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Tome douzième.
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AUX INDES ORIENTALES, LIv. II. 449

emportée par la violence de cet impétieux torrent. De-à il ſe propoſoitde faire tomber le poids de ſes armes ſur le Roi d'Ava, qu'’il voulſoit punird'avoir penſé à vanger le Roi de Prom, ſon gendre. Mais apprenant quece Monarque avoit fait de puiſſans préparatifs,& s'etoĩt fortific par l'allian-ce de Empereur de Pondaleu, Prince redoutable, auquel on donnoit le titrede Siamon, il appréhenda que leurs forces réunies ne fuſſent capables d'arré-ter ſa fortune. Dans cette idée, il prit la réſolution d'envoyer un Ambaſ-ſadeur au Calaminbam, autre puiſſant Prince, dont l'Empire occupe le cen-tre de cette Contrée dans une vaſte étendue, pour l'engager par ſes préſens,& par l'offre de lui céder quelques terres voiſines de ſes Etats, à déclarerla guerre au Siamon. Dioſoray, entre les mains de qui j'étois encore avechuit autres Portugais, fut nommé pour cette Ambaſſade. II regut une infi-nité de faveurs à ſon départ: mais nous donnàmes ce nom nous-mêmes aupréſent que le Roi lui fit de nous, pour le ſervir en qualité d'eſclaves. IInous avoit traités juſqu'alors avec affection. L'utilité qu'il ſe promit denos ſervices parut augmenter ce ſentiment. II partit dans une Barque,ſuivie de douze autres Batimens, qui portoient trois cens hommes de cor-teéege. Les richeſſes, dont il étoit chargé pour le Calaminham, montoientà plus d'un million d'or. Nous fümes vétus avec beaucoup de proprété;& la généroſité de ce nouveau Maitre pourvut libéralement à tous nosbeſoins(i).

NôrRkzE Voyage& mes obſervations juſqu'à Timplam, Capitale de l'Em-pire du Calaminham(&), furent une diverſion aſſez agréable à mes peines.Nous partimes d'Ava au mois d'Octobre de l'année 1545, en remontant laRivière de Queitor à PQueſt-Sud- Eſt,& dans quelques endroits à'Eſt,pour ſuivre les détours de l'eau. Sept jours de cette route nous firent arri-ver à'entrée d'un Canal, nommé Guampano, par lequel nôtre Roban, ounotre Pilote, nous fit paſſer ſuivant l'ordre exprès du Roi, pour éviter lesterres du Siamon. Nous nous trouvâmes bien-tôt à la vüe d'une grandeVille, qui ſe nomme Gatalday, où PAmbaſſadeur s'arréta trdis jours. De-là, nous continuàmes d'avancer par le même Canal, l'eſpace d'onze jours,pendant leſquels il ne ſe préſenta ſur les bords que de petits Villages, dontles maiſons étoient couvertes de chaume,& les Habitans fort pauvres. Lacampagne n'en étoit pas moins remplie de beſtiaux, qui ſembloient n'avoirpas de Mattre; car nous en tuyons vingt& trente à la vüe de ces Peuples,ſans qu'ils en paruſſent offenſés;& ſouvent ils nous les apportoient à bord,comme s'ils euſſent pris plaiſir à nous les avoir vüs tuer. En ſortant du Ca-nal, nous enträmes dans une fort grande Riviere, dont le nom eſt Angegu-ma. Elle a plus de trois lieues de large,&, dans certains endroits, plus

de

„ elle fut morte, il la fit attacher avec le„ nombre, qui furent encore jettés dans la„ Roi, ſon mari, qui étoit encore vivant,„ Rivière, ainſi embrochés“. Pag. 765&„& ayant commandé qu'on leur mit à tous 766.

„ deux une pierre au cou, il les fit jetter(i) Pag. 774.

„ enſemble à la Rivière. Pour concluſion(*) Calaminbam eſt un titre, qui ſignifie„de ces cruautés, le lendemain il fit empaà- Seigneur du Monde. II ſeroit difficile de rap-„ ler tous les Gentilshommes qui furent pris porter pluſieurs de ces noms à la Géographie„ en vie,& qui étoient quelques trois cens de connue.

XII. Part. LII

MENDIEZPINTO

Pinto partavec un Am-baſſadeurpour la Courdu Calamin-ham.

Son Voyage.

Rivière deQueitor.

Canal deGuampano.

Ville deGatalday.

Rivièred'Angeguma.