ROYAUME VOISINS DE SIAM, Lrv. II. 283
tes. Leurs voitures, comme dans les Indes, ſont des bœufs& des che-vaux, qui font excellens malgré leur petite taille. Le Roi& les Seigneursſe ſervent de palekis,& font inſtruire des éléphans pour la guerre. CetteNation n'eſt pas moins incommodée du goitre que celle de Boutan. On yvoit des femmes à qui cette tumeur pend juſqques ſur les mamelles. Undes Marchands, que PAuteur vit à Daca, en avoit deux, chacun de lagroſſeur du poing.
LEUR Pays ne produit rien qui convienne aux Etrangers. IIs ont unemine d'un or fort bas,& de la ſoye groſſiere; deux ſources de revenu,qui font toutes les richeſſes du Roi. Ce Monarque ne tire aucun ſubſi-de de ſes Sujets. Mais tous ceux qui ne ſont pas d'une condition noble,lui doivent chaque année ſix jours de travail, pour la mine d'or ou pourla ſoye. IlI envoye vendre ſa foye& ſon or à la Chine. On lui rappor-te de l'argent, dont il fait battre des piéces de la valeur de dix ſous. IIfait faire auſſi de petites pieces d'or, ſi minces, qu'il en faut douze pourfaire un écu.
g. I11.Royaume d'Aſem.09 doit la connoiſſance du Royaume d'Aſem à Mirgimola, Général
d'dareng-Zeb qui s'toit déja ſignalé par pluſieurs exploits dans ſonPays(a). Aprés avoir heureuſement terminé la guerre, il comprit queſon autorité s'affoibliroit pendant la paix;& ne penfſant qu'à ſe conſerverle commandement des Troupes, il réſolut d'entreprendre la conquête d'A-ſem, ou ſes informations l'avoient aſſuré qu'il trouveroit peu de réſiſtance.On prétend néanmoins que ce ſont les Habitans de ce Pays qui ont décou-vert anciennement l'invention de la poudre& du canon;& qu'ayant paſſéd'Aſem au Pegu,& du Pegu à la Chine, c'eſt injuſtement qu'on- en attribueThonneur aux Chinois(b). Mais cette Nation, autrefois guerriére, s'étoitamollie dans une paix qui avoit duré cinq ou ſix cens ans(c). Mirgimolarapporta de cette guerre quantité d'artillerie de fer. La poudre du Pays eſtexcellente. Le grain n'en eſt pas long, comme à Boutan, mais rond& me-nu comme le nôtre;&, ſuivant le témoignage de'Auteur, ſes effecs ſur-paſſent beaucoup ceux de toute autre poudre.
MIRGIMoOIA partit avec üne puiſfante Armée, qu'il fit embarquer à cinqlieues de Daca, ſur une des Riviòères qui ſortent du Lac de Chiamay. Elleprend divers noms, comme les autres Rivières des Indes, ſuivant les Ré-gions qu'elle arroſe, juſqu'à-ce qu'elle ſe jette dans un des bras du Gange.Dans le lieu meme où ces deux Rivieères ſe joignent, on voit des deux côtésune Fortereſſe;& ces deux Places ſont garnies d'une bonne artillerie de bron-z, qui bat à fleur-d'eau. C'eſt de-là que le Genéral Indien fit remonter ſesTroupes juſqu'au vingt-neuvième degré, oùð commence la frontière du
Royau-
() L.'Auteur les rapporte dans ſon Voya-(5) Pag. 390.
ge à Golkonde.() Lbidem.Nn 2
RorAvmeDE TIpAaA.uns de¹
uſages.
Son Com-merce.
RorAuMED'AsEM.TAvERNIER.
On attribuecaux Habitansl'invention dela poudre&du canon.
Commentce Payseſt conquis
par Mirgi-mola.