Band 
Tome quatorzième.
Seite
45
JPEG-Download
 

PRESOUHISLE EN DECA DU GANGE, Lrv. III. 485

Il ſe rendit enſuite à Pondichery, avec Sander-Saheb, ſon beau-frère(*).SvoR l'avis qu'on y regut, le 1 de Septembre[1740], que ces deux Prin-ces y devoient arriver le ſoir, le Gouverneur fit dreſſer une tente à Ja por-te de Valdaour. Il envoya au-devant d'eux trois de ſes principaux Offi-ceiers, à la téete d'une Compagnie des Pions de ſa garde, avec des Danſeu-ſes& des Tamtams, qui font todjours l'ornement de ces feêtes. Le Nababétant arrivé à la tente, y fut regu par le Gouverneur même, qui s'y étoitrendu avec toute la pompe de ſa dignité. Il entra dans la Ville, pour ſerendre d'abord au Jardin de la Compagnie, où ſa mêre& ſa ſceur étoientlogées. Les deux premiers jours furent donnés, ſuivant l'uſage des Mau-res, aux pleurs& aux gémiſſemens. Dans la viſite que le Prince fit enſui-te au Gouverneur, il fut regu avec tous les honneurs düs à ſon rang, c'eſt-à-dire, au bruit du canon, entre deux hayes de la Garniſon, qui étoit enbataille ſur la place. Apreées avoir paſſé quelques momens dans la ſalle d'aſ-ſemblée, il ſouhaita d'entretenir en particulier le Gouverneur, qui le fitentrer dans une autre chambre avec quelques Seigneurs de ſa ſuite,& Fran-ciſco Pereyro, ce même Eſpagnol(t) qu'on a déja nommé& qui lui ſer-voit d'Interpréte. Sabder-Aly-Kan employa les termes les plus vifs& lesplus affectueux pour exprimer ſa reconnoiſſance, en proteſtant qu'il n'ou-blieroit jamais limportant ſervice qu'il avoit regu du Gouverneur& desFrangois. Lorfqu'il fut rentré dans la ſalle commune, on lui offrit le be-tel;& ſuivant luſage, à légard de ceux qu'on veut honorer ſingulière-ment, on lui verſa un peu d'eau roſe ſur la téte,& ſur ſes habits. Maisde

napaly, où l'on a dit qu'il fut fait priſonnierpar les Marattes. Celàâ ſe prouve par la dattede la reception de la Lettre d'avis du NababSabder-Aly-Kan, le I de Septembre 1740. VoyezHiſt. des Indes, Part. III. pag. 342. 343-R. d. E

(t) Italien, ſuivant le célöbre Mémoirede M. de la Bourdonnais. On y lit auſſi qu'ilavoit été Chirurgien du Nabab d'Arcatte,dont il étoit infiniment aimé,& pour qui, deſon cêôté, Pereyro avoit toũjours marqué unattachement inviolable, juſqu'à ſacrifier ſes

me il l'eſt ci-deſſus, une Aldée,& cinq au-tres Aldées de la dépendance de la premiè-re“. Ici eſt la cbappe, ou le ſceau du Nabab.ENREGISTREMENT DU PARAVANA.„ Le 9du mois de Jamadalaſſany, l'an 23 du rêgnede Mahmet-Scha, j'ai enregiſtré ce Parava-na“. Signé Calcinaviſſe.

„Le 9 du mois de Jamadalaſſany, l'an 23du rêgne de Mahmet-Scha, j'ai pris unecopie de ce Paravana,& l'ai enregiſtré„ dans le Protocole“. Signe Sodeſtadar-Na-zarel-Gadal.

2

5)

22

„ Le 10 du mois de Jamadalaſſany, l'an 23du réêgne de Mahmet-Scha, j'ai enregiſtréce Paravana'. Signe Daſtervora.„ J'ai prisune copie de ce Paravana,& T'ai portédans mon livre“. Signe Canougoy.Cette donation fut confirmée par un Fir-man, c'eſt-Adire, par des Lettres Patentes duGrand Mogol. M. Dumas, après ſon retouren France, a cedé à la Compagnie des Indesſon droit ſur toutes ces Terres, moyennantde juſtes compenſations.

Nota. Moyennant vingt- cinq mille livresde rente. R. d. E.

(s) Voici, à la vérité, Sander-Saheb àPondichery; mais remarquez que cette viſitepréceda de ſept ou huit mois le Sieège de Triche-

biens, qui étoient conſidérables, pour luiprocurer des ſecours dans la guerre dont onvient de faire le récit. Se trouvant ruiné,il ſe réfugia dans Pondichery, où il fut con-ſideré de tout le monde,& regardé commeun illuſtre malheureux, qui ne devoit ſon in-fortune qu'à la nobleſſe de ſes ſentimens.Enſuite il ſe retira dans une petite maiſon decampagne, ſituée aux portes de Madras, quifut pillée pendant le Siége de 1746;& FPe-reyro mourut très-vieux& trèés-pauvre, peude tems aprés la priſe dé cette Ville. Memoi-re pour M. de la Hourdonnais, pag. 257& 258.Nata. II eſt parlé de ce Pereyro dans les Re-lations du Carnate, au Tome XIII,R. d. E.E 3

2

pag. 476

ETAELISSE-MENT FRAN-gols DE PoN-

DICHERY.

Viſite quece Näababrend au Gou-verneur dePondichery.