manière de chiffre.IIs avoient auffi chacun leur poids, à-peu-prês de la forme d'une ro-maine. La branche étoit d'un bois aulft dur qus E brefll,& l'anneau,qui tient le poids pour marquer les livres, étoit un cordon de ſoye. IIseſoient tout, avec cette machine, depuis une drachme juſqu'à dix de nos().

CES Marchands aimoient beaucoup à boire;& Tavernier payoit envin d'Eſpagne ou de Chiras, les éclairciſſemens qu'il tiroit d'eux. Lecom-pliment qu'il leur faiſoit faire, par ſon Interpréte, n'étoit pas plutôt achevé,que ſon vin étoit bü. Enſuite, ils ſe regardoient l'un Pautre, en ferrantleurs lévres,& en ſe frappant deux ou trois fois leſtomac de la main, aveecun ſoupir(9).

Irs etoient venus par le Royaume d'Arrakan, qui eſt au Midi& auCouchant de celui de Tipra, comme celui de Pegu le borne en partie auCouchant d'hyver. IIs dirent à Auteur qu'on met environ quinze jours àtraverſer leur Pays; mais il obſerve que cette meſure ne fait pas connoi-tre exactement ſa grandeur, parceque les journées ne ſont pas egales,&que ſuivant la commodité des Riviéres, on les fait plus longues ou plus cour-

tes.

(a) Pag. 388.(b) ILbid.