ROVYAUMES VOISINS DE SIAM, Llv. IIL. 291.
LEs Prétres tiennent le premier rang dans'Etat,& ſont placés devantLes Okneas, tout auprés de la perſonne du Roi, avec qui ils s'entretiennentfort familierement. IIs ſe raſent la barbe, la téte& les ſourcils, commeles Talapoins des Siamois. Ces Prétres ſont aufſi en grand nombre dansles Etats de Camboya& de Laos. Leur pouvoir s'étend juſqu'aux affaireseiviles. Is ont un Chef particulier, qui porte le titre de Raja Pourſon,du de Roi des Prétres. Ce Chef fait ſa réſidence à Sombapour, ſur lesfrontieres des deux Royaumes. II a fous ſes ordres un Tevinia& quelquesOfficiers ſubalternes, avec leſquels il décide de toutes les affaires particu-lisres de ſon diſtrict. Tous les Bareaux qui arrivent à Sombrapour, ſontobligés de lui donner une déclaration de leur charge, qu'ils accompagnenttocjours de quelques préſens. On voit dans le Pays, principalement chezles Laos, un grand nombre de Pagodes& de Pyramides, les unes baâtiese bois, d'autres de pierre; mais toutes bien dorées en dedans; de-mêmeque leurs Idoles. Les Laos diſent que leur Dieu eſt plus puiſſant que celuide leurs voiſins. Ils venèerent leurs Prétres comme autant de demi Dieux„Xils fourniſſent abondamment à leur entretien; auffi ne leur préche-t'on d'au-
RovaUmEsDE LAOs ETDE CAMBOYA.
Prétres&Religion deces Peuples.
tre devoir que celui d'adorer ces Idoles,& de leur faire de riches offrandes,
pour ſe les rendre plus favorables. Ces Prêtres peuvent avoir chacun uneſeule femme; ce qui n'eſt pas permis à ceux de Camboya(†).
LE Péere Marini, qu'on a déja cité, parle en ces termes des Talapoins deL.aos.„ On doit les regarder, dit-il, comme le rebut& la lie du Peuple, pa-„ reſſeux& ennemis du travail. Leurs Couvens ſont autant de collèges&„ d'aſſemblées d'hommes vicieux, que l'orgueildomine& aveugle, des qu'ils„ ſont agregés dans ce corps, qui ſelon eux eſt le premier de †Etat. Rien„ neſt plus inſenſé que les réveries dont ils ont imbü le Peuple,& qu'ils„ débitent comme des fondemens de ſa Religion. C'eſt un bufle que la Na-„ ture a formé avec tous les défauts imaginables; qui produit une citrouille» remplie d'hommes blancs& noirs. Ce font quatre Dieux qui ont gouver-„ né le Monde dix-huit mille ans avant ſon renouvellement, qui ſe ſont en-„ ſuite retirés dans une colonne fort large& fort ſpacieuſe, élevée vers le„ Nord,&c. De telles viſions, accompagnées de mœurs corrompues, ne„ ſeroient propres qu'à rendre le Peuple aufſi vicieux que ſes Prétres, ſi la„ févérité des loix ne mettoit un frein à la licence“.
Av Sud-Eſt du Royaume de Camboya, on trouve encore celui de Chiampa;mais ſi petit qu'il n'a pas mérité P'attention particuliére des Voyageurs. IIeſt borné au Nord par les déferts de la Cochinchine, autre Royaume dont onà donné la deſcription dans le précédent Volume, avec celles du Tonquin&d' Arratan;& les Relations Hollandoiſes du dixieme Tome ont déja faitSonnoitre les Royaumes de Patane, de Paban, de Jobor& de Malaca(g)&c.,qui forment la pointe la plus méridionale de la Preſqu'lſle au-delà duGange.].
T.(†) Voy. des Holl. ubi ſup.& Valentyn, tems, mais dont le retardement ne diminue-om. II. Part. III. pag. 55& précédentes. ra point la fatisfaction des Amateurs de ces
2 808) Au Plan qu'on a deja donné de cette ſortes de Piéces, qui ont toũjours leur prix,Sbre Ville, nous ajoũtons ici une nouvel- quand elles ſont auſſi bien exécutées.
e Uhe, qui n'avoit pu être gravée en même-.
Oo22 1“ Voya-
Idée qu'endonne unMiſſionnaire.
Royaumede Chiampa.