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MENDRZPINToO.
Leur recon-noiſſancepour Faria.
Réceptionqu'’ils lui fontà Liampo.
324 VvOYAGEs DE MENDEZ PINTO
cer le Commerce, elle y jouiſſoit d'une parfaite tranquillité ſous la protec-tion des loix. On comptoit déja, dans le quartier Portugais, ſix ou ſeptEgliſes, plus de mille maifons, qui étoient gouvernées par des Echevins,des Auditeurs, des Conſuls& des Juges, avec autant de confiance& deſüreté qu'à Lisbonne(s).
HENRITOQUEzZ& Taborda, croyant leur honneur intéreſſé au ſuccès deleur entrepriſe, aſſemblerent les principaux Habitans, au ſon d'une cloche,dans Egliſe de Nôotre-Dame de la Conception. IIs y firent le récit de leuravanture, qui excita une vive admiration pour la gẽénéroſité de Faria. Dansle premier tranſport de la reconnoiſſance publique, on lui fit une réponſe,ſignée de toute l'aſſemblée; non-ſeulement pour le remercier d'avoir ſau-vé à la Colonie une grande partie de ſes richeſſes,& de l'avoir ſi géné-reuſement reſtituée, mais pour le preſſer de venir recevoir, à Liampo„'élo-ge& le prix d'une ſi belle action. A l'égard des craintes qui pouvoient luireſter pour l'expédition de Nouday, on convenoit que cette nouvelle avoitéclaté:„ mais l'Empire Chinois étoit troublé par tant de guerres inteſtines,„entre pluſieurs Princes qui prétendoient à la Couronne,& Pallarme étoit„ ſi vive du côté des Tartares, qui s'avangoient avec une Armée de neuf„ Cens mille hommes, qu'il n'avoit rien à redouter du Gouvernement, quand„ il auroit raſé la Ville de Canton; bien moins pour la ruine de Nouday,„ qui n'étoit pas plus conſidérable à la Chine, en comparaiſon des grandes„ Villes, qu'Oeyras, en Portugal, par rapport à Lisbonne“. Enfin, luirépondant de ſa füreté, aux dépens de leurs fortunes& de leur vie, ils leprioient de demeurer à l'ancre pendant ſix jours, pour leur donner le temsde s'acquitter de leurs obligations. Cette lettre, dont ils chargerent un deleurs principaux Officiers, fut accompagnée de toutes ſortes de rafraichiſ-ſemens,& de deux Lantées, qui devoient amener à terre les bleſſés& lesmalades(t).
QvorQur la modeſtie de Faria lui fit attacher beaucoup moins de prixà ſes fervices, il parut fort ſenſible à'eſtime de ſa Nation, ſur-tout lorſ-que pendant les fix jours qu'on lui avoit demandés, il vit arriver, ſur laFlotte, tout ce qu'il y avoit de Portugais diſtingués dans la Ville, avec despréſens conſidérables,& les mêmes témoignages de reſpect qu'ils auroientpü rendre à leur propre Roi. Ses malades furent logés dans les maiſons lesplus riches,& magnifiquement traitées. Mais ce n'toit que le prélude deshonneurs qu'on lui deſtinoit. Le ſixième jour, qu'il n'avoit pas attendu ſansimpatience, parcequ'il ignoroit le motif de ce retardement, une Flotte ga-lante, compoſée de Barques tendues d'étoffes précieuſes, vint le prendreau bruit des inſtrumens& le conduiſit comme en triomphe au Port dela Vil-le. Il y fut regu avec une pompe qui furprit les Chinois;& cette fête du-ra pluſieurs jours(v). Apres les avoir paſſés dans la joye& l'admiration,
ſon
(4) L'Auteur attribue aux péchés de ſa qu'avec le deſſein de témoigner leur recon-Nation, la ruine de ce bel établiſſement, noiſfance à Faria, les Portugais de LiampoPag. 301. avoienc celui de faire prendre aux Chinois
(t) Pag. 305& précédentes. une haute idée de la grandeur de leur Na-
(v) L Auteur employe douze ou quinze tion.„ Les Marchands Chinois, dit Pin-
pages à la décrire. Mais on croit remarquer,„ to, Etoient ſi ſurpris, qu'ils nous deman-doient22 5