ETABLISSE-IENT FRAN-gols DE PoN-
PIcHERY.
50 DESCRIPTION DE L. A
plus fächeux, qui ne ſont pas encore aſſez éloignés pour étre rappellés avecja liberté qui convient à''Hiſtoire; quoiqu'il n'en reſte heureuſement que leſouvenir.
Lrs affaires de la Compagnie ayant repris le cours que la derniére guer-re avoit interrompu, il eſt aiſé de conclure quelle eſt actuellement'eten-due de ſon Commerce& la ſolidité de ſes Actions. L'Auteur en apporteles preuves, qui regardoient à la vérité le tems auquel il écrivoit; mais uneſage adminiſtration nous remettant dans le même point de vüe, il parottqu'elles ont aujourd'hui la même force,& qu'elles peuvent faire la conclu-ſion de cet Article.
DE 56000 Actions auxquelles le Roi fixa la Compagnie en 1723, qui for-moient un fond de cent douze millions,& huit millions quatre cens millelivres de dividendes, elle en a retiré 5000, qui ont été annullées& brü-lées publiquement par Arrét en 1725. Les dividendes des 51000 Actionsreſtantes, ſont payses par huit millions, que les Fermiers Généraux rendenttous les ans à la Compagnie pour la Ferme du tabac, dont le privilège ex-cluſif, perpẽtuel& irrévocable, lui a été accordé ſpécialement pour cettedeſtination, en 1723& 1725;& par le caſtor du Canada. Ainfi loin d'e-tre embarraſſée de lacquit de ſes dividendes, elle en trouve le fond fixe& certain dans celui même des Fermes Générales, auquel perſonne ne peutrefuſer ſa confiance. Le Commerce des Indes devient donc un ſurcroit deſureté, dont le profit demeure en maſſe,& forme un accroiſſement defonds qui s'employent à l'augmentation annuelle des cargaiſons, pour aſſu-rer celui des Actions; à-peu-prêès comme un Négociant met ſucceſſivementſes profits dans le Commerce.
Cvoroug le premier fond de'Action, qui n'étoit que de quinze censlvres, doive être payé ſur le pied de dix pour cent d'intérêt, ce qui n'apoint d'autre exemple licite dans le Commerce& dans l'Etat, les Action-naires ont encore Peſpérance& le droit de participer à Pexcédent que laCompagnie tirera de ſon Commerce(d). Si, juſqu'à préſent, il ne leuren eſt rien revenu, on leur apprend que fon Commerce a langui long-tems;qu'elle a reparé le naufrage de quelques gros Bàtimens, acquitté ſes ancien-nes dettes, payé les rentes viagères dont elle eſt chargée& qui ne s'étei-gnent que lentement, relevé ſes Etabliſſemens, qui étoient en fort mauvaiseStat, achevé de conſtruire& d'équiper des Vaiſſeaux, racheté des Loges& des Comptoirs, bàti des Magaſins, employé plus de quinze millions àla Louiſiane, formé le ſuperbe Port de l'Orient avec toutes ſes dépendan-ces; en un mot, qu'elle a fait des fraix immenſes pour ſon Commerce, ſaMarine, ſes Troupes& Fortifications. Mais PAuteur eſt autoriſé,dit-il(e), à déclarer, qu'auffi-tét que ces dépenſes ſeront finies,& queles fonds ſeront parvenus au point qu’elle ſe propoſe, elle augmentera lerevenu des dividendes, en y ajoutant chaque année l'excédent de ſon bé-
néfice,
(4) Ceſt ce que porte la Déclaration de avoit accordé la communication de ſes Ar-1685. chives,& tous les Mémoires ſur leſquels fon(*) M. PAbbé Guyon avoit apparemment récit& ſes réeflexions ſont fondés.cette commiſfion de la Compagnie, qui lui