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Tome douzième.
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AUX INDES ORIENTALES, Lrv. II. 337VFoyages de Fernand Mendes Pinto.

VANT’ que de quitter les Indes Orientales, c'eſt-à-dire, les Ifles&les Pays maritimes des Indes, qui ont fait l'objet de la navigationdes Européens,& la matiêre d'un ſi grand nombre de Kelations, je dois auPublic un article détaché, qui n'a pü trouver place dans le plan des Anglois,parcequ'il ne regarde particuliérement aucun lieu; qui ne peut étre rejetténon plus entre les Voyages autour du Monde, parcequ'il n'a pas cette é-tendue, ni méeme entre ceux que j'ai nommés v%yages errans, parcequ'iln'embraſſe point d'autres Pays que ceux des Indes; mais qui les embraſſantpreſque tous,& remettant ſous les yeux ce qu'on a vũ juſqu'à préſent dansune infinité d'articles ſéparés, appartient juſtement à la concluſion de cettepartie,& n'y promet pas moins d’'utilité que d'agrément.

EERNAND Mendez Pinto, dont j'entreprens de donner un ſimple extrait,paſſe en Portugal pour le plus admirable& le plus curieux de tous les Voya-geurs. Sa réputation, qui n'a pas laiſſé d'être attaquée, a toũjours trou-vé d'excellens Défenſeurs. II eſt connu en France par une ancienne Tra-duction(a); mais ſi rare aujourd'hui, que c'eſt une nouvelle raiſon pourlui rendre un peu de luſtre,& pour le ſauver de Poubli dont il eſt me-nacé(b).

Ox a porté le zéle pour ſa defenſe, juſqu'à rechercher, dans un prodi-gieux nombre d'Ecrivains, des preuves de ſa bonne-foi, en montrant quece qu'il raconte de plus ſingulier, n'eſt pas tiré de ſon imagination, puiſ-qu'on trouve les mêmes récits dans d'autres ſources; argument d'autant plusfort, qu'un homme, qui avoit paſſé toute ſa vie aux Indes, ne pouvantetre ſoupgonné d'avoir l0 tant d'Auteurs differens, cette conformité, ſurdes choſes extraordinaires, qui ne ſe devinent point, devient comme unedémonſtration en ſa faveur. Un Gentilhomme Portugais, nommé BernardEguero(), qui a rendu ce ſervice à Pinto, ſe fait une autre aobjection(d).„ Eſt-il poſſible, dit-il, qu'il eꝑt retenu les circonſtances de tant d'étranges„avantures?“: II répond„qu'avec de Peſprit& de la mémoire, on n'ou-„ blie jamais les proſpérités& les diſgraces qu'on peut avoir eſſuyges; queles idées des grands biens& des grands maux ſont à Pépreuve du tems,„& qu’'il ſeroit bien plus ſurprenant qu'on en p0t perdre le ſouvenir, parce-„ que ce ſeroit s'oublier ſoi-meme. D'ailleurs, la mémoire étoit une qua-„ lité qui diſtinguoit particulierement Pinto’“. La Boulaie remarque avecStonnement(e), que dans un ſi grand nombre de Pays& de Villes qu'il a-

voit

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(a) Publiée en 1628, à Paris, chez Ma-thurin Henault, in 40.,& dédiée au Cardi-nal de Richelieu. Elle contient un abregéde la vie de Saint François Xavier, avec le-quel Pinto avoit fait divers Voyages. IIſeroit inutile de rendre compte des EditionsPortugaiſes, qui ſont en fort grand nombre.

(5) On en connoit cependant une Edi-

XII. Part.

tion plus récente, publiée à Paris, chez Ar-nould Cotinet& Jean Roger, en 1645, in 40.R. d. E

(c) Cétoit le Traducteur de Pinto. R. d. E.

(d) Défenſe Apologétique de Hiſtoireorientale de Fernand Mendez Pinto.

(°) Sentiment de la Boulaie le Coulx, ſurles Livres de Voyages qu'il a lus.

VVv

INTRoOpbe-TI0N.

Caractèrede Pinto.

Objections& réponſes.