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Tome douzième.
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AUX.INDES ORIENTALES, Lrv. II. 431

ques Chinois avoient fait prendre de nous. Cependant nous continuàmesd'etre reſſerrés pendant deux mois. Le Roi, faiſant gloire de ſon zelepour la Juſtice, envoya ſecrétement, dans nôtre priſon, un homme deconfiance, qui prenant avec nous la qualité de Marchand étranger, em-ploya beaucoup d'adreſſe à nous faire confeſſer nôtre profeſſion& la véri-té de nos deſſeins. Mais nos explications furent ſi ſimples,& les témoi-gnages de nôtre douleur ſi naturels, 18 cet Se. en parut attendri juſ-qu'à nous faire un préſent de trente taels& de ſix ſacs de riz. II y a beau-coup d'apparence qu'il en avoit regu Pordre du Roi;& nous apprimes duGeolier que ce Prince étoit réſolu- de nous rendre la liberté.

Novs étions dans cette douce eſpérance, lorſque l'arrivée d'un Corſai-re Chinois, à qui le Roi donmnoit une retraite dans ſon Hle, à conditiond'entrer en partage du butin, nous réplongea dans un horrible danger.Cétoit un des plus grands ennemis de nôtre Nation, depuis un combatque les Portugais lui avoient livré au Port de Lamau,& dans lequel ils luiavoient brüle deux Jonques. La faveur dont il jouiſfoit, non-ſeulement àla Cour de Lequios, mais dans P'Ifle entiére, ouù ſes brigandag es faiſoiententrer continuellement de nouvelles richeſſes, diſpoſa le Roi& ſes Sujets àrecevoir les inſpirations de ſa haine. Auſfſi-tôt qu'il eut appris nôtre diſ-grace,& qu'on penſoit à nous renvoyer abſous, il nous chargea des plusnoires accuſations. Les Dortugais étoient des eſpions qui venoient obſer-ver les forces d'un Pays, ſous le voile du Commerce,& qui profitoient deleurs lumières pour faire paſſer tous les Habitans au fil de'épée. Ces diſ-cours répandus ſans ménagement& confirmés avec audace, firent tantd' impreſſion ſur l'eſprit du Roi, qu'aprés avoir revoqué les ordres qu'il a-voit déja donnés en nôtre faveur, il nous condamna ſur de nouvelles in-ſtractions, au ſupplice des traitres; c eſt-à-dire, à nous voir dömembrés en qua-tre quartiers, qui devoient être expoſés dans les places publiques. Cetteſentence, qu'il porta ſans nous avoir entendus, fut envoyée au Broquen,avec ordre de lexécuter dans quatre jours(†). Elle pénétra auſſi-tõt juſ-qu'à nous;& dans la conſternation d'un ſort ſi déplorable, nous ne penſa-mes qu’'à nous diſpoſer à la mort.

SI j'ai quelquefois donné le nom de miracle aux ſecours que j'ai regus duCiel dans Pextrémité du danger, c'eſt ici que je dois faire admirer le pluséclatant de ſes bienfaits. DS plulieurs Portugaiſes, qui avoient trouvé lafin de leur miſgrable vie depuis nôtre naufrage, il en reſtoit une, femmed'un Pilote qui étoit priſonnier avec nous,& mère de deux enfans, qu'u-ne malheureuſe tendreſſe lui avoit fait prendre à bord. Un ſentiment de

Pl-„ n'eſt-il pas larron? Qui opprime ne fait-„ Là-deſſus, il commanda aux Officiers„ il pas l'action d'un Tyran? Et voilà tou-„ de nous remener en priſon, diſant qu'il„tes les qualités qu'on vous donne& qu'on„ nous accorderoit une autre audience, ſui-„aſſure de vous par la loi de toute vériré.„vant la grace qu'il plairoit au Roi de nous„ II eſt donc mami 2 que ſi Dieu vous„ faire, de quoi nous demeuràmes fort af-„ abandonne, pe mettant aux vagues de la„ fligées,& ſans aucune eſpérance de vie“„ Mer 8 vous engloutir, c'ett plut ôt un pur Pag 673& précedemtes.„effet de ſa Juſtice, qu'aucune injure qui(x) Pag. 672&

„ vous ſoit faite.

MENDIEZPINTG.

Mauvaisoffice qu'ilsrego ventd'un Corſaire.

IIls ſfontcondamnésla mort.

Faveur duCiel qui lesſauve.

à