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Tome douzième.
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BEAULIEU.1620.

Exemplesqui les véri-fient.

296 VOVYAGE DE BEAULIE; VU

aimantée(m),& ſur d'autres phénomêenes qui ne manquent pas de s'offrirdans une longue navigation. Pendant un calme qui arreta ſa Flotte le 3 deFévrier, aprés avoir paſſé la Ligne, il vit autour de ſen Navire deuxgrands poiſſons, dont le bec étoit d'une longueur extraordinaire,& qui é-toient de ceux qui percent quelquefois, d'un coup de bec, le Navire le mieuxdoublé(n). Ceſt une merveille, dit-il, qu'il n'auroit pas crũe facilement,s'il n'e0t vü entre les mains de M. de Villars Houdan, Gouverneur de Diep-pe, un morceau du bec ou de la corne d'un de ces poiſſons, qui avoit ététrouvé dans le bordage d'un Vaiſſeau de la méême Ville. Le Capitaine daVal, qui commandoit ce Bâtiment, s'étoit appergu dans ſa traverſée de laCôte du Breſil vers le Cap de Bonne-Eſpérance, à-peu-prèês à la même hau-teur oùð Beaulieu ſe croyoit alors, que ſon Navire avoit regu quelque ébran-lement extraordinaire. En arrivant à Dieppe, il le fit échouer pour lesréparations;& ſes doutes furent éclaircis, lorſqu'environ cinq ou ſix piedsdans Peau, les Calfateurs rencontrérent, dans le bordage, un bout de cor-ne, ſemblable par la couleur& la ſubſtance, à la dent d'un cheval marin,mais fort droite,& d'un pouce& demi d'épaiſſeur. Elle avoit percé ledoublage, le bordage;& pénétrant encore d'un pouce dans le membre, el-le s'étoit rompue à l'uni du doublage, par quelque ſecouſſe apparemmentqui avoit empẽché le poiſſon de la retirer. Un Marinier de Dieppe, nom-mé Nicolas Canu, avoit raconté aufſi à Beaulieu, que dans les mêèmes Mers,la Chaloupe de ſon Vaiſſeau avoit été percée par un de ces monſtres, quiavoit achevé de l'ouvrir en ſe débattant pour retirer fon bec; de-forte queceux qui étoient dedans eurent à peine le tems de monter à bord, d'où ilsvirent couler la Chaloupe à fond, ſans pouvoir ſauver leurs hardes. Ceux

que

(m) Voici ſes remarques ſur cet article,„ tre parties,& qu'elle montoit juſqu'àjuſqu'à la Baye de la Tuble.„ Le 1 de Jan-„ vingt-deux degrés un quart,& puis re-

„ vier 1620, à la hauteur de trois degrés cinq„ minutes de latitude du Nord, nous avons„ trouvée, au lever du Soleil, que l'aiguille„ Nord étoit trois degrés& demi. Le 24.„ ſous le Tropique du Capricorne, nous a-vions treize degrés de variation d'aiguille„ au Nord-Eſt. Le I. de FEevrier, nous a-„ vons commencé d'avoir les vents d'OQueſt„& autres vents variables, par les trente„ degrés de hauteur du Sud,& nous avionstreize degrées& demi de variation Nord-„ Eſt. Le 3. nous avons fait obſervation„ au lever du Soleil,& trouvé que l'aiguil-„ le Nord étoit treize degrées(1); ce qui„ m'a étonné, croyant que la variation düt„augmenter; au contraire, elle diminue; ce„ qui me fait juger que ces variations ſont„ irrégulieres,& qu'il n'y a nulle règle„ qu’'on puiſſe dire générale pour les obſer-„ ver, comme les Portugais& autres ſe ſont„ imaginé que l'aiguille étoit fixe en deux„ Meérüdiens, qui coupent le Monde en qua-

„ deſcendoit à étre fixe lorſqu'elle rencon-„ troit un de ces Méridiens; ce que j'ai„ trouvé très-faux, tant en ce Voyage qu'au„ précédent. L'obſervation d'aujourd'hui„ me le confirme, attendu que la derniére„ variation que j'ai priſe étoit de treize de-„ grés& demi,& qu'aujourd'hui, que je ſuis„encore élevé près d'un degré vers le Pole„ antarctique, je ne trouve que treize; ce„ qui eſt diminuer au-lieu d'augmenter. Le„ tems& P'expérience me rendront certain„ de celà avant la fin du Voyage“.[Le 10,par la hauteur de trente- un degrés troisquarts, la variation de'aiguille étoit dedouze degrés un quart, Nord-Eſt. Le 20,à la hautéur de trente-quatre degrés, la va-riation s'eſt trouvée de neuf degrés& demi.Le 8 Mars, méme hauteur, l'aiguille ne va-rioit plus que vingt minutes Nord-Oueſt.]

(n) C'eſt apparemment l'Eſpadon, qued'autres nomment auſſi Empereur, Epee,&Poi ſſon à ſcie.

(1) Le Journal du Pilote porte ſenlement douze degris& demi, R, d. E.