ETABLISSE-çols DE PoN-DICHERY.Rade de
Pondichery.
Etat duGouverneur.
1735.Forces dela Ville.
Honneurs& Privilègesaccordés auxFrançois.
Monnoyeque M. Du-mas faitfrapper.
22 DESCRIPTION DE L A
loigné de Pondichery. Les Mahométans, auxquels on donne ordinaire-
ment le nom de Maures, ſont auffi faineans que les Gentils ſont labo-rieux(y).
Là Vüle de Pondichery eſt à quarante ou cinquante toiſes de la Mer,dont le flux, ſur cette Côte, ne s'éléve jamais plus de deux pieds. Ceſtune ſimple Rade, où les Vaiſſeaux ne peuvent aborder. On employedes Bateaux pour aller recevoir ou porter des marchandiſes, à la diſtan-ce d'une lieue en Mer; extréme incommodité, pour une Ville ouù rien nemanque d'ailleurs à la douceur de la vie. Les alimens y ſont à très-vilprix. On y fait bonne chere en groſſe viande, en gibier, en poiſſon.Si l'on n'y trouve point les fruits dEté qui croiſſent en Europe, le Paysen produit d'autres qui nous manquent,& qui ſont meilleurs que les no-
LE Gouyerneur général de la Compagnie a douze Gardes à cheval, enhabits d'écarlate, avec un parement noir& un bordé d'or. Leur Capitai-ne eſt galonné ſur les tailles& les coutures. La Garde à pied, compoſéede trois cens hommes, qui portent le nom de Pions, ſert à diverſes fonc-tions, ſuivant les ordres qu'elle regoit. Mais, lorſqu'il eſt queſtion de re-cevoir un Roi, un Prince, ou quelque Ambaſſadeur extraordinaire, toutce cortege accompagne le Gouverneur. Dans ces occaſions ſolemnelles,où les Officiers de la Compagnie ſont obligés de ſe conformer& de répon-dre au faſte des Orientaux, iI ſe fait porter, par ſix hommes, ſur un Pa-lanquin dont les carrcaux& le dais ſont ornés de broderies& de glandsd'or. En un mot, il ſe préſente avec la magnificence qui convient à ſonrang(a).
SvIVvANT le dernier dénombrement, on comptoit dans Pondichery centvingt mille Habitans, Chrétiens, Mahométans ou Gentils. La Ville apluſieurs grands Magaſins, ſix Portes, une Citadelle, onze Forts ou Baſtions,& quatre cens cinq pieces de canon, avec des mortiers& d'autres pièces
d'artillerie. La répuration des Frangois, ſoqtenue par la ſage conduite de
leurs Gouverneurs, entre leſquels l'Auteur nomme, avec diſtinction, M.Dumas, qui fut élevé à cette dignité en 1735, leur a fait obtenir, de plu-ſieurs Princes Indiens, des priviléges, des honneurs& des préférences,qui paroiſſent flateuſes pour la Nation. La première faveur de cette eſpe-ce, eſt la permiſſion de battre monnoye au coin de l'Empereur Mogol;que les Hollandois n'ont encore puü ſe procurer par toutes leurs offres. LesAnglois en om joui pendant quelques années; mais diverſes révolutions lesont déterminés à abandonner. M. Dumas obtint cette grace, en 1736,par des Lettres Patentes de Mabomet-Scha, Empereur Mogol, addreſſées àAny-Dacuſt-Kan, Nabab ou Viceroi de la Province d'Arcatte(5b). Elles
étoient(y) Lbid. pag. 252& précédentes. Mahomet-Scha, c'eſt-à-dire, le rer. de la Lu-(2) Ibidem. ne d- Aoüt 1736.(a) Ibid. paßh 253. Nota. II ne rapporte que les Lettres du
(5b) LAuteur rapporte ces Lettres, qui ſe Nabab, qui ſe nomment Paravana. Le motnomment Firman. La date eſt le[rer. du de Firman eſt pour celles de IEmpereurmois Rabala San)y, Lan] 19 du réègne de Mogol. R. d. E.