Band 
Tome douzième.
Seite
309
JPEG-Download
 

AUX INDES ORIENTALES, Lnv. II. 309

ges à la Cour d-Achem. Ce fut apparemment la reconnoiſſance qui portace Portugais à lui faire une ouverture, qui devint utile au Commerce deFrance. 2g üb

IL lui repréſenta„ que les Frangois n'ayant plus rien à ſe promettre ducôté de Bantam, ils devoient penſer à l'etabliſſement d'un Comptoir dansle Port d'Achem; mais que ce n’'étoit point aſſez, s'ils n'en avoient unà Surate; que les piaſtres& les marchandiſes de France n'étant pas pro-pres à'Hle de Sumatra, il m'y avoit rien à gagner, lorſqu'on y viendroitdirectement de France, pour acheter du poivre; au-lieu que paſſant parSurate, les piaſtres S'y échangoient avec un profit honnéte,& que ſurdiverſes marchandiſes qu'on pourroit apporter de France, il y auroitun gain de plus de cent pour cent à les vendre à Surate, où l'on a-cheteroit enſuite des marchandiſes de cette Ville, propres pour Suma-„ tra, ſur leſquelles il y avoit ordinairement un profit de trois cens pour„ Cent(4)“.

CARNERo répondoit à Beaulieu du ſuccês de cette entrepriſe. II lui de-mandoit la commiſſion de paſſer à Maſulipatan, dans le Navire de Surate,qui étoit au Port d'Achem,& qui devoit prendre inceſſamment cette route.De-Iaà il promettoit de ſe rendre à la Cour du Grand Mogol, auprès du-quel il croyoit m'avoir beſoin que d'une Lettre de cachet du Roi de Fran-ce,& d'une autre Lettre de la main de Beaulieu, pour expliquer le ſujetde ſon Voyage. II comptoit d'ailleurs ſur le ſecours d'un Orfèvre Frangoisdẽé ſa E qui étoit dans une haute faveur auprès du Mogol,&ſur quelques recommandations de Peribei, Capitaine du Vaiſſeau de Surate.Beaulieu trouva tant de vraiſemblance dans ces offres,& ſi peu de riſqueà les accepter, qu'il née fit pas difficulté d'y donner quelque confiance. Car-nero fit le Voyage heureuſement. On apprend ſon retour dans le Jour-nal de l'Auteur(r), ſans aucune explication ſur le ſuccês de ſon entrepriſe.Mais, par quelque motif que Beaulieu nous ait dérobé d'’'autres éclairciſ-ſemens, il paroit qu'il en avoit été ſatisfait, puiſque ſes liaiſons ne ceſſè-rent point avec Carnero;& l'on peut regarder cet événement comme P'o-rigine du premier établiſſement des Frangois à Surate.

Dryurs preés de ſix mois que Beaulieu ſollicitoit la permiſſion du Com-merce, il voyoit ſes eſpérances retardées de jour en jour, par de ſi foiblesprétextes, qu'ayant entendu vanter Queda& Lancabui(s), comme deuxlieux où le poivre n'étoit pas moins abondant qu'à Sumatra, il prit enfin laréſolution d'abandonner ſecrétement le Port d-Achem,& de prendre cetteroute. Son deſſein étoit de paſſer d'abord par Tikou,& d'y traiter, s'ilStoit pofſible, indépendamment des Lettres du Roi; ou d'arrêter les em-barquemens qui ſortiroient de ce Port, d'en prendre le poivre,& de lepayer au prix commun. C'ëtoit non-ſeulement une vengeance, mais unjuſte déedommagement qu'il croyoit ſe devoir, pour tant de fraix inutiles,& pour le tems qu'il avoit perdu. Cependant il avoue que par des reſſortsſecrets, il avoit chargé, dans la Rade d-Achem, environ ſept cens baharsde poivre.

2222222)2222222)22

Ir.

(4) Lidem.(r) Tid. pag. 90, 1(¼) Ou Pulo-Lada.43

BEAULIEU.1621.

Propoſitionqu'il fait àBeaulieu.

Origine del'tabliſſe.ment desFrançois àSurate.

Beaulieuprend le partde quitterAchem.