AUXINDES ORIENTALES, ELrv. II.
beauté& par la richeſſe de leur habillement. II eut peine à comprendrequ'elles puſſent êétre ſi blanches dans un Pays ſi chaud. A l'égard de leurshabits, tout étoit d'or;& les termes lui manquent pour cette deſcription().C'étoient deux Danſeuſes, qui n'amuſèrent que le Roi& Beaulieu; carceux qui étoient avec eux, dans Ia falle, tinrent continuellement les yeuxfermes. Il eſt défendu, ſous peine de la vie, aux Sujets du Roi d'Achem,de regarder jamais ſes femmes. Beaulieu, qui n'ignoroit pas cette loi,n'en tint pas moins les yeux ouverts, dans l'idée, dit-il, que le Roi n'a-voit pas fait venir ſes femmes pour un aveugle,& qu'il vouloit lui faire ad-mirer ſfa magnificence& ſa galanterie(1).
MALGRE tant d'honneurs& de careſſes, il n'obtint pas toute la libertéqu’on lui avoit fait eſpérer pour ſon Commerce. Le Roi vendoit lui-méê-me du poivre aux Etrangers(m). Les troubles)de Bantam étoient uneoccaſion favorable, dont il vouloit profiter pour remplir ſes coffres, enaugmentant preſqu'au double le prix des marchandiſes. IIl refuſoit memela permiſſion d'en acheter dans ſes autres Ports de ſa dépendance;& ſi,pour flacter Beaulieu, qui le preſſoit continnellement, il permit en appa-rence, aux Habitans d'Achem, d'entrer en marché avec lui pour une certainequantité de poivre, ſans les contraindre pour le prix, il étoit ſuͤr que la
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couverts de pierreries,& en la main ungrand éventail d'or,& pluſieurs petitesſonnettes à l'entour. Elles vinrle tapis avec beaucoup de gravité, à lacadence des tambours& des voix; oùauſſi-tot elles ſe proſternèrent à genouxdevant le Roi: puis ayant fait le Sombay(qui eft le ſalut) mettant les mains jointesſur la téte, commencéèrent à danſer ungenou à terre, avec divers mouvemens
() Elle eſt aſſez ſingulière pour me-riter d'être rapportée dans fes termes:„Pre-„„ miérement, par-deſſus leurs cheveux, el-„„ les avoient une ſorte de chapeau fait de„papillotes d'or, qui brilloient beaucoup,„aveéc un pennache d'un pied& demi de„haut, fait auſſi de papillotes,& portoient,ce chapeau pendant ſur une oreiſle. Elles„avoient de grands pendans-d'oreilles, faits„auſſi de papillotes d'or, qui leur tomboient„
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juſques ſur les épaules; le col quaſi toutcouvert de carquans d'or,& par-deſſus les
du corps, des bras& des mains, puis de-
bout, avec beaucoup de diſpoſition& en
23 Spaules une ſorte de ruban qui ſerroit le„ cadence. Elles mettoient quelquefois la„ col,& s'éétendoit en pointes courbées,„ main au cris; puis autres fois, comme ſi„„ Ccomme on repréſente les rais du Soleil;„elles euſſent tiré de l'arc; après, comme„ le tout de platines d'or fort curieuſement„ſi elles euſſent eu la rondache& le cou-„gravées. Par deſſous, une chemiſe ou„ telas en main. Celà dura environ demie„ Baju de toile d'or, avec ſoye rouge qui„ heure: puis ſe remirent à genoux devant„leur couvroit la poitrine,& avec une„ le Roi, à mon avis bien laſſes; car il me„grande ceinture fort large, faite de pa-„ ſembloit qu'elles avoient chacune plus de„ pillotes d'or. Elles étoient ceintes au-deſ-„ quarante livres d'or fur elles;& néanmoins„ſus des hanches, où étoit attaché un pagne„ elles danſerent avec beaucoup de légereté„de toile d'er à la facon du Pays;& par.„& de bonne grace;& pour avoir vũ baller„deſſous, un calegon, auſſi de toile d'or,„diverſes fois en France, je m'imagine que„ qui ne paſſoit le genou, où pendoient plu-„ ſi ceux qui ſe diſent y entendre, avoientfieurs petites ſonnettes d'or. Les bras&„ vü cette danſe, ils diroient que celà neles jambes nuds; mais, depuis le poignet„ ſentiroit point ſon barbare. Ibid.„ ag. 54
„ juſqu'au coude,
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touc couverts de groſſescomme auſſi au-deſſus du coude& depuisla cheville des pieds juſqu'au gras desjambes. A la ceinture avoient chacuneun cris ou poignard, la garde& fourreau
XTI. Part.
& 551IT4 1923
(m) Malheur au Commerce, obſerve
Beaulieu, lorſque les Rois deviennent Mar-chands.
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BEAULrerU-
1621
Difficultésque Beaulieutrouve pourle Commerce,