292 VOYAGE DE BEAULIEU
INTRODUc-
zerp.mier Voyage.
Foyage dAuguſtin de Beaulieu, auæ Indes Orientales.
0 EST par le témoignage d'un grand Voyageur que je veux ouvrir icila ſcéêne. Voici dans quels termes le célébre Thevenot(a) s'expliqueſur un Ouvrage dont il s'eſt crü honoré d'être'Editeur.
„ ENTrRE un grand nombre de différentes Relations de Voyages aux In-des Orientales, des Portugais, des Anglois& des Hollandois, qui m'ontpaſſé par les mains, je n'en ai pas vü de meilleure que celle de Beaulieu.Fai délibéré néanmoins ſi je la devois publier, dans la crainte qu'elle nefüt pas du goùt de ceux qui cherchent moins P'utilité que l'agrément dansleurs lectures. Mais j'ai conſidéré qu'elle pourroit ſervir beaucoup auxNavigateurs de nôtre Nation, qui entreprendront le Voyage des IndesOrientales, ſoit pour rêègler leur conduite, ſoit pour leur faire connoi-tre que les Frangois ſont auſſi propres aux Voyages de long cours qu’'au-cune autre Nation de PEurope. Les Deſcriptions du Général de Beau-lieu ſont fort particulièeres& fort exactes, autant lorſqu'il eſt queſtiond'Hiſtoire Naturelle, que des objets de ſa profeſſion. Nous n'avonsperſonne, par exemple, qui ait décrit ſi particuliérement tout ce qui ap-partient au poivre. Les obſervations qu'il nous donne ſur la variationde aiman, ſont d'un grand uſage pour ſuppléer en quelque ſorte à ce„ qui nous manque touchant les longitudes. On y a joint celles de J. le„ Tellier ſon Pilote, qui parle de ſon Chef dans ces termes“. Le Sieur deBeaulieu, nôtre Général, qui autant ou plus que pas un de ſes Pilotes s'eſt.exercé curieuſement, ſoir& matin, à prendre la variation de Paiman durantnôtre Voyage, pourroit encore témoigner comment quatre ou cinq bouſſo-les,& autant d'Obſervateurs dans ſon Navire, trouvoient le plus ſouventune même variation.„ Cette circonſtance donne une grande autorité à„ leurs obſervations ſur la variation de l'aiman. II importeroit extrême-ment que nos Frangois, qui feront déſormais la même route, priſſent lapeine de les faire aufſi, afin que les unes& les autres leur fuſſent plusutiles dans leurs autres Voyages;& que connoiſſant les changemensqui ſont arrivés depuis ce tems-la, ils puſſent former une méthode plusfüͤre(h)“.
UNE Relation ſi eſtimable étant paſſée des mains de M. Dolu, entre cel-les de Thevenot, les Parens de P'Auteur ſe crurent intéreſſés à faire connot-tre un VFoyageur ſi ſage(c), par un Mémoire qui regarde le lieu de ſa naiſ-ſance& les occupations de ſa vie. Auguſtin de Beaulieu étoit de Rouen-.Son premier Voyage fut à la Riviere de Gambie(d), ouù il ſe rendit en 1612,avec le Chevalier de Briqueville, pour y établir une Colonie. Mais y étane
arrivésa) Recueil de Thevenot, Tom. II. pag.(4) Ceſt une corruption du veéritable. de la Relation de Beaulieu, nom, qui elt Gambra. Voyez les Relations5) Ibid. Angloiſes du ſecond Tome de ce Recueil.
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(c) Ce ſont les termes de Thevenot.