PRESOUISLE EN DECA DU GANGE, Lrv. III. 21
Qvorour les maiſons de Pondichery n'ayent qu'un étage, celles desiches Habitans font belles& commodes. Les Gentils y ont deux Pagodes,que les Rois du Pays leur ont fait conſerver, avec la liberté du cul-te pour les Bramines(); Ces peuples ſont pauvres, mais occupésſans ceſſe au travail, ils font toute la richeſſe de la Ville& du Pays(x).Leurs maiſons n'ont ordinairement que huit toiſes de long, ſur ſix de lar-ge, pour quinze ou vingt perſonnes& quelquefois plus. Elles ſont ſiobſcures, qu'on a peine à comprendre qu'ils ayent aſſez de jour pour leurtravail. La plüpart ſont Tiſſerands, Peintres en toile, ou Orféèvres. Ilspaſſent la nuit dans leurs cours ou ſur le tott, preſque nuds,& couchésſur une ſimple natte: ce qui leur eſt commun, à la vérité, avec le reſtedes Habitans; car Pondichery étant au douzième degré de Latitude ſepten-trionale,& par conſéquent dans la Zone torride, non-ſeulement il y faittrés-chaud, mais pendant toute l'année il n'y pleut que ſept ou huit jours,vers la fin d'Octobre. Cette pluve. qui arrive réguliérement, eſt peut-Streun des phénoméênes les plus finguliers de la Nature.
LEs meilleurs Ouvriers Gentils ne gagnent pas plus de deux ſous dansleur journée: mais ce gain leur ſuffit pour ſubſiſter, avec leurs femmes&Jleurs enfans. IIs ne vivent que de riz cuit à l'eau,& le riz eſt à trés-bonmarché. Des gateaux fans levain, cuits ſous la cendre, ſont le ſeul painqu'ils mangent; quoiqu'il y att à Pondichery d'aufſi bon pain qu'en Europe.Malgré la féchereſſe du Pays, le riz, qui ne croit pour ainſi dire que dansTeau, s'y recueille avec une prodigieuſe abondance;& c'eſt à'induſtrie,au travail continuel des Gentils, qu'on a cette obligation. Ils creuſentdans les champs, de diſtance en diſtance, des puits de dix à douze piedsde profondeur, fur le bord deſquels ils mettent une eſpece de baſcule,avec un poids en dehors& un grand ſeau en dedans. Un Gentil mon-te ſur le milieu de la baſcule, qu'il fait aller, en appuyant alternativementun pied de chaque côté,& chantant ſur le même ton, ſuivant ce mouve-ment, en Malabare, qui eſt la langue ordinaire du bays, 6e un,& deux,& rrois,&c., pour compter combien il a tiré de ſeaux. uſſi-tôt que cepuits eſt tari, il paſſe à un autre. En général, cette Nation eſt d'une a-dreſſe étonnante pour la diſtribution& le. ménagement de l'eau. Elle enconſerve quelquefois dans des étangs, des lacs& des canaux, après ledébordement des grandes Riviéres, telles que le Colram, qui n'eſt pas 6-
loigné
L'Egliſe des Capucins. 15. Quvrages neufs, faits en 1740& 1741LEgliſe des Jéfuites. 16. Ouvrages de 1740.
Marché de St. Laurent.
Jardins de la Compagnie. 12.
Jardins des Jéſuites. 18. Batterie des Toiles.Jardins des Capucins. 19. Place Dumas.L'Hôpital. 20. Les Miſſionnaires.
21. La grande Pagode.(v) On prononce Brame dans le Pays.(x), Tout ce qui eſt dit ici des Gentils engénéral, M. Prevoſt P'avoit appliqué enparticulier aux Bramines. hes Prétres labo-
.Ancien Jardin de la Compagnie.L'Hôpital de la Compagnie.Maiſon du Gouverneur.
L. Hôtel de la Monnoye.Cimetière des Malabares.
. Cimetière des François.
Grand Marché.
Priſon des Malabares,
lière. R. d. E.
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C 3
rieux aux Indes! La rencontre ſeroit ſingu-
ErAPLIssE-MENT FRAN-C01s DE PoN-
DICHERXY.
Les Gentilsfont la richeſ-ſe de la Ville& du Pays.
Phénomè-ne remarqua-ble.
1
Naturel la-borieux des
Gentils.