DeRNIRRESGuERRES DEL.'INDESurPLEMENr.
1741.
Caractère deCham-Baha-dur, deſignéNabab d'Ar-catte.
1742.
Sabder-Aly-Kan eſtaſſaſſiné parſon beau-frère.
52² DESCGCRIPTION DE L A
parts de la Ville. Le Nabab les ſuivit lui-même le lendemain, accompagnéd'un nombreux cortège. Toutes les rues de la Ville-Noire& les Fauxbourgsétoient remplis de chameaux& d'éléphans, dont la marche n'avoit pas oc-caſionné le moindre deſordre. Les Anglois n'oublièérent rien pour releverv'éclat d'une viſite qui flattoit leurs eſpeérances,& le Nabab repartit quinzejours après, extrémement ſatisfait de leurs attentions.
LEs Miſſionnaires Danois, ſans entrer dans les raiſons politiques de cet-te viſite, qui doit paroitre aſſez extraordinaire(b), ſe contentent d'ob-ſerver, que beaucoup d'autres Maures de diſtinction avoient choiſi Pondi-chery pour leur aſile. De la famille du Nabab, ils nomment ſeulement ſaſcur, femme de Sander-Saheb(c), avec ſa fille, mariée à Cham-Babadur,deſigné Nabab d' Arcatte, du vivant même de Daouſt-Aly-Kan, tué dansla bataille contre les Marattes. Ce jeune Seigneur, qui m'avoit que Tagede vingt-deux ans, étoit entiérement livré à Iétude,& ſans ambition, ilſouffroit volontiers qu'un autre gouvernàt à ſa place. Son zele pour leculte de Mahomet, ne l'empeéchoit point de s'inſtruire des principes de laFoi Chrétienne. Le Miſſionnaire Schultz, qui ſe trouvoit alors à Ma-dras, ayant appris qu'il faiſoit copier à ſes fraix, les quatre Evangeliſtes,en Langue Perſane, lui envoya à Meliapur, ou Saint-Thomé, un Nouveau-Teſtament Arabe, qu'’il regut fort gracieuſement,& promit une viſite auMiſionnaire. II vint en effet le voir, le 15 Decembre de cette année.Leur entretien ne roula que ſur la Theologie. Outre'Indouſtan, qui étorttſa langue maternelle, il parloit le Perſan& l'Arabe, mais fort lentement,& avec la gravité ordinaire aux Maures. II Stoit Perſan d'origine,& aufſiblanc qu'un Européen. Trois mois après, M. Schultz eut encore occaſionde le faluer deux fois,& de lui preſenter un exemplaire de la Refutation deP'Alcoran, qu'il voulut bien lire d'un bout à l'autre. De retour à Pondiche-ry, Cham-Bahadur écrivit au Miſſionnaire, une Lettre pleine de témoigna-ges d'amitié& de bienveillance.
Au mois de May 1742, Sabder-Aly-Kan fit une ſeconde viſite aux An-glois de Madras, qui s'empreſſêrent de lui rendre les memes honneurs queja premiere fois. Le 10 d'Octobre, on regut avis d'Arcatte, que ce Na-bab avoit été maſſacré, deux jours auparavant, par ſon beau-fréêre, que lesMiſſfionnaires Danois de Madras ne nomment pas. Ceux de Tranquebardiſent ſeulement qu'il fut tué par ſes propres gens. Suivant M. Green, ouPAuteur qu'il cite, ce fut par Muley Aly-Kan, Nabab de Velour,& celà,comme il le ſuppoſe, en faveur de Chanda, ou Chuenda-Sabeb, ſon beau-frére, qui obtint depuis le Gouvernement d'Arcatte(d). en
oit,
(b) Il eſt vrai que le Conſeil de Pondiche-ry avoue, dans ſa Lettre du Ier. Octobre 1741,„ que le Nabab Sabder-Aly-Kan, n'avoit ni„ argent, ni troupes, ni autorité pour ſe„ faire reſpecter& obéir, chacun des Sei-„ gneurs Maures tranchant du Souverain„ dans ſa Fortereſſe, ou dans ſes Terres“.Le Nabab étoit apparemment réduit à cher-cher chez les Anglois, ce qu'il ne pouvoittrouver auprès des François.
(c) On a v dans la ſeconde Lettre deM. Dumas au Général des Marattes, que lafemme de Sander-Saheb étoit reſtée à Pon-dichery, tandis que ſa mêre& ſon frére a-voient repris le chemin d'Arcatte. Ces deuxDames ſe trouvoient à Madras, lorſque lesFrangçois en firent le Siege, en 1746.
(d) Explication de la Carte du T beatre de laGuerre&c. pag. 23.