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Tome douzième.
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MENDIE2Z201N. 0OINT.

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VOXAGES DE

MENDEZ PINTO

parences de ſévérité, qu'ayant recueilli toutes nos réponſes, il y mêla des

reflexions favorables, par I

voici dans les termes du Traducteur:

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ſent la ſource de tout bien,

22 Aprêès qu'on eut impoſé ſilence aux aſſiſtans,nous nous proſternàmes devant le Broquen,& nous le ſuppl jämes, larmes auxyeux, par le Dieu qui a fait le Ciel& laTerre, de prendre pitie de nôtre miſère,nous pauvres Etrangers, que la Mer avoitréduits à ce déplorable état,& qui noustrouvions deſtitués de tous ſecours, com-me in avoit plu à Dieu de le permettrepour nos péchés. A ces mots, le Broquenregardant ceux qui Etoient autour de lui,après avoir fait qâelques ſignes de téte;Que vous ſemble de ces gens-là, leur dit-? Certes, en voici un qui parle de Dieuen homme qui a connoiſſance de ſa vérité.II faut bien qu'il y ait quelque autre grandMonde dont nous n'avons pas connoiſſan-ce. Ainſi, puiſque ces hommes connoiſ-il eſt raiſon-nable qu'on procède envers eux commeils nous le demandent par leurs larmes.Alors ſe tournant vers nous, qui étionsencore proſternés par terre, avec les mainshauffées, comme ſi nous euſſions adoréDieu, il nous dit qu'il avoit grande com-paſſion de nêtre miſère& de notre dou-leur, mais que ſon devoir l'obligeant deremplir fa charge, il nous prloit de ne pasnous étonner s'il nous faiſoit quelques demandes néceſſaires pour le bien de la Juſ-tice,& qu'il nous promettoit de nous larendre, étant aſſfuré que le Roi, ſon Mat-tre, étoit porté envers les Pauvres d'unevolonté vraiment royale.„ II fit incontinent venir devant lui lesGreffiers& autres Officiers de Juſtice.Enſuite, s'étant levé avec une mine ſévè-re& un cimeterre nud en main, il com-mengça à nous interroger d'une voix hau-te, afin que chacun ſe püt ouir: Moi,nous dit-il, Pinaquila, Broquen de cetteVille de Pungor, par la volonté de celui-de qui nous tenons les cheveux de nos tés, Roi de la Nation de Lequios& detout ce Pays des deux Mers, vous aviſe& vous commande, par la force de maparole, que vous ayez à me dire claire-ment& d'un cœur net, quelles gens vousêtes& de quelle Nation, enſemble queleſt vêôtre Pays& comment il s'appelle.„ Nous répondimes que nous étions Por-tugais, la plüúpart natifs de Malaca. Voi-là qui eſt bien, reprit-il; mais quelleavanture vous a conduits dans cette Con-

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eſquelles il combattit les fauſſes idées que quel-

questrée,& où aviez-vous deſſein d'’'allerquand vous avez fait naufrage? Nous luidimes. conformément à la vérité, que

nous étant embarqués au Port de Liampoavec nos marchandifes pour aller à Pani-xuma, une ſi grande tourmente nous a-voit ſurpris proche l'lfle du feu; que nòtreJonque avoit coulé ſur le banc de Tayda-can, où de nonante deux perſonnes quenous Etions, il s'en étoit noyé ſoixante-huit, ſans que de ce grand nombre il ſefuͤt ſauvé que nous autres vingt- quatrequ'il voyoit devant lui tout couverts deplayes, laquelle choſe nous reconnoiſſionsêtre advenue par un miracle particulier deDieu.„ A ces paroles, s'étant un peu arrêté;Et ſous quel titre, repliqua-t il, poſfédiez.vous tant de richeffes& tant de pièces deſoye qui étoient dans vêtre Jonque? Cer-tes il n'eſt pas croyable que vous puiſſiezavoir acquis tant de biens autrement quepar volerie, qui eſt une grande offenſecontre Dieu. Nous lui répliquames à ce-1a, qu'aſfurément nous étions Marchands&non pas larrons, parceque le Dieu en quinous croylons nous défendoit par ſa ſainteloi de tuer& de dérober. Alors le Bro-quen regardant ceux qui étoient autour delui; Sans doute, leur dit-il, fü ce queces gens affirment elt veritable, nouspouvons bien dire qu'ils ſont- commenous,& que leur Dieu eſt trés- bon; cequ'il ſemble qu'on peut inférer de leursparoles.„ Cependant, reprenant un viſage fortſévère& l'action d'un homme- com-me un Juge qui exerçoit ſa charge avecintégrité; il continua de nous fäire plu-ſieurs demandes,& nous dit en dernierlieu: Je voudrois bien favoir pourquoiceux de vêôtre Nation, quand ils prirentautrefois Malaca, pouſſéès à cette actionpar une extréme avarice, tuérent les no-tres avec ſi peu de pitié; de quoi font en-core foi quelques veuves qui en ces Con-trées ont furvécu à leurs maris? Nous ré-pondimes que telle choſe étoit arrivée patune avanture de guerre, plutôt que parun deſir de voler; ce que nous n'avionsaccoutumé de faire en aucun lieu. Quedites-vous? reprit il. Pouvez-vous nierque celui qui conquête ne dérobe point?ui force ne tue-t'il pas? Qui mattriſe neſcandaliſe-t'il pas? Qui ſe montre avare„ n'eſt-