Band 
Tome douzième.
Seite
375
JPEG-Download
 

AUX INDES ORIENTALES, LIv. I. 325

ſon deſſein étoit de retourner à bord: mais on le forga d'accepter une desplus belles maiſons de la Ville, où pendant cinq mois entiers il fut traité

avec la même conſidération(*).

„ doient ſi cet homme, à qui l'on faiſoittant d'honneur& une ſi belle réception,étoit frêre ou parent de nôtre Roi. Nousleur répondions que ſon pêre ferroit leschevaux que le Roi de Portugal montoit;„ que cette raiſon nous faiſoit rendre tousces honneurs au fils;& que tous autantque nous étions à Liampo, nous ne ſavions

2)292

2

2)

27

2

22

ſervir même d'eſclaves. Sur quoi, prenantces paroles pour de pures véerités, ils ſeregardoient les uns les autres avec éton-nement,& s'entre-diſoient: Sans mentir,il y a de grands Rois au Monde, dont nosHiſtoriens n'ont jamais eu connoiſſfance,& celui de Portugal eſt ſans doute le plusgrand“. Pag. 307&. 308.

„ ſi nous pouvions être ſes valets, ou lui(x) Pag. 318.

g. III.Expédition ſingulidre de PEIlle de Calempluy.

Weenn. es des mines de Quanjaparu n'ayant pas ceſſé de l'occu-per, nous avions employé ce tems aux préparatifs,& la ſaiſon com-mengoit à preſſer nôtre départ, lorſqu'une maladie mit en peu de joursQuiay-Panjan au tombeau. Faria parut regréter beaucoup un homme qu'ilavoit jugé digne de ſon amitié. Cette perte lui fit préter l'oreille aux con-ſeils des principaux Portugais, qui le dégoutéerent de l'entrepriſe des mines.On publioit que ce Pays etoit déſolé par les guerres des Rois de Champa. IIy avoit peu d'eſpérance que les tréſors, qu'il ſe propoſoit d'enlever, euſſentété reſpectés. Un Corſaire nommé Similau, ami des Portugais, que ſaqualité de Chinois n'avoit pas empéché d'exercer long-tems ſes brigandagesſur ſa propre Nation,& qui étoit venu jouir de ſa fortune à Liampo, luiraconta des merveilles d'une Hle nommée Calempluy, où il Faſſura que dix-ſept Rois de la Chine étoient enſevelis dans des tombeaux d'or. II luil fit uneſi belle peinture des Idoles du même métal,& d'une infinité d'autres tréſors,que les Monarques Chinois avoient raſſemblés dans cette Ile(a), que s'é-tant offert à lui ſervir de Pilote, il le détermina facilement à tenter une ſigrande avanture. En vain ſes meilleurs amis lui en repréſentèrent le dan-ger. La guerre qui occupoit les Chinois, lui parut un tems favorable. Si-milau lui conſeilla d'abandonner ſes Ionques, qui étoient de trop haut bord,& trop découvertes pour réſiſter aux courans du Golfe de Nanquin: d'ail-leurs ce Corſaire ne vouloit, ni beaucoup de Vaiſſeaux, ni beaucoup d'hom-mes, dans la crainte de ſe rendre ſuſpect, ou d'être reconnu ſur des Rivie-res tres-fréquentées. II lui fit prendre deux Panoures, qui ſont une eſpèecede Galiotes, mais un peu plus élevées. L'équipage fut borné à cinquante-ſix Portugais, quarante-huit Matelots,& quarante-deux Eſclaves(2).

Avu premier vent que Similau jugea favorable, nous quittàmes le Port

de Liampo(c.). Le reſte du jour& la nuit ſuivante furent employés à

fortir

(a) L'Auteur déclare qu'il paſſe légère-(5) On ſe pourvut auſſi d'un Préêtre, pourment ſur ces richeſſes, parcequ'il craint que dire ſa Meſſe, pag. 321.

ſon récit ne paroiſſe pas vraiſemblable,(c) Un Lundi 14 de Mai 1542, pag. 322.

bag. 320.

Mort de

jan.

Faria formele deſſeind'aller pillerles tombeauxdes Rois dela Chine.

II prendpour Piloteun Corſaire-